Petit à petit, je vais rattraper le retard que j'ai pris en juin...
Pour le festival d'Annecy, était-il bien nécessaire que je vous prévienne à l'avance? Vous êtes des jeunes gens modernes, avec des moyens de communication modernes, vous avez créé des alertes sur votre smartphone et tout ça, vous le saviez, n'est-ce pas, que c'était cette semaine? Vos avez pu y aller? Si vous n'avez pas pu, voici le palmarès, qui réservait quelques surprises (des films qu'on n'attendait pas et qui ont raflé plusieurs prix). Ce que je retiens, c'est une annonce: SuperMutant Magic Academy, le comic de Jillian Tamaki dont je vous ai dit tant de bien, est en cours d'adaptation par Cartoon Network Studios en série animée! Quand on en saura davantage, je vous en parlerai, c'est sûr.
dimanche 28 juin 2026
Wendy et Trevor, et Gemma et Josie, et Adam et Evan, et Marsha et Trixie...
mardi 30 décembre 2025
I Don't Know What You See in Me
En cette fin d'année, tout le monde déplore l'absence de Brigitte Bardot - parfois en la confondant avec quelqu'un d'autre: celle qui rêvait d'être danseuse, la poseuse des unes des magazines, la diseuse de Vérité, la femme créée par Dieu, l'avocate des bêtes - qu'elle fut, tantôt successivement tantôt simultanément mais jamais "seulement".
Quand j'avais cinq ans, j'ai été follement amoureux d'elle: mes parents, qui m'avaient surpris en train d'embrasser passionnément un de ses portraits publié dans l'hebdomadaire Elle, en riaient encore des années après (je retins la leçon: quand quatre ans plus tard ce fut de Mehdi El Glaoui, alias Pascal, alias Sébastien, que je tombai follement amoureux, je fis en sorte de garder ça pour moi; on ne badine pas avec l'amour, tous les enfants le savent d'instinct, essayez de retenir ça, les adultes!). "I Don't Know What You See in Me" est le titre d'un single du groupe Belle and Sebastian, j'ai choisi ce titre parce que j'ai pensé qu'il collait mieux au sujet du billet qu'aucun des titres auxquels j'avais pensé d'abord (du style Initials B.B. ou Sur la plage abandonnée) qu'après réflexion j'ai jugés conventionnels, convenus; ça m'est venu (serendipity!) en cherchant sur internet des détails sur Belle et sur Sebastien. Tous, nous cherchons tout le temps quelque chose, et chaque fois nous trouvons autre chose, ce n'est sans doute pas B.B. qui aurait dit le contraire.
Au revoir, Madame, ce fut un plaisir.
1934-2025
lundi 24 novembre 2025
Premières neiges
Quand il neige, il est normal de passer le plus de temps possible le nez en l'air (et personne ne s'étonnera de vous voir ouvrir grand la bouche et tirer la langue). Mais, tout de même, si vous êtes dans les environs de Montpellier (où les chutes de neiges ne sont d'ailleurs qu'intermittentes, vous trouverez bien du temps pour faire autre chose que des boules de neige), ne manquez pas la 5ème édition du Festival du Cinéma d'Animation (L'Illuminé, c'est comme ça qu'ils l'appellent) du 28 au 30 novembre! Le 28, ce sera en principe la journée professionnelle, les 29 et 30, des centaines de métrages longs et courts, pour tous les âges et pour tous les goûts.
Et de toutes façons, dans les salles obscures ce sera pareil: personne ne s'étonnera de vous voir ouvrir grand la bouche et tirer la langue!
dimanche 9 février 2025
Du nouveau en Février?
Dépités par l'annonce faite l'an dernier par Ubuweb du "gel" du catalogue du site (Il y a un an, nous décidions d'arrêter Ubuweb. Pas de "l'arrêter" à proprement parler, ni de le fermer: de considérer qu'au bout de trente ans, le travail était terminé, qu'on avait archivé tout ce qui devait l'être...) et, désespérant d'y trouver des nouveautés, vous aviez un peu négligé de lui rendre visite ces derniers temps?
Vous devriez aller lire cette mise à jour!
A year ago, we decided to shutter UbuWeb. Not really shutter it, per se, but instead to consider it complete. After nearly 30 years, it felt right. But now, with the political changes in America and elsewhere around the world, we have decided to restart our archiving and regrow Ubu. In a moment when our collective memory is being systematically eradicated, archiving reemerges as a strong form of resistance, a way of preserving crucial, subversive, and marginalized forms of expression. We encourage you to do the same. All rivers lead to the same ocean: find your form of resistance, no matter how small, and go hard. It's now or never. Together we can prevent the annihilation of the memory of the world.
Vous pouviez toujours explorer le catalogue d'UbuWeb (vous en connaissez déjà une bonne partie, sûrement?), désormais vous pourrez de nouveau y faire des trouvailles inattendues, dans tous les domaines: images fixes ou pas, fictions et documentaires, arts graphiques et trucs pas faciles à classer...
