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samedi 18 juillet 2026

Hj-yo, c'est quoi?

C'est l'écho, mais bien sûr! 

Pas de F'murrrstival cette année à Champcella. Ne soyez pas tristes; vous pouvez retrouver F'murrr ailleurs! En ce moment même (oui, je sais, ça a commencé en Mars;  j'aurais pu vous en parler plus tôt, mais j'étais occupé) une exposition judicieusement appelée HI-YO, c’est l’écho (d'où le titre de ce billet) est présentée à Strasbourg au musée Tomi Ungerer  (6 mars au 30 août 2026). Merci à  Camille Potte qui a mouillé son pull (pas autant que Naphtalène, mais presque).

Et puisqu'on parle de Naphtalène, rappelons que les éditions 2042 rééditent du F'murrrr à tour de bras. 

Et quand l'expo de Strasbourg sera finie,  c'est à Paris que, dans le cadre de Formula Bula, vous pourrez en voir une autre: Le Génie de la Page du 17 septembre au 9 octobre, à le Mairie du Cinquième  (c'est dans le cinquième).

 En attendant le bon moment pour aller voir tout ça, procurez-vous Le Char de l’Etat dérape sur le sentier de la guerre, et n'oubliez pas de le lire pour ne pas vous égarer en chemin.

vendredi 10 juillet 2026

Des chutes dans l'humus

Dans les dernières nouvelles, il y a un peu de bon, et un peu de mauvais.

Bonne nouvelle: on avait eu peur, il y a quelques années, pour Peow Studio, l'éditeur qui nous avait fait découvrir le premier album de Linnea Sterte: ils avaient cessé de vendre en ligne,  et pendant longtemps, ils n'avaient rien publié de nouveau. Mais ça va mieux pour eux: sous le label "Peow2", sur un site remis à neuf, une nouvelle histoire de Linnea Sterte, au dessin plus moebiusien que jamais, est annoncée: A Garden of Spheres. Un jardin de sphères, la traduction française, est 
aussi en précommande sur le site des Éditions de la Cerise; la Cerise ne perd pas de temps! et elle propose aussi d'autres titres de Sterte (et bien d'autres bonnes choses). Et chez les deux éditeurs, on pourra trouver une nouvelle édition "augmentée" de In Humus (Stages of Rot)!

Mauvaise nouvelle: la société Sauramps dépose son bilan. Le groupe est en liquidation judiciaire, "faute de repreneur", et les libraires ne savent pas ce qu'il va advenir de leur librairie. Chaque fois que je passais par Montpellier, je m'arrêtais un long moment dans cette librairie: elle était grande, on pouvait s'y perdre! (je n'ai pas eu l'occasion de visiter celle d'Alès; et maintenant, pour ça, il est bien tard...).  

dimanche 28 juin 2026

Wendy et Trevor, et Gemma et Josie, et Adam et Evan, et Marsha et Trixie...

Petit à petit, je vais rattraper le retard que j'ai pris en juin...
Pour le festival d'Annecy, était-il bien nécessaire que je vous prévienne à l'avance? Vous êtes des jeunes gens modernes, avec des moyens de communication modernes, vous avez créé des alertes sur votre smartphone et tout ça, vous le saviez, n'est-ce pas, que c'était cette semaine? Vos avez pu y aller? Si vous n'avez pas pu, voici le palmarès, qui réservait quelques surprises (des films qu'on n'attendait pas et qui ont raflé plusieurs prix). Ce que je retiens, c'est une annonce: SuperMutant Magic Academy, le comic de Jillian Tamaki dont je vous ai dit tant de bien, est en cours d'adaptation par Cartoon Network Studios en série animée! Quand on en saura davantage, je vous en parlerai, c'est sûr.  

