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dimanche 30 août 2026

Il est tard pour les tartes

 J'écrivais le mois dernier que Juillet se terminait sur un concert "de discrets soupirs"...
Ce choix  ne semble pas avoir  été du goût de son successeur Août, qui a préféré prendre congé en balançant ici et là des claques retentissantes. Non mais sérieusement, en quelques jours, Le Gloupier, Dolly Parton, et pour finir Tim Curry? Alors qu'il y a d'autres octogénaires qui encombrent bien davantage le plancher? Il y a des mois qui mériteraient des tartes.

Tout le monde a quatre-vingts ans, de nos jours

1946-2026 

vendredi 31 juillet 2026

Silence et silence

 La bande-son de ce mois de juillet se termine donc, non avec de grosses explosions (enfin... pas plus de grosses explosions que d'habitude), mais avec de discrets soupirs.

Keigo Higashino est mort autrefois; on peut donc espérer qu'il n'a pas été pris au dépourvu quand ça lui est de nouveau arrivé. Ce n'était sans doute pas un géant des lettres, mais ses romans savent soutenir l'intérêt des lecteurs (il n'avait pas peur d'user des twists les plus bizarres): lisez-les donc. En France, ses œuvres sont exclusivement éditées chez Actes Sud, dans la collection Actes noirs en grand format et la collection Babel noir en format de poche, et principalement traduites par Sophie Rèfle. 

Raoul Vaneigem a consacré quatre-vingt-douze années (quasiment à temps plein) à faire l'éloge de la paresse, de la jouissance et de la rupture. Contradiction? Que non pas, puisque tout suggère qu'il s'est bien éclaté (à temps plein) à faire ça. Pourquoi lire son Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations?
Mais pour rester jeune pendant que se succèdent générations après générations!

Passe notre salut à Rabelais, Raoul! 

 

samedi 18 juillet 2026

Hj-yo, c'est quoi?

C'est l'écho, mais bien sûr! 

Pas de F'murrrstival cette année à Champcella. Ne soyez pas tristes; vous pouvez retrouver F'murrr ailleurs! En ce moment même (oui, je sais, ça a commencé en Mars;  j'aurais pu vous en parler plus tôt, mais j'étais occupé) une exposition judicieusement appelée HI-YO, c’est l’écho (d'où le titre de ce billet) est présentée à Strasbourg au musée Tomi Ungerer  (6 mars au 30 août 2026). Merci à  Camille Potte qui a mouillé son pull (pas autant que Naphtalène, mais presque).

Et puisqu'on parle de Naphtalène, rappelons que les éditions 2042 rééditent du F'murrrr à tour de bras. 

Et quand l'expo de Strasbourg sera finie,  c'est à Paris que, dans le cadre de Formula Bula, vous pourrez en voir une autre: Le Génie de la Page du 17 septembre au 9 octobre, à le Mairie du Cinquième  (c'est dans le cinquième).

 En attendant le bon moment pour aller voir tout ça, procurez-vous Le Char de l’Etat dérape sur le sentier de la guerre, et n'oubliez pas de le lire pour ne pas vous égarer en chemin.

samedi 27 juin 2026

Stress émotionnel

 En ce mois de juin 2026 j'ai ressenti un peu le même genre d'accablement qu'en janvier 2015 (vous vous souvenez de janvier 2015?): une impression d'à quoi bon? À quoi bon... tout?... lorsque les tentatives pour rendre le monde un peu meilleur échouent, tandis que celles pour le rendre beaucoup pire réussissent?
Écrire un blog est une activité si futile que la probabilité qu'elle rende le monde meilleur ou pire est à peu près nulle, alors
reprenons-nous,  reprenons là où nous en étions restés.

