Et si, afin de rendre plus supportables les absurdités qui nous entourent, nous faisions semblant de croire...
... que nous sommes dans un dessin de Glen Baxter?
Et si, afin de rendre plus supportables les absurdités qui nous entourent, nous faisions semblant de croire...
... que nous sommes dans un dessin de Glen Baxter?
Ma foi, Avril ne nous a pas fourni beaucoup d'occasion de faire des farces et, après, d'en rire à l'unisson; j'ai parfois eu l'impression que cet Avril-ci n'était qu'un mois de Mars indéfiniment prolongé.
Qui sait ce que nous réserve le gentil, le joli mois de Mai?
Peut-être des fleurs et des papillons partout?
Peut-être.
À la table d'un café, Chevillard continue à écrire.
J’écris, attablé à une terrasse où tous les autres clients tripotent leur portable, ayant alors le sentiment glaçant de faire pousser des salades dans un village d’anthropophages.
Les choses pourraient donc aller plus mal.
Je dois le reconnaître: j'ai trouvé le mois de Mars... décourageant, surtout vers la fin.
Quelle semaine ça a été, que cette semaine d'avant-élections!
Les néo-nazis ont tendu la main aux néo-pétainistes, qui l'ont serrée avec ferveur.
Ça nous promettait un printemps plein de réconciliations et de joyeux partages: qu'est-ce qui aurait pu tourner mal? Ça n'a pas tourné si bien que ça pour ces braves gens, il n'y a pas eu de raz-de-marée de néocons, et si vous êtes de ceux à qui la musique de Wagner donne envie d'envahir la Pologne, il vous faudra attendre encore un peu. Et mon découragement a persisté, avec les nouvelles de la dernière semaine: Valérie Perrine n'est plus parmi nous depuis le 23, j'espère qu'une soucoupe volante est venue de la planète Tralfamadore pour la récupérer à temps.
Petit sourire éphémère le jour de la mort de Jospin: j’aurais bien repris plusieurs fois des moules (merci Desproges pour la suggestion), s'il y avait eu des moules au menu (malheureusement y en avait pas; mais à la place j'ai repris de la tartiflette).
Le pire était encore à venir: Glen Baxter, le colonel Baxter, ne nous fera plus profiter de ses blurtings. "Mr. Baxter betrays all the ominous symptoms of genius", nous avait prévenu Edward Gorey; si les symptômes du génie peuvent être décrits comme omineux, c'est parce que la plupart des génies, juste avant d'être reconnus comme tels, sont devenus morts (Glen Baxter ayant peut-être été une de ces exceptions qui confirment la règle?).
Remuez-vous un peu, futurs parents de génies, sinon on va en manquer!
Rien ne s'est encore produit en Avril qui me redonne courage, mais il faut bien que la vie continue.
Valerie Perrine 1943 – 2026
Glen Baxter 1944 – 2026
Cette année, elle en aurait cent (bientôt: c'est en juin qu'on célèbrera son anniversaire, mais on parle déjà beaucoup d'elle, on annonce des hommages, des rétrospectives...).
Marilyn aurait cinquante ans c'est ce que l'on entendait à la radio il y a cinquante ans.
La chanson de Christophe exprimait un malaise au contour difficile à cerner: Marilyn ne devait-elle pas être immortelle? Et James Dean, alors? Le chanteur continuait sur le même ton "James Dean n'est plus un Géant".
Dans cinquante ans quelqu'un chantera-t-il "Chuck Norris aurait 136 ans"?
Quant à James Ellroy, il a eu 78 ans le 4 mars, sans que ça fasse de vagues.
Marilyn Monroe
1er juin 1926-4 août 1962
Chuck Norris
10 mars 1940-19 mars 2036
Est-ce que je vous en parle assez régulièrement, de Florence Magnin? Il me semble que la dernière fois, c'était loin... Réapitulons: vous aviez découvert il y a deux ans, caché sous les basses branches du sapin qui a poussé en une nuit dans le salon, le coffret (de la taille d'un gros bouquin: sur une étagère, il peut vous servir de serre-livres) contenant le Tarot de la Marelle, et son compagnon le Tarot du Labyrinthe! Vous y avez trouvé un tirage de l'illustration "La clairière", justement une de vos préférées... vous pouvez y faire les pauses rêverie dont vous avez besoin en ces années pas terribles...
