dimanche 30 avril 2017

Be Certain to Find Uncertain (signalisation, 2)



Si Uncertain est l'endroit où vous vous avez envie d'aller passer, histoire de vous changer les idées, quelques jours, là, tout de suite, c'est très simple: vous sortez de Jefferson (Texas) par la FM-134 dans la direction de la verdoyante Louisiane, une fois dans le comté de Harrison vous ne pourrez plus vous perdre, à partir de là c'est bien signalé.


Une fois de plus, merci à l'œil des chats dont on ne compte plus les initiatives pertinentes: en ce moment même, ils offrent leur concours à ceux qui se sentiraient perdus durant la présente semaine quinzaine tribulation.

Photo © Uncertain

mardi 25 avril 2017

Pendant ce temps, au pays des bûcherons géants



L'actualité est si riche en ce moment, 
on ne sait pas quoi chroniquer.
Ah! voilà, j'ai trouvé: le premier épisode de la saison 3 de Fargo, qui vient de commencer sur FX!   
"Le meilleur du pire", c'est comme ça que Pierre Sérisier, sur son blog Le Monde des Séries
a intitulé le billet enthousiaste qu'il vient de publier à propos de cette nouvelle saison - c'est de l'humour, bien sûr, puisqu'en vrai, Fargo, c'est le meilleur du meilleur
J'ai sauté dessus: moi aussi, j'attends avec impatience la suite de Fargo. Et puis, c'est rafraîchissant en ce moment de se pencher sur quelque chose avec quoi - même en cherchant bien - on ne peut trouver aucun point commun avec la déprimante actualité française... 
n'est-ce pas?


Dans Fargo, rien n’est moral 
et rien ne peut l’être 
car les personnages sont placés 
– de leur point de vue – en situation de survie. 
N’ayant pas – contrairement à ce qu’ils pensent – évalué correctement la situation, ils se voient comme menacés dans leur existence même, ce qui aboutit à les mener à une descente aux enfers. C’était le cas pour l’agent d’assurance 
Lester Nygaard (Martin Freeman)* 
dans la saison 1, 
pour le boucher Ed Blumquist (Jesse Plemons)* 
dans la saison 2 et pour Ray Stussy*
dans la saison 3. 
C’était le point de départ de Jerry Lundegaard* dans le film des frères Coen.

[…]

Comme dans le film des frères Coen, 
Noah Hawley joue sur l’absurdité des situations. 
Sur une politique du pire. 
Les bourdes commises sont tellement énormes, le manque de jugeote est tellement dévastateur qu’on ne parvient pas à croire que cela puisse relever de la réalité. 
Tout le sel de la série tient au décalage entre ce qui est envisageable par le spectateur et ce qui se produit. Il y a un jeu constant impliquant le spectateur qui se dit : 
"non, ce n’est pas possible, 
ils ne vont pas faire ça". 
Et, si. 
C’est exactement ce qu’ils font.



... Bienvenue à Fargo (saison 3).

*Disclaimer: At the request of the survivors, the names have been changed.

citations de: Pierre Sérisier - Le Monde des Séries

samedi 8 avril 2017

I looked in windows




I looked in windows, for the wealth
I could not hope to own.  
Emily Dickinson  
(I had been hungry all the years)


Éveillé trop brutalement ce matin, je n'ai gardé qu'un souvenir imprécis du rêve que je faisais à ce moment: pour je ne sais plus quelle raison, j'y demandais à des gens (je ne sais plus qui) de poser (pour des photos) devant des fenêtres. 

Peut-être ce rêve m'a-t-il été inspiré par la lecture, la veille, d'un article de  Peter Bradshaw dans le Guardian sur le film de Terence Davies romançant la vie d'Emily Dickinson? Les images, privées de contexte, qui me sont restées de mon rêve ressemblaient beaucoup, vraiment beaucoup, à celles-ci, publiées dans le Guardian:


Cynthia Nixon dans A Quiet Passion

Emma Bell dans A Quiet Passion


Lesquelles ont à leur tour éveillé le souvenir de tableaux de Vilhelm Hammershøi:


Vilhelm Hammershøi, Les grandes fenêtres (1913)

"Painterly" est un des adjectifs que Peter Bradshaw emploie pour parler de ce film: on comprend pourquoi. Sa chronique est plutôt positive: il dit grand bien de la distribution (ce seront successivement Emma Bell puis Cynthia Nixon qui incarneront Emily Dickinson à différentes époques de sa vie). Pourquoi pas?
J'attends impatiemment de voir ce film, avec, tout de même, un peu d'inquiétude. 
J'ai bien aimé les austères premiers films, autobiographiques et fauchés, que Terence Davies tourna il y a déjà un bon quart de siècle; plus récemment, il a réalisé quelques-uns de ces "films en costumes" auxquels ne manque pas un bouton de col, genre dont ses compatriotes se sont fait une spécialité.
Alors, que craindre? Si on ne se fiait qu'à la bande-annonce, on pourrait s'attendre à une bluette touristique du style Le Massachusetts, Terre de Contrastes, ce qui serait un moindre mal; mais qui sait si derrière cette façade rassurante ne se cache pas Un Embaumement de première classe pour Emily Dickinson? (sur IMDB, un spectateur qui a vu le film en avant-première fait part, en termes peu amènes, de sa déception, stigmatisant, en particulier, une séquence en grisaille dans laquelle Emily serait conduite au cimetière dans un sinistre corbillard qui aurait sa place dans un film de la Hammer, alors qu'il est notoire que la poétesse insista pour que son cercueil  - blanc - fût porté à travers champs sur les épaules de ses amis: parmi les inexactitudes qu'il épingle, certaines, dont celle-ci, pourraient faire contresens). Ou, plus spécieux encore,  La Malédiction de la Momie d'Emily Dickinson?

Le film sortira en France dans un mois. On verra bien.

Je vous dois cependant un aveu: j'aime tellement Emily Dickinson que si un jour les Américains - ils en seraient bien capables - nous proposaient un  Emily Dickinson, Vampire Hunter,  j'irais le voir, pour le principe.




Les photogrammes du film A Quiet Passion sont  © Allstar/Hurricane Films.
La reproduction du tableau de Vilhelm Hammershøi, Les grandes fenêtres, provient de Wikimedia commons (domaine public).

lundi 3 avril 2017

L'exercice engendre l'habitude



Peut-être l'avez-vous entendu dire: 
il y aura bientôt des élections (peut-être même près de chez vous, si ça se trouve).
Une élection, ça consiste, essentiellement, à glisser prestement une enveloppe dans un trou.


Il est impératif d'acquérir une certaine pratique pour ne pas manquer le trou.


"L'exercice engendre l'habitude" 
est une maxime d'Agénor Fenouillard
rapportée par son biographe Christophe

Illustration:  tous droits réservés pour toutes les planètes connues
(concrètement, ça veut dire que je n'ai pas réussi à identifier l'auteur de ce gif: 
qu'il se fasse connaître, pour que je puisse lui exprimer mon admiration!).