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vendredi 22 mai 2026

Broken Voices sur grand papier

 Il me semble que mon billet sur les expositions en cours un peu partout n"a pas reçu beaucoup de commentaires...  cela veut-il dire que l'admiration devant les œuvres que vous avez pu voir vous a rendus muets? Ou que la malchance s'est acharnée sur vous, et que vous  n'avez pu en voir  aucune? Si c'est le cas, voici, pour vous remonter le moral, l'affiche de la rétrospective Muñoz qui étaient présentée à Bâle: 


Les aventures d'Alack Sinner et de Sophie racontées par Muñoz (et Sampayo!) d'abord dans Charlie (mensuel!) puis dans (À Suivre) font partie des meilleurs souvenirs que nous ont laissé les années 70/80, n'est-ce pas? Heureuse époque où on avait encore le choix entre un optimisme triste (façon Alack) et un pessimisme gai (à la Sophie).

image José Muñoz / Cartoonmuseum 


samedi 9 mai 2026

Vous avez bien un peu de temps devant vous?

 Vous avez envie de vous changer les idées? vous avez un peu de temps devant vous (et de bonnes chaussures)?
Dans les semaines précédant sa mort, Glen Baxter préparait encore une exposition à Paris, à la galerie Semiose. Prévue du 23 mai au 20 juin 2026, elle sera maintenue. Elle prendra désormais la forme d’un hommage, offrant une dernière rencontre avec un univers où le langage ne cesse de glisser. Un livre d’entretien avec Bernard Blistène paraîtra également à cette occasion.
Semiose 44, rue Quincampoix 75004 Paris
Du mardi au samedi de 11h à 19h et sur rendez-vous.
À la galerie Martel Paris (dont je vous ai déjà parlé) une expo Ugo Bienvenu vient d'ouvrir! Vous aurez jusqu'au 25 juillet pour constater qu'il met dans ses BD une touche d'illustration, et  une touche de BD dans ses illustrations - des "je ne sais quoi".
UGO BIENVENU "Futur antérieur" à MARTEL PARIS (du 07.05.26 au 25.07.26)

Tout ça si vous êtes à Paris.

Et si vous êtes à Lyon?
Les éditions de la Lanterne et les éditions RJTP organisent un salon du livre politique à Lyon, intitulé  "Lyon - Livres - Nouvelles résistances". Ce salon aura lieu le samedi 20 juin 2026, de 10h à 19h, et se déroulera à la Maison des Passages à Lyon. Dix-huit éditeur·ices de livres et de périodiques seront réunis. C’est la première édition de ce salon gratuit et ouvert à toutes et tous.
Ça ne dure qu'une journée, mais il y a aussi une exposition sur le bestiaire médiéval au Musée d'Histoire de Lyon: "Merveilleux Moyen-Age le bestiaire médiéval": pour celle-là vous avez le temps, les dragons et les griffons ne vont pas s'envoler tout de suite: ça dure jusqu'au 1er novembre!
  (Les organisateurs précisent: la billetterie en ligne est indisponible. Pour la réservation des activités, rendez-vous à la billetterie sur place à Gadagne. Merci de votre compréhension). 

Et si vous êtes à Bâle?
Au Cartoonmuseum  (Centre pour l'art narratif, Basel, Switzerland) vous pourrez retrouver José Muñoz; l'exposition s'appelle "Broken Voices", quand on connaît l'atmosphère des BD de Muñoz on comprend pourquoi; c'est jusqu'au 21 juin.

Et si vous êtes à Londres?
Au Quentin Blake Center for Illustration, dans une exposition collective (Queer as Comics) vous pourrez retrouver parmi plein d'autres gens queer as folk notre vieil ami Alex Barbier.
Et si vous flânez du côté de St James Park, admirez sous tous les angles une statue d'une actualité troublante, signée Banksy (j'espère que le socle est bien vissé, ce serait dommage que le vent l'emporte!). 


 

samedi 21 mars 2026

Marilyn aurait cinquante ans

 Cette année, elle en aurait cent (bientôt: c'est en juin qu'on célèbrera son anniversaire, mais on parle déjà beaucoup d'elle, on annonce des hommages, des rétrospectives...).
Marilyn aurait cinquante ans c'est ce que l'on entendait à la radio il y a cinquante ans.
La chanson de Christophe exprimait un malaise au contour difficile à cerner: Marilyn ne devait-elle pas être immortelle? Et James Dean, alors? Le chanteur continuait sur le même ton "James Dean n'est plus un Géant".

 
Dans cinquante ans quelqu'un chantera-t-il "Chuck Norris aurait 136 ans"?

Quant à James Ellroy, il a eu 78 ans le 4 mars, sans que ça fasse de vagues.

