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dimanche 1 juin 2014

On aperçoit le bout du chemin


Chères lectrices et chers lecteurs, certains parmi vous, de ceux qui me sont le plus chers (je pense à vous, très chère Algésiras), n’ont cessé de se demander, depuis l’année dernière, quand L’Océan au bout du chemin, la traduction française de The Ocean at the End of the Lane, de Neil Gaiman, pourrait enfin rejoindre leurs étagères… 
J’ai pour eux (pour vous tous) une bonne et une mauvaise nouvelle: la bonne c’est que  selon les meilleures sources (la source étant le traducteur en personne, Patrick Marcel*) ce sont les éditions Au Diable Vauvert qui la publieront en septem... ah, non, la dernière fois que j'avais regardé c'était septembre, mais depuis la page a été mise à jour et maintenant c'est pour octobre que le livre est annoncé
La mauvaise nouvelle c’est donc que cet été encore vous ne pourrez pas le glisser dans votre sac de plage. 
Mais d’un autre côté, s’il sort en octobre, vous aurez juste le temps qu'il faut pour lui préparer une place douillette au pied de l’arbre de Noël, non? 
Alors si on compte bien, ça ne fait pas une bonne et une mauvaise nouvelle, je me suis trompé, ça fait deux bonnes nouvelles. 
L’été commence bien!


Pendant ce temps, dans le métro de Londres...

*Patrick Marcel, ayant pris la suite de Jean Sola depuis le tome 13, est aussi le second traducteur à s'être attaqué au Trône de Fer, le roman-fleuve qui ne se montre pas plus miséricordieux avec ses traducteurs qu'avec ses personnages… ah, coincé entre les fans de Neil Gaiman et ceux de G. R. R. Martin, il ne doit pas avoir la vie facile, ce traducteur-là!


La photo provient du blog de Neil Gaiman.

samedi 26 janvier 2013

Chants de glace et de feu


Le Service Météorologique australien a modifié l'échelle qu'il utilise depuis ses débuts pour les cartes et graphiques de température qu'il publie; cette échelle, qui s'arrêtait à 50 degrés Celsius, "monte" désormais jusqu'à 54.
Que des températures aient dépassé les 50° n'était pas sans précédent, mais de telles observations étaient si rares que, considérées comme des phénomènes marginaux, elles n'étaient pas reportées sur les graphiques. Cependant, les météorologues s'attendent à ce que ces extrêmes deviennent plus fréquents dans les quarante prochaines années: il était donc temps de prendre des mesures.
On a choisi pour cette "tranche" (51°-54°) une couleur d'un violet très vif, qui contraste avec celle de la tranche immédiatement inférieure (46°-50°), d'un pourpre presque noir. (Global warming is turning the volume of extreme weather up, Spinal-Tap-style, to 11. The temperature forecast for next Monday by Australia's Bureau of Meteorology is so unprecedented - over 52C - that it has had to add a new colour to the top of its scale, a suitably incandescent purple - The Guardian, 8 janvier)

En Australie, le précédent record de température moyenne diurne (sur l'ensemble du territoire), détenu par l'été 1972-1973, a été pulvérisé début Janvier: 40,7°C. La semaine dernière, on a noté un "pic" de 46° à Sidney; et dans le Sud du continent, plusieurs au-dessus de 50°.


L'Australie est sortie à l'automne dernier seulement (l'automne austral, bien sûr: pour nous, le printemps) d'une période de dix ans d'une sécheresse exceptionnelle, qui a rempli l'outback de bois mort bien sec. Aussi, à présent que l'Australie est entrée dans son mois habituellement le plus chaud, la brousse de Nouvelles-Galles du sud (la région où les températures les plus hautes ont été relevées) est en train de flamber.


Pendant ce temps, aux États-Unis, il fait si froid qu'il s'est écoulé neuf jours entiers (pour être précis, 221 heures: ça aussi, c'est un record) sans que l'on constate un seul meurtre dans les rues de New York. "We're rooting for more cold weather", ça nous arrangerait si la vague de froid continuait, a remarqué Raymond W. Kelly, police commissioner du NYPD (la dernière fois qu'à New York une semaine entière s'était écoulée sans homicide sur la voie publique, ce n'est pas au froid qu'on avait attribué ce répit, mais à l'ouragan Sandy).

Sources: The Guardian; The New York Times.
L'image illustrant ce billet est © Australian Bureau of Meteorology. 

mardi 25 octobre 2011

La science des rêves, ou le pince-mains



… conforme assurément à la sommaire botanique des songes…


Les rêves font de leur mieux pour nous dispenser leur science, avec des résultats aléatoires. Un matin de l'hiver dernier (j'étais alors, depuis des semaines, en pleine immersion dans l'univers de Georges R. R. Martin et de son Trône de Fer) m'a arraché au sommeil sans parvenir à m'arracher sur l'instant la conviction que Verdi avait écrit un opéra intitulé Roberto Baratheon; et j'ai passé mes premières minutes d'éveil à essayer de me remémorer les fracassantes premières mesures de sa fameuse ouverture, qu'il me semblait avoir encore dans l'oreille.

Ce matin, il me restait, du rêve tortueux que je venais de faire, ce souvenir: que nos cousins d'outre-Atlantique donnaient familièrement le nom de "pince-mains" à l'humble accessoire ménager qu'ils ont élevé au rang d'instrument de musique indispensable à tout fais-dodo qui se respecte: la planche à laver.
Une fois rafraîchi et habillé, même d'Internet aux cent yeux je n'ai pu obtenir de liste exhaustive des différents noms vernaculaires qu'ont pu inventer, pour cet accessoire, tant les prolixes québécois que les inventifs cajuns; en tous cas, dans aucun dictionnaire n'apparaissait ce mot-ci assorti de cette définition-là.

Je continuerai donc d'ignorer si on a jamais gratté de pince-mains dans les rues du Montréal ou de la Nouvelle-Orléans du monde de l'éveil, ou si ce sont les francophones de l'Amérique rêvée qui s'en réservent l'usage exclusif.

A moins qu'une nuit, ou un jour, un résident de l'un ou l'autre de ces territoires ne vienne à passer par ici, et ne prenne le temps de m'en instruire.

Sur l'opéra de Giuseppe Verdi, Roberto Baratheon oppure Il Re dei Sette Regni, je n'ai pu davantage trouver aucune entrée dans wikipedia; au travail, les wikinautes!