mercredi 21 février 2024

Un moment d'émotion pour Nimona

 Certains des visiteurs parmi les plus fidèles de ce blog ont fait savoir à leur ami Tororo qu'ils s'inquiétaient pour sa santé (celle du blog); pourquoi ce long silence en un début d'année riche en événements? Rassurons-les: Tororo est, simplement, très pris par ses activités en dehors d'internet, et, que voulez-vous, tororoshiru.com ne s'écrit pas tout seul (une version assistée par une intelligence artificielle est actuellement en développement dans nos bureaux d'étude).


Cependant, une actualité particulièrement brûlante force l'humain derrière la machine à retourner à son clavier: si vous faites partie de ceux de mes lecteurs qui, convaincus par tout le bien que j'ai dit par le passé de la série Nimona, se désolaient de ne pouvoir, faute d'argent, accéder à son adaptation animée disponible jusqu'ici seulement sur Netflix (c'est que ça coûte des sous, ce machin), vous serez heureux d'apprendre que ledit Netflix vient de la mettre gratis pro deo* à la disposition du public, sur Youtube, dans une définition confortable et sans coupure de pub! Saluons cette initiative, peut-être pas complètement désintéressée (le film  a été sélectionné dans plusieurs compétitions, et ils ont pu penser que créer autour de lui un peu de buzz, ou de hype -
au fait, c'est quoi qui est mieux, le buzz ou la hype? vous le savez, vous? - ne pouvait pas lui faire de mal). En tous cas je suis content pour Indy Stevenson et tous les gens qui se sont décarcassés pendant sept ans pour que ce film existe.
Profitez-en, tant que ça dure!

 

 * "Rien n'est gratuit en ce monde, sauf la grâce de Dieu."
Charles Portis: True Grit

 

 

mercredi 10 janvier 2024

M'enfin

 Ils se sont tous (Alias, Imaginos...) creusé la tête pour trouver comment parler du "nouvel album de Gaston" sans hausser le ton.   Li-An a eu un peu de mal à garder son sang-froid ("Franchement, je me demande quel serait le sort le plus adéquat pour l’éditeur et l’auteur du nouveau Gaston : la pendaison ou le goudron et les plumes?").  J'ai moi aussi tourné ma plume un certain nombre de fois dans mon encrier (mon stock de goudron est au plus bas, mais de l'encre, ça peut peut-être faire l'affaire?).

J'ai retenu de l'affaire deux enseignements:

- Essayez de dessiner comme Franquin, essayez encore, autant que vous voudrez, ça ne peut pas vous faire de mal;

- N'essayez pas de vous faire passer pour Franquin, ça ne peut pas vous faire  de bien.

 


 Crédit de l'image: pas Franquin.

mardi 2 janvier 2024

Phrase bis

Il est encore un peu tôt pour dire si ce sera la phrase de l'année 2024, mais je crois que nous tenons déjà la phrase de Janvier: ce commentaire laissé par Phersu sur le billet précédent:

Puisse Janus ouvrir les deux portes des bons souvenirs et des belles espérances.
Bonne année!

Merci Phersu*, tous mes vœux à vous ainsi qu'à votre ami Janus, et à vous tous qui passez par ici! 

*Voyez comme la carte de vœux offerte par Phersu à ses amis est jolie et adaptée au temps présent!

dimanche 31 décembre 2023

La phrase de l'année

 La phrase de l'année est de Woody Allen:

Quiconque ayant déjà jeté une allumette enflammée dans la citerne d’un dépôt de munitions sera d’accord avec moi pour dire que le geste le plus infime peut déclencher une gigantesque quantité de décibels.  

Woody Allen: Ça tourne à Manhattan,
dans Zéro gravité.
 

Bon, je vous laisse, les réjouissances commencent: on tire des pétards dans la rue. Bon réveillon!

 

Zéro gravité est un recueil de nouvelles
de Woody Allen, traduit de l’anglais
(des États-Unis, et plus précisément de New-York)
par Nicolas Richard.  
Stock,  La Cosmopolite, 2023

mercredi 27 décembre 2023

Égayons-nous en fantaisie et en songe

Quoi que vous fassiez en ce moment (grapiller les restes d'un réveillon? en préparer un autre?) je vous souhaite de le faire joyeusement. Je viens de croiser un voisin qui m'a confié sa tristesse de voir chaque année diminuer le nombre d'amis et de parents avec qui il partage le temps des fêtes. 

Montaigne a-t-il un avis à nous donner?

Je merquois autresfois les jours poisans et tenebreux comme extraordinaires: ceux-là sont tantost les miens ordinaires; les extraordinaires sont les beaux et serains. Je m’en vay au train de tressaillir comme d’une nouvelle faveur quand aucune chose ne me deust. Que je me chatouille, je ne puis tantost plus arracher un pauvre rire de ce meschant corps. Je ne m’esgaye qu’en fantasie et en songe, pour destourner par ruse le chagrin de la vieillesse.

