dimanche 3 août 2025
Copains
mardi 24 décembre 2024
Réveillon + nous
Des conseils pour une bonne soirée!
- On embrasse tout le monde et on danse une ronde au pied de l'arbre!
- Avant d'aller se coucher, on n'oublie pas de débrancher les guirlandes.
Joyeuses fêtes!
photo © Eli McMullen
vendredi 6 décembre 2024
Se souvenir des belles choses (2)
Cette fois, c'est Denis Brihat. Aucune mort ne me réjouit (essentiellement, parce que les quelques personnes dont la mort pourrait éventuellement me donner envie de danser s'accrochent à la vie comme des tiques) mais certaines morts m'affectent plus que d'autres: celle des gens que j'ai connus, même peu. Denis Brihat, j'ai découvert ce qu'il faisait à sa première exposition, discrète, à la ferme des Contards (il y a cinquante ans et des poussières), plus tard nous sommes devenus voisins, il m'a fait visiter son laboratoire, j'ai vu quelques-unes de ses expositions suivantes (pas toutes: il en a fait un peu partout).
Nous n'avons jamais été proches, sauf épisodiquement en nous croisant sur ce "plateau des Claparèdes, désert à l’époque" que nous arpentions dans tous les sens "à l’époque" en nous émerveillant des mêmes choses. Elle est bien loin, cette époque, et ce plateau autrefois désert me manque aussi.
Et, coup sur coup, deux jours plus tard, c'est Jacques Roubaud.
Jacques Roubaud, je ne l'ai jamais approché plus près que depuis le parterre du Gymnase quand Maréchal y a monté ses pièces sur le Graal (avant, j'en avais dévoré, comme des romans, les gros volumes écrits à plusieurs mains avec Alix Cléo Roubaud et Florence Delay).
Sa traduction de La Chasse au Snark, ça m'aurait plu que l'éditeur français la choisisse de préférence à celle, si académique, d'Aragon pour accompagner les dessins de Mahendra Singh; une rencontre manquée.
Son Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go m'accompagne: je l'ai lu une première fois bien trop tôt pour y comprendre quoi que ce soit, et je le relis de temps en temps pour vérifier que je n'y comprends toujours rien (ça m'aide à me sentir jeune). Après tout, c'est un objet fascinant, presque autant qu'un bulbe de jacinthe, un coquelicot froissé ou une toile d'araignée.
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| photographie de Denis Brihat |
Denis Brihat
1928-2024
Jacques Roubaud
1932-2024
lundi 14 septembre 2020
Cindy Sherman, my one true love
C'était en novembre 1943. La dernière chose dont je me souvenais: j'étais à mon poste dans la tourelle du bombardier, l'appareil était, apparemment, en chute libre, et soudain tout était devenu noir.
Puis j'ai ouvert les yeux dans ce lit d'hôpital, et la première chose que j'ai vue, c'est elle.
Plus tard, bien plus tard, les copains m'ont raconté avec force détails pittoresques comment et pourquoi je ne suis pas mort (pourquoi nous ne sommes pas tous morts) au retour de cette mission au-dessus de l'île d'Heligoland en novembre 1943. Ça les a étonnés, je crois, les copains, que je ne pose pas davantage de questions, parce que c'était quand même, comme a dit Hammill, le navigateur, un sacré foutu miracle. Mais je n'arrivais à penser qu'à elle.
Par la suite, j'ai pu apprendre par la head nurse Bramwell (une vraie peau de vache, celle-là) qu'elle s'appelait Sherman, l'infirmière qui m'avait veillé pendant ces trois nuits où on se demandait si j'allais sortir du coma, ou non (selon Hammill, tout l’équipage avait parié - c'était Thomson qui prenait les paris - et la cote ne m'était pas très favorable: ça lui avait coûté une tournée, à Hammill).
Cindy, c'est comme ça que les autres filles l'appelaient.
On m'a dit que peu après mon réveil elle avait reçu une nouvelle affectation à l'hôpital militaire de Rangoon, en Birmanie. Je n'ai pas pu remonter plus loin sa piste: son dossier a été détruit dans un bombardement, et à l'hôpital de Rangoon, on ne trouve aucune trace de son passage, elle n'y est peut-être jamais arrivée.
Mais je n'ai jamais pu oublier son visage.
Parfois je crois la reconnaître sur des photos - des photos où il est impossible que ce soit elle, et pourtant.
Elle accueillera quelques-unes des œuvres que vous aviez pu admirer au Jeu de Paume (des séries Untitled Film Stills, Rear Screen Projections, Fashion, History Portraits, Disasters, Headshots, Clowns, Society Portraits...), plus des nouveautés!
samedi 28 septembre 2019
Singes des Temps
des nuages de fumée au-dessus
photo © Guillaume Polère
samedi 16 février 2019
Visibilité de Juan Rodolfo Wilcock
Quoi, vous voulez encore une page du Livre des monstres de Juan Rodolfo Wilcock? Vous êtes donc insatiables?
Hé bien soit, mais une petite, alors.