John Blanche. Y en a-t-il parmi vous, lecteurs, à qui ce nom de ne rappelle rien? Ce serait surprenant, mais après tout, c'est possible: certains parmi vous n'étaient pas abonnés à White Dwarf dans les années 80, d'autres n'étaient peut-être même pas nés? Pour ceux qui à cette époque cherchèrent fébrilement dans toute la presse ludique les photos de la figurine qui reçut le Golden Demon Award 1987, le Minotaure du Chaos avec sa bannière insolente, le lent effacement du peintre-illustrateur-sculpteur de figurines (passé un certain âge, comme tant d'autres, il produisit de moins en moins) fit que l'annonce de sa mort ne fut pas vraiment une surprise, mais surtout un rappel: que le temps s'en va et ne revient pas.
En revanche, je n'imagine pas qu'aucun d'entre vous n'ait pas lu, relu et re-relu les albums de Marjane Satrapi, visionné et re-visionné ses films, et n'ait pas été stupéfait d'apprendre qu'elle était morte bien trop tôt. 

 


Ses proches ont annoncé dans un communiqué qu’elle était « morte de tristesse », un peu plus d’un an après la perte brutale de son mari, Mattias Ripa, disparu en avril 2025.
Est-ce que c'est un euphémisme?  Est-ce que c'est à prendre au sens littéral? Cela a-t-il quelque chose à voir avec le syndrome de tako-tsubo, ou syndrome des cœurs brisés? Il paraît que c'est dû au stress émotionnel.


Marjane, ta mort nous as tous rendus tristes,  peut-être qu'un jour si rien ne vient nous empêcher d'être tristes nous allons tous mourir?


jeudi 4 juin 2026

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

 La disparition de John Blanche, il y a trois jours,  avait porté un coup à mon moral, et voilà qu'une autre nouvelle tombe: c'est Marjane Satrapi qui va nous manquer, à un moment où nous avons plus que jamais besoin de gens comme elle.
Mais qu'est-ce qu'elle a, cette année?

 

mardi 2 juin 2026

Tout corps tombe à une vitesse définie

 Areski n'est plus dans l'immeuble. C'est normal, l'immeuble n'est plus là non plus. Nous aimerons toujours Areski et Brigitte Fontaine, qu'ils soient ici, là ou ailleurs, ça aussi c'est normal.
La la lala,  lalalalaaaa lala...

Areski Belkacem 1940-2026

 

dimanche 19 avril 2026

Désastre pour tout le monde, champagne pour les autres

 Je dois le reconnaître: j'ai trouvé le mois de Mars... décourageant, surtout vers la fin. 
Quelle semaine ça a été, que cette semaine d'avant-élections!
Les néo-nazis ont tendu la main aux néo-pétainistes, qui l'ont serrée avec ferveur.
Ça nous promettait un printemps plein de réconciliations et de joyeux partages: qu'est-ce qui aurait pu tourner mal? Ça n'a pas tourné si bien que ça pour ces braves gens, il n'y a pas eu de raz-de-marée de néocons, et si vous êtes de ceux à qui la musique de Wagner donne envie d'envahir la Pologne, il vous faudra attendre encore un peu. Et mon découragement a persisté, avec les nouvelles de la dernière semaine: Valérie Perrine n'est plus parmi nous depuis le 23, j'espère qu'une soucoupe volante est venue de la planète Tralfamadore pour la récupérer à temps.

Petit sourire éphémère le jour de la mort de Jospin: j’aurais bien repris plusieurs fois des moules (merci Desproges pour la suggestion), s'il y avait eu des moules au menu (malheureusement y en avait pas; mais à la place j'ai repris de la tartiflette).


Le pire était encore à venir: Glen Baxter, le colonel Baxter, ne nous fera plus profiter de ses blurtings. "Mr. Baxter betrays all the ominous symptoms of genius", nous avait prévenu  Edward Gorey; si les symptômes du génie peuvent être décrits comme omineux, c'est parce que la plupart des génies, juste avant d'être reconnus comme tels, sont devenus morts (Glen Baxter ayant peut-être été une de ces exceptions qui confirment la règle?).
Remuez-vous un peu,  futurs parents de génies, sinon on va en manquer!

