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vendredi 12 décembre 2014

La quantité de signes distincts sur le papier (3): la conclusion finale


L’application de l’intelligence créatrice
à un problème,
la découverte d’une solution à la fois solide,
élégante et fulgurante,
voilà ce qui lui avait toujours paru être l’affaire centrale des êtres humains - la mise à jour du sens
et de la causalité au milieu des
fausses pistes, du tumulte et des friches de la vie.
Pourtant il avait toujours été hanté - non? - par la conscience qu’il existait des hommes,
des cryptographes insensés,
des détectives fous qui gaspillaient leurs dons et leur santé mentale
à décoder et à interpréter les messages
prétenduments écrits dans les formations nuageuses,
les recombinaisons de lettres de la Bible,
les taches des ailes des papillons.

De l’existence de tels hommes,
on pouvait peut-être conclure
que la signification résidait uniquement
dans l’esprit de l’analyste.

Que c’était les problèmes insolubles
- les fausses pistes et les dossiers froids -
qui reflétaient la véritable nature des choses.

Que toutes les sémantiques et structures apparentes
n’avaient pas plus de sens intrinsèque que
le jacassement d’un perroquet gris d’Afrique.
On pourrait en tirer cette conclusion;
vraiment,
songeait-il,
on le pourrait.

Michael Chabon, La Solution Finale
( The Final Solution2004)
traduit par Isabelle D. Philippe, 
Robert Laffont, 2007

dimanche 20 mai 2012

Les Fabuleuses Aventures de Sendak et Spiegelman



Vous rendez visite régulièrement, j'espère, au blog de Neil Gaiman? Si vous avez oublié de le faire ces jours-ci, il vous a peut-être échappé que l'auteur d'Anansi Boys recommandait à ses visiteurs une lecture adaptée à cette période où l'absence d'un certain monstre se fait sentir un max:  une BD écrite et dessinée à quatre mains par Maurice Sendak et Art Spiegelman, et publiée par le New-Yorker en 1993 - à aller voir dans les archives du magazine


Pour voir les planches en haute définition, c'est ici.

Comme le fait remarquer Gaiman, en onze cases ils trouvent la place de dire autant de choses nécessaires que d'autres en un gros volume.


La BD dont il est question ici a été écrite et dessinée 
par Maurice Sendak et Art Spiegelman
les rites de copie ont été célébrés par The New Yorker.