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mardi 3 août 2021

Scarabées durs

 

Le billet précédent vous a-t-il donné des envies de scarabées d'or?
Laissez tranquilles les scarabées que vous croiserez dans vos promenades estivales à travers la campagne, ils ont assez de soucis avec les pesticides et autre chose à faire que vous conduire à des trésors.
Trouvez vos trésors vous-mêmes, ou mieux, fabriquez-les: comme ces artistes qui, de par le monde, se spécialisent en création d'insectes artificiels.

D. Allan Drummond (bronze)

D. Allan Drummond (bronze)

Dashi Namdakov
(bronze, émail, or, perles de verre)

Jordan Sprigg
(fer et bronze)

Julie-Alice-Chappell
(assemblage)

Richard Wilkinson (dessin)

Justin Gershenson-Gates
(assemblage)

Sasha Vinogradova
(émail sur laiton et verre)


Ou alors, rêvez-en.

lundi 7 octobre 2019

Roulé dans la farine


On me signale que certains lecteurs, 
intrigués par la lecture du billet précédent, 
se demandent ce que c'est qu'un merluchon.
Un merluchon, c'est comme une merluche, mais en plus potelé.
Pour vous familiariser avec cet hôte des mers (et des poëles à frire) 
voici une recette de  

MARC, THANKS FOR ALL THE FISH.

le Merluchon à ma façon
Ingrédients
Un beau merluchon
Un couteau aztèque
Poivre, une pincée
Un gros œuf
Farine: quantum satis
Huile d'olive 

Prenez un beau merluchon à l'œil vif.
 
L'œil vif, c'est important.


Écaillez-le, enlevez les ouïes, ouvrez-le côté ventre de la tête à la queue pour en sortir l'arête et laissez dégorger quelques heures; trempez-le dans l'œuf battu et roulez-le dans la farine.
Précipitez-le dans une poële où frissonne de l'huile d'olive.

La recette sur le dos du poisson, c'est pratique.


Servez chaud ou froid, ça ne peut plus lui faire ni chaud ni froid au poiscail, pécaïre.


Images © Marc Saffioti.

dimanche 29 septembre 2019

On ne voit pas passer le flétan



Lootre Morton… ce nom ne vous dit rien? C'est vrai, il y a bien longtemps qu'il n'utilisait plus ce nom de plume (de pinceau plutôt). Kikooshi, c'est ainsi que Marc signait ses créations récentes; en particulier les Ki Sushis (une collection sans cesse en expansion de créatures océaniques qui manifestaient leur opposition résolue à la raréfaction des espèces, au besoin en se grimpant dessus de la façon la plus anarchiquement orgiaque; après leur avoir soufflé dedans en usant de l'équipement approprié pour les rendre plus beaux plus gros, Marc les enluminait avec une patience d'ange de mer).

Les Ki Sushis, c'est genre comme des gros merluchons, genre.

Qui étaient-ils, ces "Maîtres de la Lumière", entité bicéphale à laquelle la revue Casus Belli (ah, ça je vois que ça rappelle des souvenirs au moins à quelques-uns d'entre vous) confia, au début des années 90, l'illustration de quelques-unes de ses couvertures?

Excusez-moi, il faut que je respire un grand coup.

C'était encore Marc qui se cachait avec Rolland Barthélémy sous ce pseudonyme collectif autant qu'énigmatique (c'est Marc qui l'avait choisi: il avait du goût pour les pseudonymes et aimait le mystère), Rolland poussant le crayon, Marc scannant les dessins et les habillant de couleurs numériques.
D'autres pages des Maîtres de la Lumière ainsi que d'autres peintures digitales de Marc furent publiées par le magazine Afternoon de l'éditeur japonais Kodansha (c'est à cette époque qu'il adopta le pseudonyme Kikooshi: il choisit ce nom pour son studio lorsqu'il s'installa à Montréal).

Au cours des quarante dernières années Marc ne semblait pas avoir vieilli d'un jour: qu'il fût devenu grand-père était pour ses amis une source inépuisable de plaisanteries.

Puis un jour tout s'arrête (de poisson).


Ils pleurent à en mouiller la mer.

Plus personne pour les croquer (en préambule au modelage), pour leur gratter les écailles, pour leur souffler au cul pour les rendre plus beaux plus gros, pour les tartiner de laque: les Ki Sushis sont tristes à présent.
Malgré leur bouche faite pour le rire.


On ne voit pas le temps passer.



Les illustrations de ce billet sont de Marc Saffioti.