Rien ne s'est encore produit en Avril qui me redonne courage, mais il faut bien que la vie continue.

Valerie Perrine 1943 –  2026 

Glen Baxter  1944 – 2026 

samedi 21 mars 2026

Marilyn aurait cinquante ans

 Cette année, elle en aurait cent (bientôt: c'est en juin qu'on célèbrera son anniversaire, mais on parle déjà beaucoup d'elle, on annonce des hommages, des rétrospectives...).
Marilyn aurait cinquante ans c'est ce que l'on entendait à la radio il y a cinquante ans.
La chanson de Christophe exprimait un malaise au contour difficile à cerner: Marilyn ne devait-elle pas être immortelle? Et James Dean, alors? Le chanteur continuait sur le même ton "James Dean n'est plus un Géant".

 
Dans cinquante ans quelqu'un chantera-t-il "Chuck Norris aurait 136 ans"?

Quant à James Ellroy, il a eu 78 ans le 4 mars, sans que ça fasse de vagues.

Marilyn Monroe
1er juin 1926-4 août 1962 
Chuck Norris
10 mars 1940-19 mars 2036

 

dimanche 8 mars 2026

N'entre pas si vite dans cette nuit obscure

 António Lobo Antunes est entré dans une nuit obscure. 
Il nous laissait sans regret, en partant, des romans très tristes, des poèmes moins tristes mais il n'avait pas abandonné l'espoir que peut-être, un jour (ou une nuit, peu importe), quelqu'un lui expliquerait les oiseaux.

António Lobo Antunes 
1942-2026 

 

samedi 14 février 2026

Nuage parmi les nuages

Bud Cort s'en est allé le 11 février. En sortant de la projection d'Harold et Maude, nous avions tous envie de lui souhaiter, comme  Ruth Gordon venait de le faire,  une belle vie; et en sortant de celle de Brewster McCloud, de ne pas s'écraser. Mais les vœux, ça ne marche pas toujours. 
Que votre vie, à vous, soit longue et prospère  (on ne sait jamais,  des fois ça peut marcher). 

Bud Cort
1948-2926 

mercredi 7 janvier 2026

Le noir est blanc

Le 7 janvier... il me semble me souvenir que c'est, ou que ça a été, une date importante, mais laquelle? Une sorte d'anniversaire, peut-être?
Ah, oui, ça me revient (merci la radio): c'est le début des soldes d'hiver! la saison des bonnes affaires!


Adieu, Béla Tarr. La "saison du blanc", comme on l'appelait autrefois, ça ne vous intéressait pas spécialement, sans doute? Le noir, c'était votre fort, n'est-ce pas?

Béla Tarr: 1954-2026
La saison du noir: 2015-2026 

 

vendredi 2 janvier 2026

Ce serait déjà ça

Je vous souhaite à tous la meilleure année possible. Ce n'est pas un vœu trop déraisonnable, non? Il suffirait, pour qu'il se réalise, que rien n'aille trop mal? 
D'ailleurs, les autres blogueurs sont aussi prudents; leurs bilans comme leurs vœux sont modérés.
Les Chats voient des raisons d'espérer dans l'accélération de l'expansion de l'univers! La sortie serait-elle au fond de l'espace?
Tonton Alias ne se plaint de rien: il n'est même pas mort!
Et kwarkito ajoute:
j'aurai  connu de beaux et paisibles crépuscules. C'est déjà ça. 

