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jeudi 30 octobre 2025

Octobre s'en va

 Octobre 2025 craint-il que le souvenir qu'il nous laissera souffre de la comparaison avec celui de ses prédécesseurs?
Il n'a pas voulu partir sans Jack DeJohnette. Le musicien avait des choses en commun avec Bernard Verlhac, parti il y a dix ans: lui  aussi, il tapait juste, fort quand il le fallait, avec précision, toujours (lui, c'était seulement sur sa batterie), et  il nous manquera.

Jack DeJohnette, né le 9 août 1942 à Chicago (Illinois) et mort le 26 octobre 2025 à Kingston (État de New York).

La veille, c'est Björn Andrésen qui est mort. Nous avions le même âge, mais il était plus beau (du moins, c'est ce que tout le mode disait, et ça l'embarrassait un peu: il ne fallait pas, Björn, c'est bien d'être beau).

 

mardi 15 juillet 2025

Il n'est pas de plaisir superflu

Que la canicule gambade au-dessus de nos têtes, ou pas; 
que sous nos fenêtres on célèbre le quatre juillet, ou le quatorze, 
ou rien du tout, 
l'actualité ne fait toujours rien pour améliorer notre humeur.
Que peut-on y changer?
De qui prendre conseil? De Juliette peut-être? 
Elle sait prendre de la hauteur par rapport aux 
événements; que nous dit-elle?
Quand le monde court à sa perte
Il n'est pas de plaisir superflu...

 
Merci Juliette, tu es toujours de bon conseil.
En voilà un, de plaisir pas du tout superflu: la musique d'Elaine Fine!
Allez écouter Calico Pie, sa petite pièce pour piano et voix, sur un poème d'Edward Lear; ouvrez les oreilles, fermez lez yeux, vous verrez s'envoler les oiseaux bleus, les poissons bleus, les sauterelles bleues, et vous entendrez les souris barboter et chantonner dans leur thé; et ne craignez pas que, s'ils partent, ils ne reviennent jamais: il suffit d'appuyer encore sur la touche play et ils reviendront. 

 

samedi 21 juin 2025

On peut être et avoir l'été (tant que c'est l'été)

 C'est officiel, Alfred Brendel ne descendra pas dans la rue pour la Fête de la Musique. Écouter (le casque bien enfoncé sur les oreilles, évidemment) quelques-uns de ses enregistrements sera notre façon de participer à l'événement.
Rassurez-vous, il y a d'autres événements pour lesquels casques et AirPods seront facultatifs!


Si vous êtes à Marseille, vous faites probablement déjà la queue devant la librairie Tsundoku (49 cours Pierre Puget, 13006, Marseille) pour vous inscrire (premiers arrivés, premiers servis, ça ouvre à 10 heures, et la queue doit déjà être longue) à la séance de dédicaces de Junji Ito: il sera là en personne le 12 juillet, ça risque d'être chaud. L'inscription est payante.


Si vous êtes à Paris, vous vous préparez sans doute pour aller, ce matin ou peut-être demain dimanche (ça dépend de combien de temps il vous faut pour vous faire une beauté) place Saint-Sulpice, faire votre marché (au Marché de la Poésie: c'est du 18 au 22 juin). Entrée libre!
 

Alfred Brendel 1931-2025

 

vendredi 13 juin 2025

Vibrations, bad or good

 Peut-on encore parler d'un échange de bons procédés? Encore une nouvelle à la fois musicale et  triste; comme dit imaginos, "tout le monde sur internet " en a déjà parlé: Brian Wilson, l’un des fondateurs des Beach Boys, allait avoir 83 ans - depuis plusieurs années déjà, il n'était plus tout à fait, tout entier, parmi nous. Oui, le titre choisi est peu original, mais pour aborder ce sujet, chercher l'originalité à tout prix serait-il de bon goût? (d'autres ont choisi Love and Mercy, ce qui n'est pas non plus un mauvais choix).
Michael Leddy parle avec émotion des stades successifs par lesquels sa relation avec la musique des Beach Boys est passée au fil des années et des différents sentiments qu'elle lui a inspiré.

Puisse ce vendredi 13 vous réserver de bonnes surprises (on ne sait jamais avec le vendredi 13).