vendredi 22 mai 2026

Broken Voices sur grand papier

 Il me semble que mon billet sur les expositions en cours un peu partout n"a pas reçu beaucoup de commentaires...  cela veut-il dire que l'admiration devant les œuvres que vous avez pu voir vous a rendus muets? Ou que la malchance s'est acharnée sur vous, et que vous  n'avez pu en voir  aucune? Si c'est le cas, voici, pour vous remonter le moral, l'affiche de la rétrospective Muñoz qui étaient présentée à Bâle: 


Les aventures d'Alack Sinner et de Sophie racontées par Muñoz (et Sampayo!) d'abord dans Charlie (mensuel!) puis dans (À Suivre) font partie des meilleurs souvenirs que nous ont laissé les années 70/80, n'est-ce pas? Heureuse époque où on avait encore le choix entre un optimisme triste (façon Alack) et un pessimisme gai (à la Sophie).

image José Muñoz / Cartoonmuseum 


samedi 9 mai 2026

Vous avez bien un peu de temps devant vous?

 Vous avez envie de vous changer les idées? vous avez un peu de temps devant vous (et de bonnes chaussures)?
Dans les semaines précédant sa mort, Glen Baxter préparait encore une exposition à Paris, à la galerie Semiose. Prévue du 23 mai au 20 juin 2026, elle sera maintenue. Elle prendra désormais la forme d’un hommage, offrant une dernière rencontre avec un univers où le langage ne cesse de glisser. Un livre d’entretien avec Bernard Blistène paraîtra également à cette occasion.
Semiose 44, rue Quincampoix 75004 Paris
Du mardi au samedi de 11h à 19h et sur rendez-vous.
À la galerie Martel Paris (dont je vous ai déjà parlé) une expo Ugo Bienvenu vient d'ouvrir! Vous aurez jusqu'au 25 juillet pour constater qu'il met dans ses BD une touche d'illustration, et  une touche de BD dans ses illustrations - des "je ne sais quoi".
UGO BIENVENU "Futur antérieur" à MARTEL PARIS (du 07.05.26 au 25.07.26)

Tout ça si vous êtes à Paris.

Et si vous êtes à Lyon?
Les éditions de la Lanterne et les éditions RJTP organisent un salon du livre politique à Lyon, intitulé  "Lyon - Livres - Nouvelles résistances". Ce salon aura lieu le samedi 20 juin 2026, de 10h à 19h, et se déroulera à la Maison des Passages à Lyon. Dix-huit éditeur·ices de livres et de périodiques seront réunis. C’est la première édition de ce salon gratuit et ouvert à toutes et tous.
Ça ne dure qu'une journée, mais il y a aussi une exposition sur le bestiaire médiéval au Musée d'Histoire de Lyon: "Merveilleux Moyen-Age le bestiaire médiéval": pour celle-là vous avez le temps, les dragons et les griffons ne vont pas s'envoler tout de suite: ça dure jusqu'au 1er novembre!
  (Les organisateurs précisent: la billetterie en ligne est indisponible. Pour la réservation des activités, rendez-vous à la billetterie sur place à Gadagne. Merci de votre compréhension). 

Et si vous êtes à Bâle?
Au Cartoonmuseum  (Centre pour l'art narratif, Basel, Switzerland) vous pourrez retrouver José Muñoz; l'exposition s'appelle "Broken Voices", quand on connaît l'atmosphère des BD de Muñoz on comprend pourquoi; c'est jusqu'au 21 juin.

Et si vous êtes à Londres?
Au Quentin Blake Center for Illustration, dans une exposition collective (Queer as Comics) vous pourrez retrouver parmi plein d'autres gens queer as folk notre vieil ami Alex Barbier.
Et si vous flânez du côté de St James Park, admirez sous tous les angles une statue d'une actualité troublante, signée Banksy (j'espère que le socle est bien vissé, ce serait dommage que le vent l'emporte!). 