Le beau-père de Lina Gaibisso est une illusion d'optique; en tant que tel, il ne pose aucun problème et offre au contraire un divertissement aux invités lorsque tous les autres sujets de conversation sont épuisés. Il suffit de regarder fixement, pendant deux ou trois minutes, un point marqué sur le mur à environ trente centimètres du cadre de la fenêtre: tout à coup on le voit qui se détache nettement sur le fond uni de la peinture de la salle à manger. Il est assis dans son fauteuil, le journal ouvert, et ne se soucie pas le moins du monde des gens qui le regardent; l'illusion cependant est si saisissante qu'il n'est pas rare que des invités le saluent et lui demandent comment il va.
Le beau-père de Lina ne répond pas, il continue à lire; si ensuite l'invité porte rapidement son regard, sans s'attarder, sur une autre petite croix marquée à côté de la pendule posée sur la cheminée, le beau-père apparaît maintenant tout près du plafond, vêtu d'un pyjama jaune, dans son lit: Lina explique alors à ceux qui n'auraient pas compris que Memmo Gaibisso est allé se coucher.
Tout ceci n'a rien d'étrange en fait: qu'une illusion optique puisse lire le journal et s'en aller ensuite au lit ne devrait étonner personne, vu que nous faisons les mêmes choses et sommes aussi, c'est bien connu, des illusions optiques. Ce qui est étrange, c'est ce qui se passe dans le débarras contigu à la salle à manger. De fait, si vous ouvrez la porte de ce débarras, il vous saute aux yeux un dessin compliqué tracé avec des couleurs sur le mur du fond, fait de croix équidistantes, de trois-quarts de cercle, de triangles brisés, de rayons et de petits points, de lignes droites et de courbes parallèles, de sinusoïdes et de cycloïdes. Eh bien, il suffit de regarder ce dessin pendant quelques minutes pour voir apparaître sur le mur ce que, au même moment, le beau-père de Lina est en train de rêver: des courses de chevaux, des vacances aux Baléares, des repas dans les meilleurs restaurants, des choses répugnantes, etc.
C'est un cas unique, explique Lina, d'illusion optique d'une illusion optique; elle ne se rend pas compte, évidemment, que dans ce cas encore, on peut dire la même chose de la vie de chacun de nous, et pas seulement des rêves de son beau-père.
lundi 31 décembre 2018
Printemps en décembre
À la mi-décembre, le Guardian a publié, pour illustrer un article dans lequel Théo, le fils d'Ursula LeGuin, évoquait le souvenir de sa mère, une photo qui m'a touché, troublé, ému, appelez ça comme vous voulez, vous voyez ce que je veux dire…
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| Ursula Le Guin sur le port de Marseille en 1953. |
Un peu comme si elle était venue me rendre visite en passant (mais pas à la bonne date: fichues machines à voyager dans le temps qui se dérèglent toujours à mi-parcours!).
Reste son sourire, pour terminer l'année 2018.
vendredi 1 mai 2015
A page blanche, muguet bleu
La photo postée hier, si vous zoomiez dessus, vous pouviez y lire du Pessoa et c'était déjà très bien; sur celle que j'ai, aujourd'hui, empruntée au délicieux blog de Terri Windling, c'est encore mieux: sur les pages du petit carnet à spirale qu'elle a posé parmi les jacinthes des bois (que quelques-uns appellent muguet bleu), elle a laissé tout plein d'espace blanc,
vous n'aurez qu'à plisser un peu les yeux pour imaginer tout ce qui vous passera par la tête.
jeudi 30 avril 2015
Pâquerettes
mercredi 11 mars 2015
Foto Splendid
Successivement, Eva Truffaut (Archives et Mythologies des lucioles) et Florizelle (Le divan fumoir bohémien) - deux blogs que je suis depuis longtemps - ont consacré, ces derniers mois, des billets à un projet au nom étrange:
Je ne voyais plus la photographie.
Ma paume, que le verre avait
entamée tout à l’heure, continuait
à saigner dans le noir.
lundi 24 novembre 2014
Pendant ce temps, sur l'île de Skye...
du Vieil Homme de Storr
jeudi 7 août 2014
L'Été
Un jour - c’était en Été - il y a eu un Jour
Rien que pour moi
Des jours comme ça, je croyais qu’on les gardait en réserve
Pour les Élus - pour les temps dont parlent - les Révélations
Les poèmes d'Emily Dickinson n'ont pas de titres.
La version de celui-ci qui apparaît dans la première édition des Poèmes est celle qui a été recopiée bien proprement par Emily dans une lettre à T. W. Higginson, reproduite en fac-similé au début du volume; les éditeurs y ont ajouté (comme aux autres poèmes, pour se conformer à l’usage) un titre: Renunciation.
La version des Cahiers, reproduite ici (merci à The Emily Dickinson Archive), jetée sur le papier avec plus d’impatience, présente de nombreuses corrections, entre autres au quatrième vers.
Je ne sais pas si Emily considérait l’une ou l’autre de ces versions comme définitive, et dans ce cas, laquelle. Si un jour l’occasion se présente, je lui demanderai.
dimanche 19 février 2012
A deux, c'est mieux




