Il y a quinze jours, l'ami Li-An proposait, dans ce commentaire: "Il faudrait penser à célébrer les naissances, du coup." C'est pas évident, de repérer la naissance des gens qui changeront le monde dans trente ans.
Mais une re-naissance, c'est une sorte de naissance, alors ça compte, non? C'est un début, n'est-ce pas, Li-An?
vendredi 25 octobre 2024
L'appétit d'Octobre n'est pas encore rassasié, bis
L'appétit manifesté par ce mois d'octobre n'aurait pas dû me surprendre.
Comment ai-je pu oublier que c'est le 25 octobre qu'est célébrée (depuis 1995) la Journée Mondiale des pâtes?
Un bon plat de pâtes, c'est l'entrée idéale avant un bon repas, ça ouvre l'appétit comme jamais. Profitez bien de cette journée mondiale!
video © Nature's Fantastic
lundi 18 mars 2024
Changer l'eau du bocal
De temps en temps, il faut changer l'eau de l'aquarium.
C'est peut-être de cette constatation banale qu'est partie la réflexion qui a conduit Derek Kirk Kim à revenir aux comics.
Souvenez-vous: vous avez découvert Derek Kirk Kim il y a déjà quelques années, quand Same Difference a été publié en français par 6 Pieds sous Terre; puis vous vous être précipité sur Short Stories aussitôt que le même éditeur l'eut rebaptisé Autres Histoires, puis vous avez patiemment attendu que The Eternal Smile (scénario de Gene Luen Yang) soit disponible en français, et vous vous l'êtes procuré quand il est paru chez Dargaud (à moins que vous n'ayez pas résisté à l'envie de le lire en VO?) ...
Et puis, il y a eu la grosse déception de l'abandon par l'éditeur (First Second) de la publication papier de Tune, que Tororo vous avait pourtant chaudement recommandé (vous n'en avez pas acheté assez! à quoi ça sert que Tororo il se décarcasse?).
Le retour de Derek Kirk Kim dans le monde des comics (papier!) a tout pour surprendre. Sa nouvelle série, The Last Mermaid, diffère en tous points de ses précédentes publications: plus fermement ancré dans un genre, la science-fantasy (alors que les comics précités ne se conformaient à aucun modèle établi); une ambiance plus sombre, franchement dystopique (l'humour omniprésent dans Same Difference et dans Tune n'y subsiste qu'à l'état de traces); graphiquement, aux antipodes de ce qu'il faisait au début des années 2000 (depuis, il a travaillé pendant dix ans pour des sociétés de production d'animation, en 2d et en 3d, il a remplacé le crayon par le stylet et ça se voit!) et, comme si ça ne suffisait pas, imprimé dans un format atypique pour un comics papier (presque carré: nostalgie du format webcomic?). Bref: ce n'est pas Same Difference, pas du tout. Je n'ai pourtant pas été complètement dépaysé: son héroïne m'a rappelé de chers souvenirs: ceux du personnage de Forest, Hypocrite, et surtout de sa grande copine à nageoire caudale: sous certains angles, la ressemblance est frappante ... Kim est un homme de goût: qui sait s'il n'a pas lu et apprécié, lui aussi, Hypocrite et le monstre du Loch Ness? Si c'était le cas, on ne pourrait que l'en féliciter.
Derek Kirk Kim a une chaine YouTube, c'est pratique pour se tenir au courant de ce qu'il fait.
Vous pouvez aussi voir ici une assez longue (30 minutes) interview de lui, ou il s'explique sur les changements que son expérience dans l'animation a apportés dans ses méthodes de travail - c'est la première d'une longue (2 heures) série d'interviews réalisée à l'occasion de l'Emerald City Comic Con, j'avoue que j'ai seulement survolé la suite.
Stay Tuned!
Derek Kirk Kim: The Last Mermaid
(série, premier tome paru)
Image Comics, 2024
mardi 15 août 2023
Tonight's the night to knight knights
Chez nous, la nuit du 4 août, on célèbre l'anniversaire de l'abolition des privilèges. Enfin... c'est ce que j'ai entendu dire autrefois: cette année, les célébrations ont été plutôt discrètes, il me semble; les privilèges à abolir, ce ne serait donc plus d'actualité?
Et dans les royaumes imaginaires, ces fameux pays imaginaires où il nous semblait l'autre jour que l'horizon était plus dégagé que par ici, que célèbre-t-on à une date consacrée? Hé bien, the Night to Knight Knights (ça sonne bien, non?), on la célèbre dans le Royaume (le Royaume tout court: on ne lui donne pas d'autre nom), celui où vivent Ballister Boldheart, Ambrosius Goldenloin...
et Nimona.