 

mercredi 17 décembre 2025

Politicons et le Petit Psikopat: in memoriam

 Nous devons maintenant faire face à une sévère pénurie de bons dessinateurs de presse, juste au moment où nous en aurions besoin. Il y a quinze jours, c'était Soulas, et maintenant c'est Edika - dix ans après Gudule. Désolé de ne poster en ce moment que des nouvelles tristes. Courage, Mélaka.

Soulas: 1932 - 2025
Édika:  1948 - 2025

 

samedi 13 décembre 2025

Élans perdus

Frank Pé (Broussaille!), Li-An et Yossarian lui ont rendu hommage, tous deux avec élan... ai-je besoin de vous dire que je l'aimais bien?

Et Tito Topin? Peu de gens en ont parlé, pourtant il nous a bien fait rire lui aussi avec ses dessins ... nous? c'est-à-dire, peut-être pas les gens de la même génération que Li-An et Yossarian? Dites-moi si vous vous souvenez de ses albums de BD: La Langouste ne passera pas, ou Voyage au centre de la C...ulture, ça me donnera une idée de votre âge.

Frank Pé, 1956 - 2025

Tito Topin - 2025

 

 

vendredi 14 novembre 2025

Mie Novembre

 Quelques nouvelles revigorantes, pour changer d'une actualité qui nous fatigue.
L'année dernière (en décembre) Li-An s'étonnait "que le premier roman d'Elisa Shua Dusapin (Hiver à Sokcho) ne soit pas adapté en BD" (ça lui aurait paru justifié, disait-il, parce qu'il y est question d'un auteur de BD). 
Je ne le savais pas encore (je ne l'ai appris que récemment, trop tard pour vous dire d'aller le voir en salles, sinon je le l'aurais dit à Li-An): Hiver à Sokcho a été adapté, pas en BD, mais en film de cinéma! Les auteurs de BD sont des héros, Li-An!
Sapin, encore (les sapins sont à Novembre et Décembre ce que les marronniers sont au reste de l'année): Christian Bourgois, éditeur qui a pris le temps de bien étudier la cuisine hobbite, et sait, par conséquent, de quel côté une tartine doit être beurrée*, vient de publier une nouvelle édition de Bilbo le Hobbit, et pas n'importe laquelle: celle avec les fameuses illustrations de Tove Jansson, dont vous avez tous entendu parler sans jamais les voir en vrai! Bien reproduites, sur du bon papier, et en grand format; et hop sous le sapin des petits Hobbits.

*Demandez à n'importe quel Hobbit, il vous le dira: une tartine, ça se beurre des deux côtés.


samedi 21 juin 2025

On peut être et avoir l'été (tant que c'est l'été)

 C'est officiel, Alfred Brendel ne descendra pas dans la rue pour la Fête de la Musique. Écouter (le casque bien enfoncé sur les oreilles, évidemment) quelques-uns de ses enregistrements sera notre façon de participer à l'événement.
Rassurez-vous, il y a d'autres événements pour lesquels casques et AirPods seront facultatifs!


Si vous êtes à Marseille, vous faites probablement déjà la queue devant la librairie Tsundoku (49 cours Pierre Puget, 13006, Marseille) pour vous inscrire (premiers arrivés, premiers servis, ça ouvre à 10 heures, et la queue doit déjà être longue) à la séance de dédicaces de Junji Ito: il sera là en personne le 12 juillet, ça risque d'être chaud. L'inscription est payante.


Si vous êtes à Paris, vous vous préparez sans doute pour aller, ce matin ou peut-être demain dimanche (ça dépend de combien de temps il vous faut pour vous faire une beauté) place Saint-Sulpice, faire votre marché (au Marché de la Poésie: c'est du 18 au 22 juin). Entrée libre!
 