Marilyn Monroe
1er juin 1926-4 août 1962 
Chuck Norris
10 mars 1940-19 mars 2036

 

dimanche 8 février 2026

Street art

 De temps en temps kwarkito, en se promenant dans sa ville, remarque des "papiers collés" sur les murs; certains, en particulier, illustrent des locutions proverbiales, il les a trouvés inspirés (et inspirants), aussi il en a posté des photos sur son blog.
 Moi aussi, dans mon quartier, il m'arrive d'en croiser, de ces "papiers collés" (moins souvent que kwarkito, et pas du même style, mais de temps en temps, ça arrive).
En voici un qui m'a bien plu, qu'en pensez-vous?


 Vous vous demandez qui est @NAYOOKAA?
Cherchez sur Instagram!

lundi 26 janvier 2026

Fragments et fantômes

Je dois des excuses aux habitués de ce blog: en ce début d'année j'ai été un peu moins occupé que l'an dernier, mais encore pas mal occupé, et ça m'a tenu un peu loin d'internet.
Vous ai-je manqué? Pas trop, j'espère: vous n'avez pas eu besoin de moi pour célébrer le cent-vingtième anniversaire de Robert Erwin Howard en vidant en son honneur force cornes d'hydromel, par Crom! Et pour prendre note que le trentième anniversaire des éditions du Bélial, ce sera toute l'année. L'exposition Art Spiegelmann et Joe Sacco à la galerie Martel Paris, celle qui s'appelait NEVER AGAIN!.. AND AGAIN... AND AGAIN... a été prolongée; avez-vous pu en profiter? une autre expo a pris la suite; celle-ci s'appelle Fragments d'expositions, car elle contient un peu de tout: de l'Éric Lambé, du Lorenzo Mattotti, du Stefano Ricci et du Brecht Vandenbroucke. Et en février, vous pourrez retrouver Valentina à Martel Bruxelles (si vous êtes à Bruxelles). Et l'exposition Les mondes de Colette à la BNF, entre septembre et janvier, vous avez sûrement trouvé moyen de vous y faufiler!
Mais à présent, vous ne pouvez pas rater sur le site de Stéphane du Mesnildot une exposition encore plus spéciale: une exposition fantôme! une exposition qui n'a jamais eu lieu, mais dont le blog Jours étranges à Tokyo conserve les traces. Ça, il était important que je vous le signale, pour auriez pu passer à côté.
Voilà comment cette exposition est devenue fantôme:

Avant de passer à 2026, il est temps de régler son compte à cette année maudite. 
Jadis les choses se dégradaient plus au moins lentement ; maintenant, avec l’effrayante rapidité de notre époque, elles disparaissent purement et simplement. J’en ai fait l’expérience avec une expo sur laquelle je travaillais depuis plus de deux ans et qui, en juillet, trois mois avant son ouverture a été annulée par son commanditaire, la structure en charge du Grand Palais Immersif. 

à Tokyo,  

on trouve des distributeurs automatiques de fantômes!


Et il ajoute un appendice sur son quartier préféré, Golden gai:

Après les tournages, bien sûr les fantômes, démaquillés, se retrouvaient  dans  les  restos  et  les. petits  bars  de Golden gai.

Au bistro Utamaro, à Golden gai

Images: Rina Yoshioka et Stéphane du Mesnildot 


vendredi 16 janvier 2026

I'm having a moment here. Don't spoil the mood.

Vous le savez sûrement déjà, lecteurs curieux de tout, mais je vous le rappelle à tout hasard: la diffusion de la deuxième saison de Frieren (l'anime) va commencer! 

Et puisque c'est la saison des vœux, c'est le moment d'en faire pour Kanehito Yamada et Tsukasa Abe, scénariste et dessinatrice du manga dont la série est l'adaptation, que des problèmes de santé ont forcé à mettre leur travail en pause, ce qui fait que le futur des deux séries, la dessinée et l'animée, est pour le moment plein d'incertitudes...

Le voyage vers Ende n'est pas terminé!

Image © Toho productions

 

 

mardi 30 décembre 2025

I Don't Know What You See in Me

 En cette fin d'année, tout le monde déplore l'absence de Brigitte Bardot - parfois en la confondant avec quelqu'un d'autre: celle qui rêvait d'être danseuse, la poseuse des unes des magazines, la diseuse de Vérité, la femme créée par Dieu, l'avocate des bêtes - qu'elle fut, tantôt successivement tantôt simultanément mais jamais "seulement". 
Quand j'avais cinq ans, j'ai été follement amoureux d'elle: mes parents, qui m'avaient surpris en train d'embrasser passionnément un de ses portraits publié dans l'hebdomadaire Elle, en riaient encore des années après (je retins la leçon: quand quatre ans plus tard ce fut de Mehdi El Glaoui, alias Pascal, alias Sébastien, que je tombai follement amoureux, je fis en sorte de garder ça pour moi; on ne badine pas avec l'amour, tous les enfants le savent d'instinct, essayez de retenir ça, les adultes!). "I Don't Know What You See in Me" est le titre d'un single du groupe Belle and Sebastian, j'ai choisi ce titre parce que j'ai pensé qu'il collait mieux au sujet du billet qu'aucun des titres auxquels j'avais pensé d'abord (du style Initials B.B. ou Sur la plage abandonnée) qu'après réflexion j'ai jugés conventionnels, convenus; ça m'est venu (serendipity!) en cherchant sur internet des détails sur Belle et sur Sebastien. Tous, nous cherchons tout le temps quelque chose, et chaque fois nous trouvons autre chose, ce n'est sans doute pas B.B. qui aurait dit le contraire.