 

mardi 30 décembre 2025

I Don't Know What You See in Me

 En cette fin d'année, tout le monde déplore l'absence de Brigitte Bardot - parfois en la confondant avec quelqu'un d'autre: celle qui rêvait d'être danseuse, la poseuse des unes des magazines, la diseuse de Vérité, la femme créée par Dieu, l'avocate des bêtes - qu'elle fut, tantôt successivement tantôt simultanément mais jamais "seulement". 
Quand j'avais cinq ans, j'ai été follement amoureux d'elle: mes parents, qui m'avaient surpris en train d'embrasser passionnément un de ses portraits publié dans l'hebdomadaire Elle, en riaient encore des années après (je retins la leçon: quand quatre ans plus tard ce fut de Mehdi El Glaoui, alias Pascal, alias Sébastien, que je tombai follement amoureux, je fis en sorte de garder ça pour moi; on ne badine pas avec l'amour, tous les enfants le savent d'instinct, essayez de retenir ça, les adultes!). "I Don't Know What You See in Me" est le titre d'un single du groupe Belle and Sebastian, j'ai choisi ce titre parce que j'ai pensé qu'il collait mieux au sujet du billet qu'aucun des titres auxquels j'avais pensé d'abord (du style Initials B.B. ou Sur la plage abandonnée) qu'après réflexion j'ai jugés conventionnels, convenus; ça m'est venu (serendipity!) en cherchant sur internet des détails sur Belle et sur Sebastien. Tous, nous cherchons tout le temps quelque chose, et chaque fois nous trouvons autre chose, ce n'est sans doute pas B.B. qui aurait dit le contraire.

Au revoir, Madame, ce fut un plaisir.
1934-2025

jeudi 18 décembre 2025

Ça commence puis ça finit

  Cela commence ainsi.
Laura Barnett: Quoi qu'il arrive
 

Une fin pas réellement tragique, mais un peu triste quand même: celle de Ça a débuté comme ça...

 La partie était terminée.
Jean-Pierre de Lucovich: Occupe-toi d'Arletty 

... depuis le mois de Mars, le site n'est plus mis à jour.
Un site sur lequel découvrir des centaines d'incipits de livres de toutes sortes: de pulps comme de littérature blanche, de mémoires, de nouvelles, de biographies mais surtout de romans (des centaines je vous dis! je soupçonne que ce pourrait être un travail collectif).
Il n'y a pas qu'une façon d'écrire une première phrase: certains auteurs essaient, dès cette fameuse première phrase, de harponner le lecteur, d'autres affectent de s'en ficher royalement... les deux méthodes ont l'air de fonctionner.
Que penser d'un début comme:
 Aldo et Rosita Peyró – un couple mûr du quartier de Flores – adoptèrent un jour un singulier métier, qui éveilla la curiosité des rares personnes qui étaient au courant : ils livraient des pizzas à domicile, la nuit. (César Aira: Les nuits de Flores...? 
... il parle d'"éveiller la curiosité" avec une information apparemment banale? Ça doit cacher quelque chose, sûrement, se dit le lecteur à qui on ne la fait pas.
Et parfois c'est le contraire: on lit "Des rafales d’un vent glacial fouettaient l’abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse, faisant pénétrer entre ses murs une odeur de résine et de feuilles sèches", et la première impression est "Que de clichés!"... 
... puis on découvre que c'est l'incipit d'un livre intitulé "Le marchand de livres maudits" d'un certain Simoni (Marcello) et on se dit "Ah! Ah! Des livres maudits? J'achète!".
Très souvent ça a marché avec moi, je me suis demandé "Mais dans quoi veut-il nous embarquer?" en lisant un de ces incipits.

 Aux environs de cinq heures et demie, 
je fermai mon livre et commençai à 
chasser les clients du magasin.
Lawrence Block: La Spinoza Connection 

Habituellement quand je tire des rayons d'une librairie ou d'une bibliothèque un livre que je ne connais pas, je me garde bien de l'ouvrir à la première ou à la dernière page: savoir d'avance que ça commence mal, que ça finit bien (ou le contraire), ça spoilerait trop! Au lieu de ça j'entame le livre par le milieu, avec un paragraphe au hasard: ça me dit si le style va me plaire et si j'aimerais savoir ce qui vient après. Pas plus: je n'ai pas envie que le libraire me chasse!