Hé oui, Nimona s'en sort toujours, ça s'est vérifié une fois de plus. Si vous voyez de quoi je parle, ça veut dire que vous êtes allé regarder (c'est sur Netflix depuis le mois dernier) à quoi ressemblait cette fameuse adaptation animée de Nimona dont je vous ai rebattu les oreilles. Alors? Ça vous a plu?
The Night to Knight Knights, et le drame qui se déroule pendant cette nuit fatidique, ça fait partie des nombreux petits changements qui ont été apportés à l'histoire que vous avez pu lire dans les versions webcomic ou papier. Pour tenir dans une heure (et quelques) de vidéo, le récit a été allégé de pas mal de péripéties, et différents artifices le font avancer à cent à l'heure; le personnage de Goldenloin (qui dans la BD était au départ une simple silhouette un peu ridicule) a été rendu plus complexe et plus sympathique: dans la BD, les circonstances qui avaient valu à Ballister de perdre son bras étaient laissées un peu dans le flou, dans le film elles sont précisées, et on répond enfin à la question: Goldenloin l'a-t-il fait exprès, ou pas? La réponse est : il l'a fait exprès sans le faire exprès, ça a l'air idiot si on le dit comme ça mais dans le contexte c'est logique. La présence de technologies avancées dans une société qui garde une structure féodale s'explique par le passage d'un millénaire entre l'instant fondateur et le présent*. C'est d'ailleurs d'une actualité troublante: des sociétés qui se prétendent tournées vers le futur, en restant attachées à une mythologie nationale vieille de mille ans ou plus... ça ne vous rappelle rien?
Le dessin est moins anguleux que dans le comic, plus rond, plus "Blue Sky", quoi; l'animation est fluide et les couleurs, chatoyantes, ont été l'objet d'une attention spéciale; les character designers, les dialoguistes et les doubleurs se sont donnés à fond; s'ils avaient fait tout ça pour rien (comme on a pu le craindre un moment), ç'aurait été un beau gâchis. Ceux qui l'ont vu en avant-première ont été ravis (il y a un florilège de critiques sur Cartoonbrew), et les abonnés de Netflix aussi.
Bref, Nimona le film est plutôt une bonne adaptation: les meilleures adaptations, ce sont en général celles qui ne cherchent pas à coller de trop près au matériau original, on l'a vu avec The Princess bride, Le Guépard, L'illusioniste, Le Prestige, la liste peut être longue, n'hésitez pas à proposer des exemples (et des contre-exemples si vous en trouvez).
J'aimerais bien que ça sorte en DVD, pour que je puisse me le repasser dans tous les sens quand je voudrai! Mais ça, avec Netflix, c'est une autre histoire.
*oui, ça laisse sans réponse la question: qu'a fait Nimona pendant tout ce temps? Les cartésiens pourraient appeler ça un plothole. À ces cartésiens on répondra comme pourrait le faire Nimona: reprends donc de la pizza.
mardi 23 mai 2023
Nimona: un phénix qui a eu chaud
Netflix isn’t the hero we needed, but the hero we deserve.
(un fan de Nimona sur internet)
Vous qui commenciez à désespérer de voir un jour Nimona passer de la page à l'écran, la nouvelle vient de tomber: l'animation est bouclée!
Récapitulons:
2012 naissance de Nimona le webcomic;
2014 conclusion de la série sur le web (saluée, en son temps, ici)
2015 Nimona est publiée, sous la forme d'un bel album relié, chez Harper Collins! Plus tard Dargaud en publiera une version française aussi soignée, qui sera suivie d'une édition brochée petit format.
2019 on annonce pour bientôt une adaptation animée! ce devait être une collaboration entre WebToons et le studio Henson. Ce choix, ainsi que celui de Patrick Osborne comme réalisateur, me semblait de bon augure. On estime alors que le film pourrait sortir en 2020...
2020 Patrick Osborne et le studio Henson ont passé la main à Nick Bruno et Troy Quane de Blue Sky Studio, et le projet avance bien, mais le covid 19 passe par là, et le confinement ralentit tout...
2022 le film est, annonce-t-on, terminé à 75%, quand Blue Sky qui produisait le film est racheté par l'oncle Picsou. On connaît les habitudes du vieux grigou: une fois propriétaire de Blue Sky, il décide que l'entreprise ne vaut pas la peine d'être conservée, et les projets qu'elle développait non plus...
Oui mais, aussi entre-temps, la carrière de Stevenson a pris un autre tour: le reboot de l'antique série Masters of the Universe (un truc du vingtième siècle; ça vous rappelle quelque chose?) connaît, sous le nom de She-Ra and the Princesses of Power, un succès inattendu, et "Indy" Stevenson , scénariste et producteur exécutif de cette nouvelle série, est devenu quelqu'un de "bankable". Ça, ça plait aux financiers. Voilà la production de Nimona qui reprend, cette fois, sous le label Annapurna et, teaser à l'appui, le lancement est annoncé pour...
