vendredi 26 novembre 2021

Non, c'est vrai?

 Hum-hum.


Encore?  Pourquoi donc ai-je l'impression d'avoir déjà ressenti cette sensation de... comment dire? de mauvais positionnement dans le temps?


samedi 20 novembre 2021

It's a wonderful world

 

Je pince entre les pouces et les index des deux mains la tranche de jambon, et je l'élève dans la lumière. Je contemple avec ravissement le chatoiement des reflets - comme d'une couche de vernis - qui la parcourent. Oui, je sais, c'est un rêve, mon rêve, et a priori il ne tiendrait qu'à moi, dans ce plus privé des cosmos privés, de décrocher un odorant jambon fumé des poutres d'une taverne, de m'en tailler une bonne tranche avec mon coutelas et de la dévorer à belles dents. Mais non, dans ce rêve-ci je me satisfais de m'émerveiller des modestes qualités esthétiques d'une tranche de jambon industriel sortie, ruisselant d'humidité, d'un film plastique.


Puis je me lève et, avant d'aller noter ce rêve (pendant qu'il est encore tout frais et brille de reflets de vernis), je tourne le bouton de la radio; il en sort la voix d'Armstrong "… and I speak to myself: it's a wonderful world".

 

Le rêve n'ouvre plus sur des lointains d'azur. Il est devenu gris. La couche de poussière grise sur les choses en est la meilleure part. Les rêves sont à présent des chemins de traverse menant au banal. La technique confisque définitivement l'image extérieure des choses, comme des billets de banque qui vont être retirés de la circulation. Dans le rêve, la main s'en saisit une dernière fois, elle prend congé des objets en suivant leurs contours familiers. Elle les saisit par l'endroit le plus usé. Ce n'est pas tou­jours la manière la plus convenable : les doigts des enfants n'entourent pas le verre, ils plongent dedans. Par quel côté la chose s'offre-t-elle aux rêves ? Quel est cet endroit le plus usé ? C'est le côté qui a pris la patine de l'habitude et qui est garni de sentences commodes.

Walter Benjamin, Œuvres II,
Gallimard, Folio, 2003

ISBN : 9782070426942


Il m'arrive en effet d'en faire, de ces rêves dont "la couche de poussière grise sur les choses est la meilleure part". Je n'en tire pas la conclusion pessimiste de Walter Benjamin, que "la technique confisque définitivement l'image extérieure des choses". Il me semble au contraire que la particularité de ces rêves est qu'ils me gratifient - le temps d'un sommeil paradoxal - d'une capacité d'émerveillement supérieure à celle dont je jouis pendant la journée (une sorte de "remise à neuf" de cette utile capacité à laquelle c'est notre rugueuse existence diurne qui inflige une usure), et je leur en suis reconnaissant, au point de m'éveiller content de n'avoir gardé d'un rêve que le souvenir de quelques grains de poussière dans un rayon de soleil.


jeudi 18 novembre 2021

Et on joue à la Marelle, et hop, et hop

 

Il y a eu, jusqu'à aujourd'hui, un léger flou autour du projet "Tarot de la Marelle", la réédition, pas-tout-à-fait-à-l'identique-mais-presque (pour des questions de droits), de ces fascinants Atouts* dont, nous a appris Roger Zelazny, princes et princesses d'Ambre* ne se séparent jamais, et auxquels Florence Magnin, après avoir illustré les couvertures de la série de romans pour Denoël, avait ouvert un portail* vers l'Ombre* que nous habitons: une réédition que vous attendiez tous depuis des années, n'est-ce pas, amis?; au vu des informations pas toujours concordantes  postées ici et là, il était permis de se demander: la souscription serait-elle lancée le 10 novembre, ou plus tard? Sur Kickstarter, ou sur Ulule?

Voici, heureusement, qui va éclairer votre lanterne: 

Retrouvez toutes les informations ici!