Brian Wilson 1942–2025

 

lundi 24 février 2025

C'est quel jour, Ogreweed Day?


 Blimey! Comment ai-je pu oublier que nous sommes en plein Mois Edward Gorey, et que le 21 c'était son centième anniversaire!
Imaginez ma confusion quand j'ai lu sur le blog de Chris Kearin:

As it happens, I can pinpoint my first encounter with Gorey's work quite exactly.

Oh, mais moi aussi: je m'en souviens comme si c'était hier, un beau jour (ou peut-être une nuit) un ami a voulu me faire partager son enthousiasme pour un disque (vinyl bien sûr: c'était en 1977!) qu'il venait d'acquérir. En grosses lettres blanches, sur la pochette noire: Michael Mantler.

 En un peu plus petit, d'autres noms: Robert Wyatt, Terje Rypdal, Carla Bley, Steve Swallow, Jack DeJohnette. Et ce qui était, apparemment, le titre de l'album: THE HAPLESS CHILD (and other inscrutable stories). Au revers de la pochette, des silhouettes dessinées à la plume et des banderoles effilochées qui suggéraient le contenu; 

 on en découvrait davantage quand on dépliait la pochette (comme si on ouvrait un livre sans pages, mais avec des images): des historiettes intitulées The Sinking Spell, The Object Lesson, The Insect God, The Doubtful Guest, The Remembered Visit, et, last but not least: The Hapless Child; toutes attribuées à un certain Edward Gorey
Toutes les personnes mentionnées m'étaient alors parfaitement inconnues. Que la stupeur ne vous fasse pas tomber en syncope; dans la suite des temps, leurs noms me sont peu à peu devenus aussi familiers qu'à vous, sagaces lecteurs (comprenez bien que j'étais alors jeune et mal dégrossi).
Les années passèrent, et je me suis procuré, un à un, tous les ouvrages d'Edward Gorey sur lesquels j'ai pu mettre la main (merci, Monsieur Jacques Noël, vous m'y avez bien aidé). Le disque? Après l'avoir rendu, à regret, à son possesseur, je l'ai acheté à mon tour, d'abord en vinyl, plus tard en CD; et aujourd'hui encore, si parfois vos errances nocturnes vous amenaient sous une certaine fenêtre où brille une lueur vacillante, vous pourriez entendre la voix rauque de Robert Wyatt déchirer les ténèbres:

...
 and  thus  it  was
that Millicent Frastley
 was
sacrificed to the
 Insect God!


 ©  Edward Gorey,  Michael Mantler, et al.


vendredi 31 janvier 2025

Broken English

 La compétition pour le titre de Mois le plus Triste de l'Année est-elle ouverte, pour que Janvier se démène ainsi à nous priver de ce qui va nous manquer? Cette fois c'est Marianne Faithfull.

Elle était fatiguée. Quand je l'avais vue sur scène pour la dernière fois lors de sa tournée européenne de 2011, elle l'était déjà, mais elle chantait quand même. Maintenant elle ne chantait plus, mais on était contents de pouvoir l'imaginer tranquille auprès d'un bon feu. Qu'adviendra-t-il du feu?

Marianne Faithfull 1946 - éternité

 

samedi 31 août 2024

Gloria...

 Août n'a pas voulu écouter mes conseils, et a préféré imiter ses grands frères et leur fichue manie d'emporter des gens avec eux. Ça m'a perturbé, ces avis de décès qui s'empilaient; j'en ai oublié de souhaiter son 120ème anniversaire à Julio Cortazar (c'était pourtant simple de se rappeler la date, c'était le 24 août).
Gena Rowlands, Alain Delon et puis, comme ça ne suffisait pas, Atsuko Tanaka et Catherine Ribeiro.
Devinez les quel(les) me manquent le plus?


Gena Rowlands 1935-2024
Alain Delon 1930-2024
Atsuko Tanaka 1962-2024
Catherine Ribeiro 1941-2024

mardi 4 avril 2023

Encore un mois qui commence mal

 

Triste premier avril: pas un seul de ces beaux gros canulars à l'ancienne mode, dont on comparait les mérites le lendemain en échangeant des sourires de connivence. Au lieu de cela, le 2 avril on nous annonçait la mort de Ryūichi Sakamoto, et on n'avait même plus envie de rire de cet étourdi de Gérald Darmanin, qui, fâché avec le calendrier, avait lâché deux jours trop tôt la grosse incongruité ("il n'y a pas de violences policières") qu'il gardait en réserve pour le jour des blagues.