2023!
Seulement sur Netflix.
Ma réaction à toutes ces nouvelles est mitigée. Netflix est capable du meilleur comme du pire, n'est-ce pas? Et quand c'est le pire, c'est pas le meilleur du pire. L'équipe d'animation a connu plusieurs changements, au vu du premier teaser le style graphique est très différent de celui du comic, Stevenson, bien que toujours co-producteur exécutif, ne semble pas avoir eu la maîtrise totale du script... gardons tout de même espoir; n'avais-je pas conclu mon dernier billet sur le sujet par un optimiste "Nimona s'en sort toujours"?
jeudi 2 mars 2023
Il veille sur la galaxie
Leiji Matsumoto et moi, ça a failli être un rendez-vous manqué: pour Albator, je n'ai pas eu le bon âge au bon moment. Mais Interstella 5555, je peux vous dire que j'ai kiffé grave. Et à présent, voir défiler le générique d'Albator, ça me rend nostalgique de quelque chose que je n'ai pas connu. Rendez-vous dans la prochaine galaxie, peut-être? Il doit bien exister quelque part des systèmes solaires secrets où l'on peut se rencontrer loin de la foule déchaînée.
1938-2023
mardi 31 janvier 2023
Full of woe
La Lisa Loring dont nous nous souvenons tous n'existait plus depuis longtemps. Est-ce normal que je n'arrive pas à l'imaginer vieille dame sous perfusion sur un lit d'hôpital et que je ne parvienne pas à me défaire de l'impression qu'on vient d'enterrer notre petite sœur prématurément, alors qu'elle aurait encore eu envie de danser?
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| Lisa Loring, 16 février 1958 - 28 janvier 2023 |
Image © ABC
jeudi 1 décembre 2022
Couleur de la cannelle
La date du 19 novembre, je n'avais pas envie de l'appeler un anniversaire, parce qu'un anniversaire ça devrait être gai, et le 19 novembre c'est une date triste, c'est ce jour-là qu'est mort Bruno Schulz. Mais John Coulthart, dont l'attention est toujours en éveil, vient juste de nous signaler que les frères Quay, qui travaillent depuis des années à l'adaptation en animation image-par-image du livre de Bruno Schulz, Sanatorium pod Klepsydrą (que son éditeur français a préféré appeler Le Sanatorium au croque-mort, pourquoi? je ne sais pas), viennent de terminer un court métrage - pas en animation: à partir d'images d'archives - sur la vie trop brève de Bruno Schulz. Merci John Coulthart! Et il nous a fourni les liens vers ce court métrage, ainsi que vers un extrait prometteur (et déjà un peu ancien) du film d'animation.
Un jour on le verra, ce long métrage animé (longues ou courtes, les animations des frères Quay sont toutes de petites merveilles - je suppose que vous en avez vu - mais il leur faut du temps, aux frères Quay, pour les faire, c'est long, l'animation image-par-image) et ce jour-là on sera contents: le temps sera aboli, comme dans le rêve de Jerzy Ficowski (vous vous souvenez?). Vous remarquerez, d'ailleurs, que le documentaire, les frères l'ont dédié à Jerzy Ficowski, pour des raisons évidentes.
lundi 23 mai 2022
Je laisse à désirer
Le même jour, j'apprends (par kwarkito, encore) à la fois l'effacement de Miss.Tic, et l'âge qu'elle venait d'atteindre (le mien): la deuxième information me trouble autant que la première m'attriste; depuis des années que chaque rencontre avec les pochoirs dont elle nous faisait la surprise avec la régularité du tic-tac d'une horloge me réjouissait, chaque nouvelle image aussi fraîche que les précédentes, non seulement je la croyais beaucoup, mais vraiment beaucoup, plus jeune que moi, mais surtout je n'avais n'avais pas eu de mal à me convaincre qu'un sort d'éternelle jeunesse devait la protéger.
jeudi 24 mars 2022
Intéressant? Sûr!
Yves Frémion - qu'on n'a plus besoin de présenter*, n'est-ce pas? - nous avait déjà donné en 1989 Images interdites, (avec Bernard Joubert) aux éditions Alternatives; il vient de faire paraître la suite: Images interdites, la censure au 21ème siècle, toujours aux éditions Alternatives.
Qu'est-ce? "Le premier panorama international de la censure des images de ces vingt dernières années".
Car "l’image – dessin de presse, illustration, BD, cinéma, TV, photo, peinture, graphisme... – est plus que jamais la cible des rages totalitaires dans le monde entier. Aucun pays, du plus démocratique au plus autoritaire, n’est épargné par le phénomène", précise la présentation de l'éditeur. C'était urgent, l'Histoire accélère.
Avec la participation exceptionnelle
(et gracieuse) de Vladimir Poutine.