... peut-être avez-vous eu envie de vous procurer une des reproductions grand format des peintures de Florence Magnin disponibles chez l'éditeur, Nestiveqnen? Ou l'artbook de l'illustratrice? Félicitations!
Mais il y a mieux: cette année pourrait être, encore plus que les précédentes, une Année Florence Magnin! Vous êtes déjà au courant, pour la couverture du numéro de Bifrost "spécial Jo Walton" (puisque vous êtes fans de Jo Walton); la souscription lancée l'année dernière, vous l'avez suivie? Elle offrait toutes sortes de bonus intéressants. Bientôt, vous aurez donc le tome 1 de son Alice, et dans le courant de l'année arrivera le tome 2...
Et pour les fêtes de fin d'année? patience, Florence a encore des cartes (plus précisément des Atouts) dans ses manches...
António Lobo Antunes est entré dans une nuit obscure.
Il nous laissait sans regret, en partant, des romans très tristes, des poèmes moins tristes mais il n'avait pas abandonné l'espoir que peut-être, un jour (ou une nuit, peu importe), quelqu'un lui expliquerait les oiseaux.
António Lobo Antunes
1942-2026
Et voilà le mois de Mars de retour! Même que c'est le premier aujourd'hui.
Autrefois (il y a longtemps) c'était le premier jour de l'année; vous le saviez, n'est-ce pas?
Ça incite les gens un peu dépassés par les événements (comme moi) à se demander si par hasard ils n'auraient pas oublié de souhaiter une bonne année à tous les gens à qui ils auraient dû: vous peut-être? ou alors vous? Si jamais c'était le cas bonne année, et sinon bonne année aussi; abondance de vœux ne nuit pas!
Le proverbe du jour: quand on est à Rome on fait comme les romains.
Le ciel est gris, mais quelques bonnes nouvelles sont parvenues à se glisser entre les nuages.
Aux Amériques, le président en exercice a déclaré: "Compte tenu du grand intérêt suscité, je vais demander au ministre de la Guerre et aux autres ministères et agences concernés d'entamer le processus d'identification et de publication des dossiers gouvernementaux relatifs à la Vie Extraterrestre, aux Phénomènes Aériens Non Identifiés et aux Objets Volants Non Identifiés".
Cependant, les enquêtes sur les Objets Violents Identifiés piétinent toujours.
En France, une élue nommée Martine Vassal présente des excuses à qui veut les entendre, ses intentions étaient pures mais sa langue a fourché: ce n'est pas Travail, Famille, Patrie qu'elle voulait dire, c'est Patrie, Famille, Travail, ce qui n'est pas du tout la même chose.
À part ça, l"actualité n'est pas spécialement folichonne.
Les personnalités les plus représentatives de nos élites intellectuelles (jurés des prix littéraires, concepteurs de systèmes informatiques sophistiqués, candidats aux plus hautes fonctions), alarmés par l'état du monde, déploient, en ce moment même, des efforts considérables (chacun dans sa spécialité) pour l'améliorer; Éric Chevillard (éminent spécialiste en questions générales) ne pouvait manquer de leur apporter sa contribution:
Il semblerait que le monde soit gouverné par un tyran insane et ivrogne. La planète agonise sous sa coupe, des conflits armés l’ensanglantent, une dernière vague enfle qui va l’engloutir avant de s’évaporer, tandis que nous déléguons notre intelligence à des robots afin de n’avoir plus à nous soucier que d’être bêtes.
Mais, de son côté, la littérature s’est assagie. Elle milite pour les justes causes, elle se défie des excès, elle sacrifie la fable à sa moralité, elle rachète nos péchés, mieux disposée envers le lecteur que la charogne envers le vautour, elle restaure les liens familiaux, elle se veut empathique, thérapeutique.
Heu… ne devrait-ce pas être le contraire? Ne conviendrait-il pas plutôt de gouverner le monde avec sagesse, mesure et équité, et, pour la littérature, de ne rien s’interdire, nulle outrance de l’imagination, la cocasserie, la fantaisie, la noirceur, toutes les folies ? Remettons donc les choses à leur place: laissons écrire Trump, Poutine et King-Jong-un, et confions aux écrivains l’administration bien comprise de ce monde.
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