Alfred Brendel 1931-2025

 

lundi 13 janvier 2025

C'est un monde fluctuant

Même les Grands Méchants les plus respectueux du cahier des charges des Grands Méchants, les Croquemitaines aux grimaces les plus hideuses, les Tranchemontagnes aux postures les plus provocantes, les batteurs d'estrade aux gesticulations les plus outrées... ont une date limite de consommation, après laquelle la motivation qu'on pouvait avoir pour les détester tombe à presque rien.
Margaret Thatcher a eu la chance de partir alors que le souvenir de ses vilenies était encore tout frais dans les mémoires, et son départ a été salué par des rondes et des farandoles dans les rues, aux cris de "Elle est morte la sorcière! La méchante sorcière est morte!"...
Mais la mort de celui auquel je pense, sa date de fraîcheur périmée depuis longtemps... les libations versées place de la République étaient à peine chambrées, je dois avouer que je m'en suis désintéressé, et j'ai l'impression que je ne suis pas le seul. Pas vous?


Celui qui nous manquera vraiment, à nous habitants du monde flottant, c'est Michetz

 

Choses qui flottent, dessinées par Michetz

Qui accompagnera désormais les errances des rônins? Qui fixera sur le papier le profil des geishas? Vidons nos coupes de saké en son honneur. 

Marc Michetz, 1951-2025

Illustration © Michetz

vendredi 1 novembre 2024

Changeons-nous, nous aussi?

Changement d'heure, changement de mois... changement aussi à la galerie Martel; c'est vrai, je ne vous avais pas signalé (ces derniers temps, je n'avais pas la tête à ça) cette exposition Miles Hyman (Ephemeria I, du 4 octobre au 2 novembre 2024): si vous ne l'aviez pas déjà trouvée tout seuls, il ne vous reste que ce week-end pour la voir!
À partir de la semaine prochaine (et jusqu'en janvier: ça vous laisse du temps) c'est Emil Ferris qui remplace Miles Hyman; vernissage jeudi 7 novembre à 18 heures en présence de l’artiste. Elle, ce qu'elle aime, c'est les monstres: son "Livre Deuxième" vient de sortir aux éditions de  Monsieur Toussaint Louverture.
Non, je n'ai pas d'actions de la galerie Martel; il se trouve qu'ils font toute l'année des expositions qui m'intéressent, je n'y suis pour rien!

MARTEL PARIS, 17 rue Martel - 75010 Paris, France

mardi 8 octobre 2024

Octobre, à quand la fête?

"Oublie que t'as aucune chance, vas y fonce.
On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher".

Octobre est pressé: dès les premiers jours, il s'approprie Pierre Christin et Michel Blanc, qui n'avaient en commun que le désir de distraire leur public du mieux qu'ils pouvaient. Octobre, dirait-on, s'ennuie déjà, il semble avide de distractions et de menus plaisirs. On se demande, un peu inquiet, quelles friandises il réclamera pour Hallowe'en?

Pierre Christin 1938-2024
Michel Blanc 1952-2024

mardi 6 août 2024

Métal miaulant

Continupns à chercher si nous trouvons quelque part de bonnes nouvelles ...

Mais oui!

Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant...

Bon, vous allez sans doute me dire que c'est du réchauffé (financé en Février sur KKBB, le hors-série est sorti en Mai) et que c'est pas malin de réchauffer quelque chose en pleine canicule... mais justement, ce hors-série pourra servir à vos éventer, votre chat et vous, sur la chaise longue que vous partagez équitablement (je suppose)... 

 

dimanche 4 août 2024

Août, tu m'entends?

 Essayons de convaincre Août de nous réserver quelques bonnes surprises.

Voyons...  Les 17 et 18 Août il y aura un F'murrrstival à Champcella. La presse internationale n'en a pas beaucoup parlé (tous obsédés par les jeux olympiques!) mais j'ai lu ça sur le blog opératoire, le site d'Odrade. Il y aura des dessins de F'murrr et d'autres attractions! Toutes les animations sont gratuites sauf croque-bergers et buvette; paquets de chips en fonction des stocks disponibles.