Dans toutes les bonnes librairies. Ou alors, si vous avez l'occasion de passer par le 66 rue Julien Lacroix (Paris 20°) le jeudi 31 mars 2022 entre 18 et 22 heures (ou, qui sait? un peu plus tard s'il n'y a pas de couvre-feu), peut-être pourrez-vous rencontrer l'auteur en personne, à moins qu'il ne se fasse représenter par un de ses nombreux à liasses.
*Mais si, mais si, vous le connaissez certainement sous son nom de plume de Théophraste Épistolier, ou peut-être sous d'autres noms: Art(h)ur Conan Doc, Baptiste Monoquini, Bethsabée Mouchot, Hassen Céheffe, Yvan E. Frémov, Jean-Edern Hyerestation-du-RER, Laurent Tharbes, Les Frères L. et D. Corson de Rojayhart, Max de Blé, Noël Hobalcon et Paco Tison, Yves Frémion de la Fermay, Yves Mousse, sans oublier le pseudonyme collectif Colonel Durruti qu'il partage avec Emmanuel Jouanne.
Image © Alternatives
Une précision après coup: le vigilant Théophraste Épistolier me fait remarquer que la fiche Wikipédia de Frémion est bourrée d'erreurs (jusqu'à la gueule): on y mentionne en particulier un "Images interdites, tome 2" qui serait paru en 2021: ne le cherchez pas, il n'existe pas! C'est sans doute une mauvaise interprétation d'un texte annonçant l'an dernier le livre dont il est question aujourd'hui, "Images interdites, la censure au 21ème siècle" qui n'a rejoint les rayons des librairies que le 10 mars 2022.
vendredi 31 décembre 2021
Les plaisirs démodés
Vous pouvez bien me le dire (je ne le répèterai pas): vous avez l'intention de passer le réveillon avec quelques amis?
Et vous êtes nostalgiques de cette époque, qui semble si lointaine à présent, où on pouvait se coudoyer, se bousculer, chahuter sans se préoccuper de distances et de barrières?
Au lieu de danser collés-serrés (ce ne serait pas très raisonnable), pourquoi ne pas faire comme nos amies Pyra, Mythra et Pneuma: un karaoké? (allez voir la vidéo sur Youtube, c'est plus grand)
Le karaoké (カラオケ, karaoke) est une façon divertissante de chanter, habituellement en suivant les paroles sur un écran (nous explique Wikipédia).
C'est amusant un karaoké! Mais attention: Pyra, Mythra et Pneuma disposent des pouvoirs spéciaux des Blades, qui les protègent (entre autres) des virus et de leurs attaques combinées; mais pas vous! Alors, gardez vos distances, restez juste assez près pour pouvoir suivre les paroles sur l'écran!
Merci à Pabo Babo, pour avoir posté cette vidéo à l'ambiance festive, qui me fait sourire chaque fois que je la revois (j'espère que ça marchera pour vous aussi).
Et bonne fin d'année à tous!
Une vidéo de Pabo Babo; musique dans cette vidéo: Super Bass, licensed to YouTube by UMG (on behalf of Nicki Minaj/Cash Money)
mercredi 10 novembre 2021
mercredi 15 septembre 2021
Penchons-nous sur l'œuvre de Kirkinue Apokalips
Fin de rêve, pas encore tout à fait éveillé mais presque.
Dans le demi-sommeil qui suit le rêve, m'apparaît une image qui emplit tout l'écran de l'intérieur de ma tête: une aquarelle représentant un coin du désert d'Arizona (tel qu'il apparaît dans les rêves): de larges bandes horizontales dans des tons rouge et brun-rouge, ça fait un peu penser à une toile de Georgia O'Keefe.
L'image est signée, d'une écriture appliquée, en grosses lettres noires, et je peux lire distinctement le nom de l'artiste:
"Kirkinue Apokalips".
Pas de lien pour cette fois, ni de date de copyright;
les informations sur l'œuvre de Kirkinue Apokalips
ne sont disponibles que dans les rêves.
lundi 17 mai 2021
Pour écouter Tillie Walden
Je trouve dans ma boite à mails un courrier du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis… un de plus… ils sont bavards en Seine-Saint-Denis… je ne me presse pas trop de l'ouvrir… qu'est-ce qu'ils ont trouvé cette fois? Fichtrebleu! ça parle de Tillie Walden! qu'est-ce que ça dit?
"Une classe du lycée Maurice Ravel à Paris a eu la chance de rencontrer la bédéiste Tillie Walden, récompensée d’un Eisner Award pour son dernier ouvrage Sur la route de West (Gallimard BD). Un événement organisé dans le cadre du dernier Salon, avec le soutien de l'Ambassade des États-Unis d'Amérique en France."