Non content d'écrire des partitions inoubliables, Ryūichi Sakamoto, lui, n'hésitait pas à dire, quand on l'interviewait: "Je sais quand je dois me taire"

 

 

jeudi 2 mars 2023

Il veille sur la galaxie

 Leiji Matsumoto et moi, ça a failli être un rendez-vous manqué: pour Albator, je n'ai pas eu le bon âge au bon moment. Mais Interstella 5555, je peux vous dire que j'ai kiffé grave. Et à présent, voir défiler le générique d'Albator, ça me rend nostalgique de quelque chose que je n'ai pas connu. Rendez-vous dans la prochaine galaxie, peut-être? Il doit bien exister quelque part des systèmes solaires secrets où l'on peut se rencontrer loin de la foule déchaînée.

1938-2023

lundi 27 février 2023

Sale temps pour les bars-tabacs

 François Hadji-Lazaro, fondateur de Pigalle et des Garçons Bouchers, est mort avant-hier. Ce n'est donc pas de si tôt que nous aurons, lui et moi, l'occasion de  fêter un prochain anniversaire ensemble (les dates de nos anniversaires ne sont séparées que par quelques jours) et c'est bien dommage: peut-être rattraperons-nous  le temps perdu en faisant pour notre cent-vingtième une fête à tout casser?  Nous inviterons Topor, bien sûr.

... mais les étoiles, elles étaient là...

 
© Boucherie Productions


mercredi 14 décembre 2022

Into the night


 Where we are, the birds sing a pretty song, 

and there is always music in the air.



Julee Cruise 1 décembre 1956 - 9 juin 2022

Angelo Badalamenti 22 mars 1937 - 11 décembre 2022


dimanche 1 mai 2022

Musique in(in)terrompue

 

Qui, déjà, se plaignait l'autre jour de l'omniprésence des mauvaises nouvelles et de la rareté des bonnes? Klaus Schulze, qui n'avait pas choisi sans une arrière-pensée malicieuse, pour une série d'œuvres récentes, un titre collectif en forme de clin d'œil, Dark Side of the Moog, a attendu que la lune soit noire pour décoller vers l'astre. On pensera donc à lui très fort chaque fois que la lune sera noire, ce qui pourrait arriver souvent en cas d'hiver nucléaire. Il est difficile, même en trichant un peu, de ranger ça dans la catégorie des bonnes nouvelles. Mais merci Klaus Schulze, d'avoir pensé à nous laisser pas mal de titres qu'on peut écouter en boucle quand on a un peu de vague à l'âme.



Photo: Smithsonian

samedi 12 mars 2022

Burn the land, boil the sea, you can't take the sky from me

 L'ami Imaginos a beau être toujours sur la brèche, lui-même doit reconnaitre:

"J’ai beaucoup de retard dans ma présentation de l’actualité musicale ici-même, mais là ça n’est même plus du retard : j’ai découvert tout à l’heure seulement que le bluesman Sonny Rhodes, l’interprète de The Ballad of Serenity, était mort le 14 décembre à l’âge de 81 ans".

Et moi  ce n'est qu'encore plus tard, en lisant le billet d'Imaginos que je l'ai appris. Encore une raison d'avoir le blues, comme si on en manquait.





mardi 31 août 2021

Never call me your drummer again

Il arrive un moment où nous nous apercevons
que nous connaissons plus de morts que de vivants.  
François Truffaut

 

Charlie Watts 1941-2021

Ainsi finit le mois d'Août.
On en connu de meilleurs.
Mais, consolons-nous: 

on en connaîtra de pires.

mardi 23 février 2021

Si on tend l'oreille

 

On n'entend plus Daft Punk, à la place on entend le vent de Mars.
Nos soupçons sont confirmés: l'univers dans lequel nous vivons se trouve à l'intérieur de la tête de Philip K. Dick; quand nous regardons par les trous, nous pouvons parfois apercevoir J. G. Ballard et John Brunner qui passent de temps en temps dire un petit bonjour (en observant sagement les règles de distanciation sociale).