Je n'ai vu Michel Bouquet sur scène qu'une seule fois: c'était dans No Man's Land d'Harold Pinter, pendant l'hiver 79, il y a, donc... quelques années... si longtemps déjà?
Au cinéma ou à la télévision, Bouquet était capable si son rôle le demandait de se fondre dans le paysage, mais sur scène il occupait tout l'espace, la présence, pourtant impressionnante, de son partenaire Raymond Gérôme n'y changeait rien.
À la fin de la pièce, juste avant qu'un petit artifice de mise en scène ne rende manifeste l'arrière-plan sinistre de cette comédie noire, Gérôme et Bouquet levaient leurs verres et, d'une seule voix, portaient un toast: "Au No Man's Land!"
C'est le moment, je crois, pour lever les nôtres: le rideau tombe.
1925-2022