 Si, à l’époque, j’avais su ces choses, 
est-ce que la situation serait différente 
aujourd’hui ?
Indigo Bloome: Le jeu des tentation
 

Vous avez, je suppose, entendu parler du test de la page 99, du prix de la page 111, ce genre de trucs... autant de méthodes pour se faire une idée des livres qu'on n'a pas lus (mais qu'on a peut-être envie de lire): à chacun ses préférences! 

 — Alors, qu’en dites-vous ?
Colin Dexter: Les silences du professeur  

Toutes les citations ci-dessus, faites dans un but informatif, appartiennent, évidemment, à leurs auteurs, etc etc... 

 

mercredi 17 décembre 2025

Politicons et le Petit Psikopat: in memoriam

 Nous devons maintenant faire face à une sévère pénurie de bons dessinateurs de presse, juste au moment où nous en aurions besoin. Il y a quinze jours, c'était Soulas, et maintenant c'est Edika - dix ans après Gudule. Désolé de ne poster en ce moment que des nouvelles tristes. Courage, Mélaka.

Soulas: 1932 - 2025
Édika:  1948 - 2025

 

mardi 16 décembre 2025

The End Continues

 Même si Rob Reiner n'avait réalisé que Spinal Tap, Stand by Me, The Princess Bride, Misery, nous nous souviendrions de lui comme d'un des géants du pays du cinéma, un géant très gentil et capable de nous emporter sur son dos en escaladant à la force des poignets les Falaises de la Folie. Il a réalisé d'autres films, voulu en réaliser d'autres et participé, à différents titres, à beaucoup d'autres encore. Mais il n'a pas pu faire tout ce qu'il voulait: certains de ses films n'ont pas rapporté  autant d'argent que les studios auxquels il était lié par contrat escomptaient et ça c'est très vilain (du point de vue des studios), certains de ses projets ont été si bien enterrés que vous ne vous en souvenez peut-être pas. Vous souvenez-vous de Flipped, par exemple? J'en garde un bon souvenir, ce n'était pas du même niveau que Stand by Me (pas aussi parfaitement rythmé, quelques longueurs) mais c'était pas mal quand même. Enfin, il a pu terminer une suite à Spinal Tap (Spinal Tap II: The End Continues), sorti il y a quelques semaines, j'espère qu'il a été content.
Ceux qui doivent être contents, ce sont les financiers du cinéma: une bonne grosse controverse bien baveuse, s'ajoutant à une tragédie, c'est toujours une excellent publicité pour les nouveautés.

Rob Reiner, 1947-2025 

samedi 13 décembre 2025

Élans perdus

Frank Pé (Broussaille!), Li-An et Yossarian lui ont rendu hommage, tous deux avec élan... ai-je besoin de vous dire que je l'aimais bien?

Et Tito Topin? Peu de gens en ont parlé, pourtant il nous a bien fait rire lui aussi avec ses dessins ... nous? c'est-à-dire, peut-être pas les gens de la même génération que Li-An et Yossarian? Dites-moi si vous vous souvenez de ses albums de BD: La Langouste ne passera pas, ou Voyage au centre de la C...ulture, ça me donnera une idée de votre âge.

Frank Pé, 1956 - 2025

Tito Topin - 2025

 

 

jeudi 30 octobre 2025

Octobre s'en va

 Octobre 2025 craint-il que le souvenir qu'il nous laissera souffre de la comparaison avec celui de ses prédécesseurs?
Il n'a pas voulu partir sans Jack DeJohnette. Le musicien avait des choses en commun avec Bernard Verlhac, parti il y a dix ans: lui  aussi, il tapait juste, fort quand il le fallait, avec précision, toujours (lui, c'était seulement sur sa batterie), et  il nous manquera.

Jack DeJohnette, né le 9 août 1942 à Chicago (Illinois) et mort le 26 octobre 2025 à Kingston (État de New York).