C'est plutôt une bonne nouvelle, non? Tu vois, Août, c'est pas si difficie quand on veut.

samedi 3 août 2024

Mois moisi

 Décidément, Juillet n'a pas voulu partir sans emmener avec lui (dans ses derniers jours, je ne l'ai pas su tout de suite)  au moins encore deux personnes qui étaient pourtant bien à leur place parmi nous, même qu'on était bien contents quans ils publiaient quelque chose de nouveau: à deux jours dintervalle, André Juillard et Annie Le Brun.

Juillard,  je n'en doute pas un seul instant, vous avez déjà chez vous une bonne pile de ses BD, que vos préférences vous portent vers les chevaliers (-ères) masqués (-es) ferraillant contre des soudards sans foi ni loi ou vers les gentlemen fumeurs de pipe enclins à réfléchir longuement aux moyens de sauver le monde (avant de jaillir de leur fauteuil pour se jeter dans le feu de l'action); et s'il y a des vides dans votre pile, vous n'aurez pas de mal à les combler; à l'exception de quelques petits tirages, on trouve ses albums facilement.

Mais Annie Le Brun, êtes-vous sûrs de bien la connaître? C'est qu'elle en a écrit, des essais, un gros tas, et ils valent tous sans exception la peine d'être lus (bibliographie ici). Certains d'entre eux, vous aurez peut-être du mal à les trouver; hier j'ai demandé à un sympathique bouquiniste s'il en avait en rayons, il m'a répondu: c'est rare qu'on m'en apporte, des livres d'Annie Le Brun. Les gens, une fois qu'ils les ont achetés, ils les gardent

Je me permets de citer Frédéric Schifter, car il possède un vocabulaire plus étendu que le mien: Lâchez les poéteux, les philosopheux, les intellectuelleux. Lisez Annie Le Brun.

 

André Juillard, 1948-2024
Annie Le Brun, 1942-2024

 

dimanche 2 juin 2024

Des idées pour muser

 Juin fera-il un effort pour se distinguer de ses frères, en nous apportant, pour une fois, de bonnes nouvelles? Ma foi, si vos aimez les bandes dessinées, on peut appeler ça une bonne nouvelle: vous pourrez faire un tour au Centre Pompidou, vous aurez tout l'été (et tout l'automne) pour musarder devant les planches exposées, ou prendre des paris (par exemple: dans les soixante prochaines minutes, un.e activiste.e woke-e viendra-t-iel jeter de la peinture ou de la confiture sur un panneau? et sur lequel?) ou jouer à cache-cache et à chat perché dans les escaliers, les escalators et les ascenseurs (c'est un espace ludique, le Centre Pompidou). Car les bandes dessinées occuperont plusieurs niveaux - deux, en fait, l'accroche publicitaire "BD à tous les étages" enjolive un peu la réalité; mais tout de même, quel programme!

Avec l'exposition « La bande dessinée au Musée », Jean Dubuffet, Mark Rothko, Francis Picabia ou encore René Magritte croisent, en un jeu de correspondances, les auteurs et autrices David B., Lorenzo Mattotti, Catherine Meurisse, Joann Sfar ou Chris Ware — entre autres!




Au sixième niveau, galerie 2 (BANDE DESSINÉE 1964 - 2024), il y aura, classés par thèmes, des planches d'Alex Barbier, de Nina Bunjevac, Charles Burns, Daniel Clowes, Florence Cestac, Guido Crepax,  Robert Crumb, Ludovic Debeurme, Nicolas de Crécy, Brecht Evens, Emil Ferris, Anke Feuchtenberger, Fred, Dominique Goblet, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, José Muñoz, Thomas Ott, Gary Panter,  Art Spiegelman, Chris Ware (et quelques autres, les noms ne tenaient pas tous sur l'affiche).


