lundi 16 février 2026

Modeste proposition

  Les personnalités les plus représentatives de nos élites intellectuelles (jurés des prix littéraires, concepteurs de systèmes informatiques sophistiqués, candidats aux plus hautes fonctions), alarmés par l'état du monde, déploient, en ce moment même, des efforts considérables (chacun dans sa spécialité) pour l'améliorer; Éric Chevillard (éminent spécialiste en questions générales) ne pouvait manquer de leur apporter sa contribution:

Il semblerait que le monde soit gouverné par un tyran insane et ivrogne. La planète agonise sous sa coupe, des conflits armés l’ensanglantent, une dernière vague enfle qui va l’engloutir avant de s’évaporer, tandis que nous déléguons notre intelligence à des robots afin de n’avoir plus à nous soucier que d’être bêtes.

Mais, de son côté, la littérature s’est assagie. Elle milite pour les justes causes, elle se défie des excès, elle sacrifie la fable à sa moralité, elle rachète nos péchés, mieux disposée envers le lecteur que la charogne envers le vautour, elle restaure les liens familiaux, elle se veut empathique, thérapeutique.

Heu… ne devrait-ce pas être le contraire? Ne conviendrait-il pas plutôt de gouverner le monde avec sagesse, mesure et équité, et, pour la littérature, de ne rien s’interdire, nulle outrance de l’imagination, la cocasserie, la fantaisie, la noirceur, toutes les folies ? Remettons donc les choses à leur place: laissons écrire Trump, Poutine et King-Jong-un, et confions aux écrivains l’administration bien comprise de ce monde.

L'autofictif 

samedi 14 février 2026

Nuage parmi les nuages

Bud Cort s'en est allé le 11 février. En sortant de la projection d'Harold et Maude, nous avions tous envie de lui souhaiter, comme  Ruth Gordon venait de le faire,  une belle vie; et en sortant de celle de Brewster McCloud, de ne pas s'écraser. Mais les vœux, ça ne marche pas toujours. 
Que votre vie, à vous, soit longue et prospère  (on ne sait jamais,  des fois ça peut marcher). 

Bud Cort
1948-2926 

dimanche 8 février 2026

Street art

 De temps en temps kwarkito, en se promenant dans sa ville, remarque des "papiers collés" sur les murs; certains, en particulier, illustrent des locutions proverbiales, il les a trouvés inspirés (et inspirants), aussi il en a posté des photos sur son blog.
 Moi aussi, dans mon quartier, il m'arrive d'en croiser, de ces "papiers collés" (moins souvent que kwarkito, et pas du même style, mais de temps en temps, ça arrive).
En voici un qui m'a bien plu, qu'en pensez-vous?


 Vous vous demandez qui est @NAYOOKAA?
Cherchez sur Instagram!

mardi 3 février 2026

Recadrage

 Juste un petit rappel: il se passe des choses dans le monde.
Il s'en passe peut-être davantage ailleurs; mais ce n'est pas comme si chez nous en France, il ne se passait pas aussi des choses: il s'en passe, je vous assure!
Par exemple, dans six semaines on va avoir des élections municipales tout partout!
Nous allons pouvoir remplacer nos excellents élus locaux par des élus locaux encore meilleurs, une occasion à ne pas rater! OK, la décision ne sera pas toujours facile: vu l'état de notre personnel politique, dans bien des cas il faudra faire un choix entre, d'un côté, une galerie de bras cassés tout ramollis, et de l'autre, une rangée de bras raide-coincés à 45° au-dessus de l'horizontale; la différence, je suppose que vous la voyez, mais vous avez une préférence?
Peut-être pouvons-nous tirer des leçons de ce qui se passe dans les autres pays.


Cette image (non signée) nous vient du Minnesota où, justement, il se passe des choses. Nous devons cette image à la courtoisie de Fresca, qui habite Minneapolis. Elle raconte sur son blog ce qui se passe dans cette ville, juste à côté de chez elle. 
Fresca précise qu'elle a recadré l'image avant de la poster; c'était, je pense, une bonne idée de concentrer l'attention sur ces deux portraits. Notre mémoire est si fugace.

Image: copyleft? 


lundi 26 janvier 2026

Fragments et fantômes

Je dois des excuses aux habitués de ce blog: en ce début d'année j'ai été un peu moins occupé que l'an dernier, mais encore pas mal occupé, et ça m'a tenu un peu loin d'internet.
Vous ai-je manqué? Pas trop, j'espère: vous n'avez pas eu besoin de moi pour célébrer le cent-vingtième anniversaire de Robert Erwin Howard en vidant en son honneur force cornes d'hydromel, par Crom! Et pour prendre note que le trentième anniversaire des éditions du Bélial, ce sera toute l'année. L'exposition Art Spiegelmann et Joe Sacco à la galerie Martel Paris, celle qui s'appelait NEVER AGAIN!.. AND AGAIN... AND AGAIN... a été prolongée; avez-vous pu en profiter? une autre expo a pris la suite; celle-ci s'appelle Fragments d'expositions, car elle contient un peu de tout: de l'Éric Lambé, du Lorenzo Mattotti, du Stefano Ricci et du Brecht Vandenbroucke. Et en février, vous pourrez retrouver Valentina à Martel Bruxelles (si vous êtes à Bruxelles). Et l'exposition Les mondes de Colette à la BNF, entre septembre et janvier, vous avez sûrement trouvé moyen de vous y faufiler!
Mais à présent, vous ne pouvez pas rater sur le site de Stéphane du Mesnildot une exposition encore plus spéciale: une exposition fantôme! une exposition qui n'a jamais eu lieu, mais dont le blog Jours étranges à Tokyo conserve les traces. Ça, il était important que je vous le signale, pour auriez pu passer à côté.
Voilà comment cette exposition est devenue fantôme:

Avant de passer à 2026, il est temps de régler son compte à cette année maudite. 
Jadis les choses se dégradaient plus au moins lentement ; maintenant, avec l’effrayante rapidité de notre époque, elles disparaissent purement et simplement. J’en ai fait l’expérience avec une expo sur laquelle je travaillais depuis plus de deux ans et qui, en juillet, trois mois avant son ouverture a été annulée par son commanditaire, la structure en charge du Grand Palais Immersif. 