… et voilà que je réalise qu'il y a longtemps, très longtemps, trop longtemps que je remets à plus tard de vous parler de Tillie Walden. J'ai commencé (il y a cinq ans déjà!) par lire en ligne On a Sunbeam… quand il a été publié en français sous le titre Dans un rayon de soleil, je me suis précipité dessus (ça, c'était il y a trois ans): je peux vous assurer que sur écran ou sur papier, en anglais ou en français, c'est toujours aussi bon!
En attendant que je trouve le temps de vous écrire un billet qui rende justice au talent de Tillie Walden (il faut parfois choisir: lire des livres ou écrire des billets dessus), allez donc l'écouter (sur kibookin ou sur youtube) répondre aux questions des élèves du lycée Ravel, elle leur dit tout! Et vous pouvez aussi chercher son dernier livre paru en français, Sur la route de West: c'est pas compliqué à trouver, c'est chez Gallimard BD!
vendredi 11 décembre 2020
Voir enfin ces visages aperçus: Corben, 1940-2020
"Enfin voir ces visages aperçus" c'était la traduction (infidèle, mais pas si mauvaise après tout) du titre d'une des premières collaborations de Jan Strnad et Rich Corben (To Meet the Faces You Meet, Fantagor, 1972) dans ACTUEL n° 35, en 1973. C'est donc probablement la première histoire dessinée par Corben que j'ai lue (je me jetais en ce temps-là sur chaque numéro d'Actuel dès qu'il paraissait). Une histoire courte, si pleine de bonnes idées visuelles et narratives que les auteurs de films de science-fiction on pu y puiser libéralement dans le demi-siècle qui a suivi.
Perverse synchronicité: juste avant que l'on n'apprenne son décès, une adaptation en long-métrage de cette graphic novelet séminale venait justement d'être crowdfunded, comme on dit.
How Howie Made It in the Real World
Si vous aviez croisé Richard Vance Corben dans la rue, vous auriez pu le prendre pour un petit homme effacé, sans trait distinctif mémorable autre qu'une tendance précoce à la calvitie.
Mais le reflet que vous auriez pu voir dans les yeux de ses collègues, de ses (rares) pairs et (nombreux) émules, dessinateurs de BD, de comics, de manga et illustrateurs, quand ils se tournaient vers lui (en s'en tenant à une distance respectueuse), c'était celui d'un géant glabre - deux mètres, cent kilos de muscles au moins - toujours prêt à défier les lois de la pesanteur et des probabilités.
Un monolithe étrange, c'est ainsi que le décrivait Moebius qui s'y connaissait en monolithes et en étrangeté.
![]() |
| c'est bien simple: en présence de Corben, tous les dessineux, du plus grand au plus petit, sentaient un frisson glacé parcourir leur échine. |
Le décalage entre un humain très ordinaire et l'image qu'un miroir lui renvoie de lui-même (monstre ou demi-dieu?), c'est un des thèmes que Corben n'a cessé d'illustrer.
Toute sa vie, Corben dessina des unheroes, des "autre-chose-qu'un-héros" cousins de Razar the Unhero (là, les traductions françaises, "Razar le lâche" et "Razar, l'homme qui n'aimait pas les héros" sont nettement à côté de la plaque).
Corben avait bien regardé ce qu'avaient fait ses devanciers dans ses genres favoris (de Roy Krenkel à Joe Kubert, de Virgil Finlay à Frank Frazetta), il avait médité les leçons des grands directeurs de la photo (de ceux de la UFA à ceux de la Hammer), et il avait décidé qu'il ferait aussi bien qu'eux, mais tout à sa façon, pas comme tout le monde.
Méticuleusement.
Il n'avait pas son pareil pour décider lesquels, d'entre les modelés, d'entre les matières, serait le mieux rendu par un entrelacs de petits traits, lesquels par une trame mécanique ou une éclaboussure d'encre noire. Sans égal pour sa maîtrise du noir et blanc, il n'était pas moins perfectionniste pour la couleur: il était même connu, dans les années 70-80 (on n'avait pas d'outils informatiques en ce temps-là), pour faire lui-même, à la main, la séparation des couleurs sur ses illustrations, avant de les envoyer chez le photograveur. Perfectionniste, ses derniers albums démontrent qu'il l'a été jusqu'au bout.
Sur actuabd, Jean-Mathieu Méon avait assez bien résumé sa carrière en 2018.
Et vous trouverez une bibliographie assez exhaustive sur Muuta.
Sur le blog de Li-An, le billet du 16 décembre contient un bel hommage à Corben et, dans les archives, un autre billet détaillait (plus que je ne l'ai fait ci-dessus) sa technique de mise en couleurs.
"Qu’ajouter de plus si ce n’est qu’il va nous manquer."