La veille, c'est Björn Andrésen qui est mort. Nous avions le même âge, mais il était plus beau (du moins, c'est ce que tout le mode disait, et ça l'embarrassait un peu: il ne fallait pas, Björn, c'est bien d'être beau).

 

mardi 14 octobre 2025

Annie Diane

 Diane Keaton était l'amie que tout le monde aurait voulu avoir.

5 janvier 1946 - 11 octobre 2025 

 

mardi 30 septembre 2025

Sinistre septembre

 Septembre est venu, et voilà qu'il s'en va.
Le 22 septembre est probablement la chanson la plus triste qu'ait écrite Brassens...  les autres années, je lui accorde une pensée, à ce jour, et cette année, comme Brassens, je m'en suis foutu. Et c'est triste de n'être pas plus triste le 22 septembre  que les autres jours.
Car chaque jour amène de nouvelles raisons d'être triste, ou mécontent, ou en colère, ou franchement furieux, ou tout cela à la fois.
C'est au point que je trouve du réconfort dans les nouvelles qui ne sont ni horribles, ni atroces, ni pré-apocalyptiques, mais seulement tristes, normalement tristes. 

John Coulthart nous a rappelé que le premier recueil d'illustrations de Roger Dean fut publié il y a juste cinquante ans (The book sold 60,000 copies in its initial run, and was reprinted twice the following year. This extraordinary success gave Dean and his associates at the newly-formed Dragon’s Dream the resources to publish a line of art books by other imaginative artists such as Chris Foss, Ian Miller and Syd Mead.). Je l'ai acheté dès sa sortie, ce qui vous donne un indice sur son pouvoir d'attractivité sur les jeunes lecteurs d'alors, car (moi-même jeune lecteur) je n'avais qu'un tout petit budget livres à l'époque. Depuis, Dean semble avoir traversé ce qu'on appelle pudiquement un passage à vide, et son activité s'est fortement ralentie. Santé, Roger!
J'aurais aimé que cet anniversaire me donne l'occasion de trinquer avec Chelsea Quinn Yarbro ou avec Jean-Pierre Bouyxou. Captain  Bouyxou publia des flopées de chroniques justement sur le genre de livres que produisait Dragon’s Dream, dans Vampirella, Sex Stars System, Zoom, Métal hurlant, L'Écho des savanes, Penthouse, Lui, Hara-Kiri, Paris Match, Miroir du fantastique, Ciné Revue, Continental Film Review, Actuel, Europe, Curiosa, Show Bzzz, Cinéfantastic, Yéti, La Revue du cinéma, Vertigo, Siné Hebdo, Fascination...  il est possible que ce soit une de ses notes dans un de ces magazines (sans que je n'en sache rien, car il signait de tout un tas de pseudos) qui ait attiré mon attention sur Roger Dean ou, un peu plus tard, sur Chelsea Quinn Yarbro. La bibliographie de Yarbro est assez fournie, et je m'avise que je n'ai lu d'elle que son Ariosto Furioso, qui m'a laissé un bon souvenir; et si je cherchais un autre de ses livres? Qu'elle ait eu l'idée de placer Lodovico Ariosto au cœur d'une uchronie incite à penser qu'elle gagnait à être connue. Oui, trinquer avec Chelsea Quinn Yarbro, ça aussi ç'aurait été une bonne idée. 

Mais ça n'arrivera pas: ils ont tous les deux disparu à quelques jours d'intervalle, en ce septembre cafardeux. 

Et, de même que les thrillers devront se passer de Terence Stamp, les westerns devront se passer de Graham Greene (pas celui-là, l'autre Graham Greene) et de Robert Redford; et Claudia Cardinale ne puisera plus d'eau pour les poseurs de rail assoiffés.


En octobre, préparons-nous à nous servir nous-mêmes à boire, et à trinquer avec d'autres absents.