à Tokyo,  

on trouve des distributeurs automatiques de fantômes!


Et il ajoute un appendice sur son quartier préféré, Golden gai:

Après les tournages, bien sûr les fantômes, démaquillés, se retrouvaient  dans  les  restos  et  les. petits  bars  de Golden gai.

Au bistro Utamaro, à Golden gai

Images: Rina Yoshioka et Stéphane du Mesnildot 


vendredi 16 janvier 2026

I'm having a moment here. Don't spoil the mood.

Vous le savez sûrement déjà, lecteurs curieux de tout, mais je vous le rappelle à tout hasard: la diffusion de la deuxième saison de Frieren (l'anime) va commencer! 

Et puisque c'est la saison des vœux, c'est le moment d'en faire pour Kanehito Yamada et Tsukasa Abe, scénariste et dessinatrice du manga dont la série est l'adaptation, que des problèmes de santé ont forcé à mettre leur travail en pause, ce qui fait que le futur des deux séries, la dessinée et l'animée, est pour le moment plein d'incertitudes...

Le voyage vers Ende n'est pas terminé!

Image © Toho productions

 

 

mercredi 7 janvier 2026

Le noir est blanc

Le 7 janvier... il me semble me souvenir que c'est, ou que ça a été, une date importante, mais laquelle? Une sorte d'anniversaire, peut-être?
Ah, oui, ça me revient (merci la radio): c'est le début des soldes d'hiver! la saison des bonnes affaires!


Adieu, Béla Tarr. La "saison du blanc", comme on l'appelait autrefois, ça ne vous intéressait pas spécialement, sans doute? Le noir, c'était votre fort, n'est-ce pas?

Béla Tarr: 1954-2026
La saison du noir: 2015-2026 

 

vendredi 2 janvier 2026

Ce serait déjà ça

Je vous souhaite à tous la meilleure année possible. Ce n'est pas un vœu trop déraisonnable, non? Il suffirait, pour qu'il se réalise, que rien n'aille trop mal? 
D'ailleurs, les autres blogueurs sont aussi prudents; leurs bilans comme leurs vœux sont modérés.
Les Chats voient des raisons d'espérer dans l'accélération de l'expansion de l'univers! La sortie serait-elle au fond de l'espace?
Tonton Alias ne se plaint de rien: il n'est même pas mort!
Et kwarkito ajoute:
j'aurai  connu de beaux et paisibles crépuscules. C'est déjà ça. 

 

mardi 30 décembre 2025

I Don't Know What You See in Me

 En cette fin d'année, tout le monde déplore l'absence de Brigitte Bardot - parfois en la confondant avec quelqu'un d'autre: celle qui rêvait d'être danseuse, la poseuse des unes des magazines, la diseuse de Vérité, la femme créée par Dieu, l'avocate des bêtes - qu'elle fut, tantôt successivement tantôt simultanément mais jamais "seulement". 
Quand j'avais cinq ans, j'ai été follement amoureux d'elle: mes parents, qui m'avaient surpris en train d'embrasser passionnément un de ses portraits publié dans l'hebdomadaire Elle, en riaient encore des années après (je retins la leçon: quand quatre ans plus tard ce fut de Mehdi El Glaoui, alias Pascal, alias Sébastien, que je tombai follement amoureux, je fis en sorte de garder ça pour moi; on ne badine pas avec l'amour, tous les enfants le savent d'instinct, essayez de retenir ça, les adultes!). "I Don't Know What You See in Me" est le titre d'un single du groupe Belle and Sebastian, j'ai choisi ce titre parce que j'ai pensé qu'il collait mieux au sujet du billet qu'aucun des titres auxquels j'avais pensé d'abord (du style Initials B.B. ou Sur la plage abandonnée) qu'après réflexion j'ai jugés conventionnels, convenus; ça m'est venu (serendipity!) en cherchant sur internet des détails sur Belle et sur Sebastien. Tous, nous cherchons tout le temps quelque chose, et chaque fois nous trouvons autre chose, ce n'est sans doute pas B.B. qui aurait dit le contraire.

Au revoir, Madame, ce fut un plaisir.
1934-2025

dimanche 28 décembre 2025

L'échelle flottante des songes

 Cette nuit, j'ai une petite sœur (ce n'est pas la première fois que ça m'arrive); moi, je dois être adolescent (ça aussi, ça m'arrive parfois), à juger par notre différence de taille.
Je rêve qu'avec ma sœur, nous rangeons des cartons, pleins d'outils et d'accessoires divers, sur des étagères. Certaines sont très hautes; à tour de rôle nous montons sur une échelle.
"On va ranger les pinceaux ici, et..."
Mais à peine ai-je commencé qu'elle finit ma phrase: "et l'échelle, on l'accrochera au plafond !"
Et nous rions tous les deux. C'est bien, d'être frère et sœur.