Affiche du festival d'Angoulême 2019,
illustration © Richard Corben
jeudi 19 mars 2020
Webcomics go Hollywood (sort of)
lundi 2 mars 2020
Aux Champs Élyséens j'ai goûté mille charmes: Lore Olympus (Grands Webcomics du XXI° siècle, 10)
why the mortals see us as Gods
Lore Olympus (webcomic écrit et dessiné par Rachel Smythe) je l'ai découvert grâce à Algésiras (merci Algésiras!) et j'y suis devenu accro (euh… merci?).
Les Immortels ont fait les hommes à leur image, et Rachel Smythe le leur a bien rendu.
Être immortel, concrètement, ça a quoi, comme conséquences? Hé bien, par exemple, on n'est jamais démodé, on peut même se permettre d'avoir de l'avance sur la mode, puisqu'elle a l'éternité pour nous rattraper.
Dans Lore Olympus, les mortels - on en aperçoit quelques-uns, ils font de la figuration, tous les premiers rôles étant, eux, immortels - portent le chiton ou l'himation, les sandales et le pétase, et ils parlent comme des contemporains d'Homère, ils disent des choses comme: "Éloigne-toi, ô toi qui ne dois pas être vu!" ou "Être divin, entends la prière de celui-ci qui fut mortel et qui n'est plus qu'une ombre! Permets que prospère la ferme que j'ai laissée à ma famille!"
Les Immortels, eux, n'ont pas de scrupule à dire "Oh, shit" et à se déplacer en limousine (elles doivent fonctionner, je suppose, à l'énergie éthérique, ou phlogistique, plutôt qu'à l'essence de pétrole). Et ils tweetent. Et ils font des selfies. Et ils vont cancaner sur SnarkyChat. Et ils se friendent sur Fatesbook.
Que voulez-vous, ils sont faillibles: ça, ça n'a pas changé depuis les temps homériques.
Le procédé en soi n'est pas nouveau: déjà dans l'Ulysse de Lob et Pichard, déjà dans Thor ou Wonder Woman, certains des attributs des dieux étaient représentés comme des engins hyper-technologiques (toute technologie suffisamment avancée étant indiscernable, etc. etc. vous connaissez le refrain).
Ce qu'en fait Rachel Smythe: elle en décrit les effets sur la "vie quotidienne" de ses immortels, et ça ressemble beaucoup à vos propres mésaventures connectées.
Vous pensiez que la mythologie était quelque chose de très éloigné de nous? Think again.
Tout le panthéon grec est présent dans le webcomic de Rachel Smythe: sa character list est plus classe que la guest list du festival de Cannes. Une liste, donc, bien colorée, mais c'est un petit bonbon rose qui vole toutes les scènes où elle apparaît: Korè - pardon, je veux dire Perséphone. Comme vous partagez avec les Immortels le privilège d'aller sur internet, vous trouverez facilement des tonnes d'informations sur Perséphone et sa famille compliquée: par exemple chez Terri Windling, qui va rapidement à l'essentiel ou sur Wikipédia qui est plus prolixe et fournit un tas de liens vers des ouvrages spécialisés. Attention, spoiler: une des premières choses qu'en faisant ces recherches vous apprendrez sur notre héroïne est sa généalogie, que dans le webcomic cette jeune fille innocente ne connaît pas encore à ce jour, au bout de cent épisodes, sa maman ne lui a toujours pas révélé qui était son papa (autre spoiler: Rachel Smythe est en train de concocter une explication de son cru - peut-être inspirée par ces vers de la Théogonie qui mentionnent des déesses ayant conçu sans s'être unies à aucun autre dieu? - à la venue au monde de Perséphone).
Et il y a d'autres choses dont Déméter n'a encore jamais parlé à Korè.
Erreur pédagogique très commune.
Même si - prenons un exemple au hasard - vous vous appelez Hébé et si vous êtes l'incarnation de la Jeunesse, vous n'appréciez pas que votre maman Héra, en réponse à des questions sérieuses, vous dise "C'est compliqué, c'est des histoires de grandes personnes" en vous faisant pouic sur le nez comme si vous étiez un bébé.
Comme le récit de Rachel Smythe, malgré les apparences, est très fidèle au mythe, nul doute que Korè apprendra un jour tout ce qu'on ne lui a pas dit, et… ce sera intéressant de voir comment Rachel mettra en scène sa réaction.
Jusqu'à présent, la principale préoccupation de la petite Korè a été de ne jamais décevoir personne - surtout pas sa maman - mais peu à peu une deuxième préoccupation se fait jour: celle de s'affirmer, de prouver qu'elle n'est pas juste une petite campagnarde naïve (c'est comme ça qu'elle se décrit elle-même à plusieurs reprises); elle découvre petit à petit (comme les héroïnes de Marvel ou de DC) qu'elle a des pouvoirs qu'elle ne soupçonnait pas (elle peut voler!!! qu'est-ce qu'elle peut bien encore avoir en réserve?), et, ma foi, c'est bon pour l'estime de soi, ce genre de choses.