Au cinquième niveau (LA BD AU MUSÉE), des œuvres de quinze autrices et auteurs contemporains sont mises en dialogue direct avec les pièces de la collection moderne (1900-1960), créant des connexions subtiles. Là, il y aura Blutch, Brecht Evens, Dominique Goblet, Gabriella Giandelli,  Éric Lambé, Lorenzo Mattotti, Anna Sommer et toujours Chris Ware. Rien que des gens intéressants. Bon, c'est vrai, ils en ont oublié (elle est où Alison Bechdel? il est où Guido Buzelli? Et Willem, et Franquin, et Bretécher? peut-être qu'ils n'avaient pas assez de place (c'est tout petit, le centre Pompidou, vous savez) ou qu'ils en gardent pour la prochaine fois. Mais bon ça va, c'est un excellent choix. Marion Fayolle sera là en personne, elle animera un atelier. On dit que Corto Maltese sera là aussi, mais vous savez comment il est, il ne fait jamais que passer (il est aussi demandé, tout l'été, au Lyon BD Festival!).
On nous promet des liens secrets à découvrir (the secret knots!)...  c'est peut-être à la Bibliothèque publique d'information (c'est aussi au niveau 2) que vous pourrez croiser Corto, toujours à la recherche de documents sur les liens bien cachés entre l'Atlantide, Venise et le Continent Perdu?

BANDE DESSINÉE (1964 - 2024), Galerie 2, niveau 6; et
LA BD AU MUSÉE, Galerie 2, niveau 5
Centre Pompidou, Paris
11h-21h, tous les jours sauf mardi
du 29 mai au 4 novembre 2024


Attention: l'année prochaine la TGBAC (Très Grande Boite À Chaussures - quand on est pressé, on dit le centre Pompidou) sera fermée pour travaux, et le restera jusqu'en 2030! Profitez-en tant que vous pouvez.

Images ©  centre Pompidou - Paris Musées

mardi 7 mai 2024

Mai aors?

Alors, ce mois de Mai, commence-t-il bien? Avons-nous quelques bonnes nouvelles? Ma foi, dès à présent, vous pouvez voir l'exposition Joost Swarte, à la galerie Martel;

"La Galerie Martel est heureuse de vous convier au vernissage de l'exposition rétrospective consacrée à JOOST SWARTE, le jeudi 16 mai à partir de 18h, à l'occasion de la publication récente de son livre Biblio+Picto aux éditions Dargaud."

Séance de dédicaces
le vendredi 17 mai à partir de 17h
Exposition du 17 mai au 6 juillet 2024
17, rue Martel - 75010 Paris; ouvert de 14h30 à 19h, du mardi au samedi.

Bon, ce livre ne risque pas de chasser de vos étagères l'irremplaçable Total Swarte paru chez Denoël en 2012 (j'espère que vous l'avez! Non? vous auriez dû l'acheter quand il était tout frais sorti des presses!) mais c'est un livre bien sympa; et une exposition de dessins de Swarte, ça vaut toujours le détour!
Ça ne dure pas assez longtemps? Vous serez trop occupé tout le mois de Mai? C'est vrai qu'en Mai il y a des ponts à bâtir...  Vous aurez tout l'été pour aller au musée Guimet voir l’exposition "Au cœur de la couleur": des porcelaines aux couleurs intenses, ça nettoie les yeux.

"Evénement de l’été au musée Guimet, l’exposition "Au cœur de la couleur" retrace la longue histoire de la porcelaine et des couleurs de grand feu en Chine entre les 8ème et 18ème siècles. Provenant de l’extraordinaire collection Zhuyuetang de Richard Kan (Hong-Kong) et de celle du musée Guimet, 250 chefs-d’œuvre illustrent le goût chinois pour la simplicité formelle et la pureté des coloris, issus de siècles de perfectionnement. "

Du 12 juin au 16 septembre 2024
Musée Guimet - Rez-de-jardin

Ça compte comme bonnes nouvelles, non?
(en attendant mieux)


lundi 18 mars 2024

Changer l'eau du bocal

 De temps en temps, il faut changer l'eau de l'aquarium.
C'est peut-être de cette constatation banale qu'est partie la réflexion qui a conduit Derek Kirk Kim à revenir aux comics.