*Je vous renvoie aux romans de Zelazny pour les détails.

mardi 16 novembre 2021

Il s'appelle James, je crois, ou alors Sean

 Cette nuit, c'est James Bond que je rencontre (à moins que je ne regarde un film: ça m'arrive souvent en rêve). Le vrai James Bond, la preuve: c'est à Sean Connery qu'il ressemble le plus (désolé, Daniel Craig: c'était bien essayé). Détendu, bronzé, sous le soleil de quelque Riviéra, il vient sans doute d'effectuer quelques acrobaties dans son Aston-Martin car il en laisse refroidir le moteur sur le bord de la route.
Et c'est dans une discussion très sérieuse et animée à propos du bon usage des gadgets de ladite Aston-Martin qu'il est plongé, avec la James Bond girl qui l'accompagne: elle semble trouver qu'il en a fait un usage un peu inconsidéré. En effet, les cascades précédentes ont laissé quelques traces sur leurs tenues à tous les deux: smoking blanc pour lui, robe de soirée en lamé pour elle, sont un peu froissés et défraîchis, et surtout, trempés (peut-être a-t-il testé la fonction "sous-marin" de la James Bond car en oubliant de fermer le toit ouvrant?). Mais rassurez-vous, même fripés, ils restent tous les deux très sexy.
 


mardi 9 novembre 2021

Et si c'était demain?

 Vous en avez vu assez à présent, lecteurs éclairés, pour reconnaître la touche inimitable d'une de nos illustratrices préférées
(n'est-ce pas?)…
Mais que nous montre, au juste, cette fenêtre sur un autre monde?
Ouvre-t-elle sur un univers impossible?
Ou sur celui que nous n'avons jamais quitté?


Sur le passé?
Sur le futur?
Et si c'était…  
… sur demain?

À suivre...

samedi 6 novembre 2021

En éclaireuse

 ... Mais oui, ce n'est pas simplement un feu follet parmi d'autres, c'est une lanterne portée par une énigmatique figure féminine...


 ... de quel futur vient-elle en éclaireuse?

De quels arcanes est-elle la messagère?

Le saurons-nous bientôt?

 

À suivre...


mardi 2 novembre 2021

Sombre...

 On nous avait prévenus: la nuit allait tomber une heure plus tôt.
Ouille!
Ça n'a pas raté: l'hiver a rajouté une couche, en étendant sur les journées d'hier et d'avant-hier nuages noirs et pluie persistante.
Depuis le changement d'heure, je ne suis pas sûr que le jour se soit encore levé.
Mais… que vois-je, là, tout au bout de l'obscurité?


 Serait-ce une lumière?
 
À suivre…

samedi 30 octobre 2021

Écrire un nom

 

J'ai appris aujourd'hui la naissance (il y a deux jours) d'un petit garçon que ses parents ont prénommé Liberté. J'ai aussitôt pensé à ce personnage du roman de Primo Levi, La clé à molette (La chiave a stella), que son père avait voulu déclarer à l'état-civil sous le prénom de Libertario: refusé. Par dépit, le père avait alors proposé Libertino: accepté.  Ce que raconte La chiave a stella, ce sont donc les souvenirs de Libertino Faussone (vous les avez lus, j'espère?).
Apparemment, le prénom Liberté n'a pas posé de problème au fonctionnaire de l'état-civil français: il y aurait donc ici et là des choses qui changent pour le mieux? Même si, comme nous l'a rappelé kwarkito, hier 29 octobre c'était l'anniversaire de la mort de Brassens, je suis content de pouvoir garder, de la fin de cet octobre-ci, le souvenir de la naissance d'un beau bébé (qui sait? peut-être qu'un livre racontera un jour ses aventures?), ça change de la monotonie de toutes ces journées où on a appris la mort de quelqu'un.

 

 

mardi 26 octobre 2021

On le reconnait bien là

 J’ai bien cru que mon miroir s’était brisé en mille morceaux. Mais je fus rassuré en passant la main sur sa surface lisse, intacte. C’est moi qui n’allais pas très fort.

Éric Chevillard


 Rassurons  Éric: il nous est arrivé à tous (surtout ces derniers temps) d'avoir la même impression, et dans tous les cas l'explication est la même: c'est le miroir qui débloque.