Montaigne: Essais, Livre III, Chapitre 5
(Sur des vers de Virgile)

mardi 19 décembre 2023

Des boites en carton au feu des enchères

 Dans leurs boites en carton dorment les petits santons...
Début décembre, une nouvelle au parfum doux-amer: la collection personnelle de Marcel Carbonel, qui était considéré, à sa mort en 2003, comme le doyen des santoniers marseillais, a été mise aux enchères le 30 novembre. La vente a attiré beaucoup de monde: certains santons étaient rares, d'autres étaient des pièces uniques.
Certains lots sont partis à plus de 2500 euros, nous a appris le compte-rendu: cette vente a donc fait quelques heureux. Moi ça m'a rendu un peu mélancolique, je regrette que ces santons n'aient pas rejoint le Musée des Santons: les héritiers avaient sans doute leurs raisons.
Et vous, si vous voulez des santons Carbonel, il y a toujours la foire aux santons: c'est le moment d'y aller et, si ce n'est déjà fait, de commencer votre collection!

vendredi 15 décembre 2023

Hyper bien

 

 
Je viens de réaliser que je n'étais pas tout seul à rêver, de temps en temps, que je lisais des bandes dessinées: Boulet aussi!
Et je suis en mesure de confirmer ce qu'a constaté Boulet: les bandes dessinées qu'on voit en rêve, c'est super bien dessiné.
 
Le dessin? © Boulet Corp, bien sûr.

mercredi 13 décembre 2023

Combat de titans

Boulet mène une lutte de tous les instants contre son cerveau, qui, au grand dam de l'illustre auteur de BD, aimerait bien faire tout ce qui lui passe par la tête sans demander l'avis de son propriétaire. 

Qui va l'emporter? Les deux camps sont d'une force presque égale. Découvrez la chronique de ce combat de titans, dans Rogatons (tomes 1 et 2).


Édité par Exemplaire, une maison d'édition alternative qui laisse les auteur(ice)s  faire tout ce qui leur passe par la tête, sauf qu'en contrepartie ils doivent faire eux-même leur pub (avec, à l'occasion, un petit coup de pouce de leurs copains). 


lundi 11 décembre 2023

Encore un mort innocent?

"Il ne faut pas souhaiter la mort des gens: ce n'est jamais assez méchant", nous rappelait fort utilement Dominique A, chanteur adepte du wu wei, il y a déjà des années de cela. Utile, indispensable même, ce rappel,  tant parfois la tentation est grande. Pour raffermir nos convictions, essayons de nous dire que les dernières des trop longues années d'Henry Kissinger ont peut-être été les pires de sa vie, qu'il lui arrivait (qui peut le dire?) de se réveiller, dans un lit souillé, d'un cauchemar de poursuites judiciaires.

Henry Kissinger est-il mort innocent? Pour la presse, il semble qu'il soit mort à peu près aussi innocent (peut-être même plus, puisque son procès n'a même pas été ouvert) que Bernard Tapie, pour les mêmes raisons.
Je lis cependant dans Le Monde Diplomatique:

Dans son dernier ouvrage (Henry Kissinger, Does America Need a Foreign Policy? Toward a Diplomacy for the 21st Century, Simon & Schuster, New York, 2001, 352 pages, 30 dollars US.), destiné à servir de bréviaire aux diplomates du XXIe siècle, M. Henry Kissinger se départit de son ton docte et froid aussitôt qu’il évoque l’intrusion récente du principe de la «juridiction universelle» dans les relations internationales. L’ancien secrétaire d’Etat américain ne décolère pas lorsqu’il parle de l’arrestation à Londres, en 1998, de son protégé, le général chilien Augusto Pinochet, sur ordre d’un juge d’Espagne. Il affirme que le discours sur les droits de la personne (dont il revendique par ailleurs la paternité) devait «servir avant tout d’arme diplomatique fournie aux citoyens des pays communistes pour leur permettre de combattre le régime soviétique, et non d’arme légale pouvant être utilisée contre des dirigeants politiques devant des tribunaux de pays tiers». Un paragraphe plus loin, il affirme cependant qu’il est aujourd’hui impératif d’interdire que «les principes du droit soient utilisés à des fins politiques».
Si l’analyse est embrouillée, sinon contradictoire, c’est sans doute en raison du trouble que ressent M. Kissinger depuis l’affaire Pinochet. En effet, de passage à Paris le 28 mai 2001, l’ancien secrétaire d’Etat reçut la visite de la brigade criminelle, qui venait lui remettre une convocation du juge Roger Le Loire. Invité à comparaître au palais de justice comme témoin dans l’affaire de la disparition de cinq Français au Chili, M. Kissinger, impliqué directement ou indirectement dans la création du plan «Condor» — réseau de chasse aux opposants dans six dictatures militaires d’Amérique latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine, alors gouvernés par des dictatures militaires) -, réserva sa réponse. Le lendemain, il quitta précipitamment la France.

L'auteur de cet article datant de 2001 et repris récemment dans l'édition en ligne du journal, Ibrahim Warde, note également:

Le journaliste britannique Christopher Hitchens a effectué l’inventaire des agissements du «magicien de la diplomatie» qui pourraient, à l’aune de la nouvelle jurisprudence internationale, constituer des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou d’autres délits justiciables (Christopher Hitchens, Les Crimes de monsieur Kissinger, Editions Saint-Simon, Paris, 2001, 206 pages, 99 F.). Ses révélations, fondées pour l’essentiel sur des documents officiels américains récemment «déclassifiés», contredisent les versions présentées par l’intéressé dans trois volumes de Mémoires aussi massifs que tendancieux.


"Il ne faut pas souhaiter la mort des gens:
ça les fait vivre plus longtemps
".
Merci Dominique A.

 

samedi 9 décembre 2023

L'éternel retour

 Les dessins de Glen Baxter n'ont pas d'âge.
Qui pourrait croire que cette page a plus de vingt ans?

 

© Glen Baxter 1997