Souvenez-vous: vous avez découvert Derek Kirk Kim il y a déjà quelques années, quand Same Difference a été publié en français par 6 Pieds sous Terre; puis vous vous être précipité sur Short Stories aussitôt que le même éditeur l'eut rebaptisé Autres Histoires, puis vous avez patiemment attendu que The Eternal Smile (scénario de Gene Luen Yang) soit disponible en français, et vous vous l'êtes procuré quand il est paru chez Dargaud (à moins que vous n'ayez pas résisté à l'envie de le lire en VO?) ...

Et puis, il y a eu la grosse déception de l'abandon par l'éditeur (First Second) de la publication papier de Tune, que Tororo vous avait pourtant chaudement recommandé (vous n'en avez pas acheté assez! à quoi ça sert que Tororo il se décarcasse?).

Le retour de Derek Kirk Kim dans le monde des comics (papier!) a tout pour surprendre. Sa nouvelle série, The Last Mermaid, diffère en tous points de ses précédentes publications: plus fermement ancré dans un genre, la science-fantasy (alors que les comics précités ne se conformaient à aucun modèle établi); une ambiance plus sombre, franchement dystopique (l'humour omniprésent dans Same Difference et dans Tune n'y subsiste qu'à l'état de traces); graphiquement, aux antipodes de ce qu'il faisait au début des années 2000 (depuis, il a travaillé pendant dix ans pour des sociétés de production d'animation, en 2d et en 3d, il a remplacé le crayon par le stylet et ça se voit!) et, comme si ça ne suffisait pas, imprimé dans un format atypique pour un comics papier (presque carré: nostalgie du format webcomic?). Bref: ce n'est pas Same Difference, pas du tout. Je n'ai pourtant pas été complètement dépaysé: son héroïne m'a rappelé de chers souvenirs: ceux du personnage de Forest, Hypocrite, et surtout de sa grande copine à nageoire caudale: sous certains angles, la ressemblance est frappante ... Kim est un homme de goût: qui sait s'il n'a pas lu et apprécié, lui aussi, Hypocrite et le monstre du Loch Ness? Si c'était le cas, on ne pourrait que l'en féliciter.

Derek Kirk Kim a une chaine YouTube, c'est pratique pour se tenir au courant de ce qu'il fait.

Vous pouvez aussi voir  ici une assez longue (30 minutes) interview de lui, ou il s'explique sur les changements que son expérience dans l'animation a apportés dans ses méthodes de travail - c'est la première d'une longue (2 heures) série d'interviews réalisée à l'occasion de l'Emerald City Comic Con, j'avoue que j'ai seulement survolé la suite.

Stay Tuned! 

Derek Kirk Kim: The Last Mermaid
(série, premier tome paru)
Image Comics, 2024


vendredi 15 mars 2024

Seuls sont les indomptés

Ce n'est pas un concours, ce n'est pas un classement, il n'y aura pas de remise de prix...


 Celui qui sort du saloon sur ses deux pieds, c'est le Lucky Luke de Blutch. Blutch, il met de la passion dans tout ce qu'il fait, ce coyote.
 
image © Dargaud et Blutch, évidemment. 
Seuls sont les indomptés c'est le titre d'un film de David Miller, sans Lucky Luke, mais avec Kirk Douglas qui fait aussi très bien le cowboy solitaire.

mercredi 13 mars 2024

Nous sommes tous de pauvres cow-boys solitaires

 En ce début d'année je me suis posé pas mal de questions à propos des reprises, hommages, tributs, reboots et toutes ces sortes de choses dont on a parlé récemment.
Ces questions, je n'ai pas réussi à me les sortir de la tête (ce n'est pas pour ça, rassurez-vous, que j'ai peu posté en janvier et février: c'est que j'ai eu pas mal de trucs à faire, qui ont consumé trop d'heures pour me laisser le temps de bloguer)... les reprises de séries qui ont enchanté notre enfance  -  notre jeunesse - notre âge mûr, qu'on croyait à l'abri du temps et du changement bien au chaud dans notre mémoire, c'est devenu un phénomène saisonnier.