En lisant son CV (vous ne le trouverez pas dans la bibliographie proposée par Wikipédia: c'est une exclusivité Lore Olympus), on est bien sûr, tenté de la décrire comme une "overachiever":
- Overall winner chess Olympus championship, 3 times running
- Junior swimmer Olympianswimming champion
- Mathematics champion
- Newest recipient of the TGOEM (The Goddesses of Eternal Maidenhood) academic scholarship…
Ah. La bourse d'études offerte par Les Déesses de l'Éternelle Virginité (immarcescibles administratrices: Hestia, Athéna, Artémis).
Les Olympiens s'intéressent-ils assez à la mythologie? Il y a un truc mentionné dans un mythe, un gadget appelé la Boite de Pandore. Les Déesses de, etc, n'ont peut-être pas assez médité l'avertissement contenu dans ce mythe. Le cursus choisi par Perséphone (qui a grandi dans un environnement hyper-protégé) impliquait qu'elle fasse un stage en entreprise; Héra, la reine de l'Olympe, lui a fourni une recommandation pour une des plus prestigieuses: elle ne pouvait pas faire moins, n'est-ce pas, pour la fille de la grande Déméter… et c'est comme ça que tout a commencé.
Pourquoi certains d'entre vous ont-ils un mauvais pressentiment?
C'est la drôle de tête qu'a fait Déméter quand on lui a appris la bonne nouvelle qui vous inquiète?
Déméter, des temples lui sont consacrés par toute la Terre, des prières sans nombre lui sont adressées tous les jours: c'est comme par réflexe qu'on lui fait confiance… pourtant dans certains épisodes de Lore Olympus sont disséminés des indices qui suggèrent qu'elle garde pour elle quelques sombres secrets de famille.
Pour nous rassurer, allons interviewer le superviseur de Perséphone.
- Monsieur Hadès, hum, euh… grand Hadès, ô Souverain du Monde d'En-Bas, voulez-vous bien vous présenter pour nos lectrices et lecteurs?
- I'm an immortal being with unspeakable powers and unmeasurable reach.
- Et… pouvez-vous nous dire ce que vous pensez de votre nouvelle stagiaire?
- She just makes me feel all warm and snuggly inside when I think of her.
Wait… I mean… No comment.
Je me sens moi-même tout warm and snuggly inside quand je vois Perséphone: même réaction dans tout le vaste fandom que Lore Olympus, en deux ans, a déjà accumulé.
La forme choisie par le site Webtoon qui héberge la série est particulièrement bien adaptée à la lecture sur écran (et sur tablette). Contrairement à plusieurs des webcomics dont nous avons déjà parlé, cette présentation ne reprend pas les codes de la page imprimée: pas de gaufrier, les cases s'affichent l'une après l'autre.
Certaines cases se suivent à touche-touche; entre certaines autres, la narratrice a interposé une certaine distance qui impose au lecteur un scrolling délibérément frustrant. Entre une remarque pertinente (ou impertinente, ça dépend du point de vue) de Perséphone
et la réaction de son interlocuteur,
prend place une attente insoutenable qui peut durer jusqu'à… plusieurs dixièmes de seconde, et c'est délicieux.
Il y a ainsi une scène dans un ascenseur (pas n'importe quel ascenseur, celui qui mène des régions supérieures de l'Hadès jusqu'aux régions… inférieures - ça fait beaucoup d'étages) qui vaut son pesant de baklava. Il me suffira de vous dire que les "silences" y comptent autant que le dialogue.
- Et vous, Hécate, Maîtresse de la Nuit, que pensez-vous de Perséphone?
- She's a sight for sore eyes.
Je confirme: chaque apparition de Perséphone dans ce webcomic qui n'a pas peur de faire clasher les couleurs me fait du bien aux yeux.
De toute évidence, tout ne sera pas simple pour Perséphone: les super-pouvoirs ne résolvent pas tout (demandez à Superman).
Mais on peut attendre la suite avec confiance: elle est pleine de ressource, la petite.
Au moment où je vous parle (et il en est ainsi depuis un temps immémorial), Perséphone prend dans son panier à provisions la farine et le beurre, puis elle pétrit la pâte, bientôt elle disposera la baklava dans la corbeille.
Elle sait ce qu'elle fait, ne vous en faites pas.
Jeunes gens, prenez-en de la graine.
Et à l'occasion, demandez-vous pourquoi les mystères la germination sont célébrés loin des rayons du soleil.
Un dernier conseil: si vous pressentez que vos jours sont comptés, voici un contact utile:
persephone@underworld.com
Il ne sera sans doute même pas nécessaire de lui dire "Déesse de beauté et de compassion, entends ma prière", elle prêtera attention même à un simple "je crois qu'on devrait se voir bientôt, vous auriez un créneau pour qu'on se parle?"…
Cette déesse pourra sans doute vous apporter plus d'aide qu'Hermès et Thanatos réunis.