Mars étant un mois sérieux - pour se différencier de ses voisins immédiats Février et Avril plus portés aux facéties - revenons aux questions sérieurses, que nous avions laissées en suspens en Décembre.
Il semble qu'il y ait une sorte de consensus chez les éditeurs - pardon, je veux dire les fournisseurs de contenu: "Que veut le public? Plus de ce qu'il a déjà vu! Plus de la même chose!"... Aussi le malaise desdits éditeurs est-il palpable, quand l'auteur d'une série à succès vient à disparaître. Ils ne lui en voudront pas trop de tirer sa révérence, si encore il passe le relais à un continuateur, comme Rob Vel à  Jijé, puis à Franquin, et ensuite Franquin à Tome et Janry pour Spirou... ou s'il a le bon goût de renoncer à toute prétention à la paternité d'un  personnage, comme Ub Iwerks pour Mickey... mais le malaise s'accroît quand l'auteur  manifeste explicitement son refus de faire reprendre par d'autres une série, comme l'ont fait Jacobs  pour Blake et Mortimer, ou Franquin pour Gaston... grande est la tentation, pour l'éditeur, de faire comme s'il n'avait rien entendu...

Le choix, par un éditeur, de faire reprendre une série en sommeil par un autre que son créateur n'est-il pourtant pas défendable? Quand j'ai eu en mains L'Étrange rendez-vous, le premier album de Blake et Mortimer "sans Jacobs",  j'ai sauté de joie de pouvoir lire une nouvelle aventure qui s'insérait parfaitement dans la série, résultat du travail acharné d'un scénariste et d'un dessinateur aussi fortement motivés l'un que l'autre. Quelques années passèrent, pour les lecteurs les déceptions s'accumulèrent, et les véritables intentions de l'éditeur ne devinrent que trop claires: gagner des sous, vite si possible,  sans en dépenser trop, et pour cela embaucher dessinateurs et scénaristes pressés de toucher leur chèque, sans que le respect pour leur modèle risque de les ralentir.

Il en alla autrement pour les continuateurs de Spirou: la prolifération de spin-offs, de reboots, de relectures, d'hommages, autour de ce personnage vieux d'un siècle est plutôt réconfortante; elle prouve que nous ne sommes pas tout seuls à regretter de ne pas pouvoir nous coiffer comme Spirou (j'ai essayé - pas vous? - ça n'a jamais rien donné de bon); tous ceux qui ont repris Spirou l'ont fait avec enthousiasme, à leur manière, et si inégales ces variations soient-elles, on trouve parmi elles de véritables pépites (mille bravos à Émile Bravo!).

La démarche de Dupuis pour Gaston est ambiguë: personne ne conteste que Delaf soit un brillant pasticheur de Franquin. Si Dupuis avait signé un contrat avec un fabricant de yaourts (Monsieur De Mesmaeker devait bien en avoir un dans sa serviette, dommage qu'elle soit toute mouillée) pour une série de publicités dans lesquelles Gaston aurait chanté (après qu'on eût mis sous clé son gaffophone) les qualités du lait emprésuré, Delaf aurait été parfait pour fournir des illustrations bien lisses, comme les publicitaires les aiment. Seulement voilà: s'agissait-il de vendre des yaourts, ou de vendre les aventures de Gaston comme si c'était des yaourts? Dupuis ne répond pas à la question, mais son choix parle pour lui.

Mais... dans le titre, il est bien question de cowboys solitaires? Et Lucky Luke dans tout ça?  

À suivre...