Au revoir, Madame, ce fut un plaisir.
1934-2025

mercredi 24 décembre 2025

Professionalisme

 La date approche, les lettres que nous lui avons envoyées sont encore plus longues que d'habitude, et foisonnent de requêtes portant sur le climat et l'état du monde: le père Noël s'est-il bien préparé pour l'événement?
David Apatoff (qui aime beaucoup les bons dessins)  et Richard Thompson (qui en a fait) ont enquêté pour nous, et ils nous le confirment: le père Noël se tient prêt à réagir, comme toujours, en vrai professionnel.

 

 

Merci David et Richard, de nous avoir tenus au courant!

Dessin © Richard Thompson (courtesy of David Apatoff) 

mardi 16 décembre 2025

The End Continues

 Même si Rob Reiner n'avait réalisé que Spinal Tap, Stand by Me, The Princess Bride, Misery, nous nous souviendrions de lui comme d'un des géants du pays du cinéma, un géant très gentil et capable de nous emporter sur son dos en escaladant à la force des poignets les Falaises de la Folie. Il a réalisé d'autres films, voulu en réaliser d'autres et participé, à différents titres, à beaucoup d'autres encore. Mais il n'a pas pu faire tout ce qu'il voulait: certains de ses films n'ont pas rapporté  autant d'argent que les studios auxquels il était lié par contrat escomptaient et ça c'est très vilain (du point de vue des studios), certains de ses projets ont été si bien enterrés que vous ne vous en souvenez peut-être pas. Vous souvenez-vous de Flipped, par exemple? J'en garde un bon souvenir, ce n'était pas du même niveau que Stand by Me (pas aussi parfaitement rythmé, quelques longueurs) mais c'était pas mal quand même. Enfin, il a pu terminer une suite à Spinal Tap (Spinal Tap II: The End Continues), sorti il y a quelques semaines, j'espère qu'il a été content.
Ceux qui doivent être contents, ce sont les financiers du cinéma: une bonne grosse controverse bien baveuse, s'ajoutant à une tragédie, c'est toujours une excellent publicité pour les nouveautés.

Rob Reiner, 1947-2025 

vendredi 13 juin 2025

Vibrations, bad or good

 Peut-on encore parler d'un échange de bons procédés? Encore une nouvelle à la fois musicale et  triste; comme dit imaginos, "tout le monde sur internet " en a déjà parlé: Brian Wilson, l’un des fondateurs des Beach Boys, allait avoir 83 ans - depuis plusieurs années déjà, il n'était plus tout à fait, tout entier, parmi nous. Oui, le titre choisi est peu original, mais pour aborder ce sujet, chercher l'originalité à tout prix serait-il de bon goût? (d'autres ont choisi Love and Mercy, ce qui n'est pas non plus un mauvais choix).
Michael Leddy parle avec émotion des stades successifs par lesquels sa relation avec la musique des Beach Boys est passée au fil des années et des différents sentiments qu'elle lui a inspiré.

Puisse ce vendredi 13 vous réserver de bonnes surprises (on ne sait jamais avec le vendredi 13).


Brian Wilson 1942–2025

 

samedi 31 mai 2025

Sky of blue, and sea of green, in a Yellow Submarine

 Bon, Mai s'en va. J'espère que nous avez passé de bons, longs week-ends ensoleillés. J'ai appris par Imaginos, notre pourvoyeur habituels de nécrologies, que Michel Cassez, le dernier des Compagnons de la chanson, est mort dimanche dernier. Il aurait eu 94 ans en toute fin d’année. Pour triste qu'elle soit, cette nouvelle ne m'a fait pleurer que d'un œil, et sourire de l'autre: impossible pour moi de me souvenir de la version enregistrée par les Compagnons de la chanson du Yellow Submarine des Beatles. sans être pris d'un fou rire réjuvénateur: tantôt vert et tantôt bleu, tantôt vert et bleu... chapeau au traducteur, Jean Broussolle! (Michel Cassez n'y est pour rien: il n'a rejoint le groupe qu'en 1973; mais dans ma tête l'association des Compagnons avec un équipage de sous-marin ne peut s'effacer; et dans la vôtre?).
Ce fut longtemps ma préférée du répertoire des Compagnons: il faut dire qu'au moment de sa sortie, la chanson des Beatles m'a laissé plutôt froid, ce n'était qu'un charabia incompréhensible entrecoupé d'effets sonores déroutants (j'avais quoi, six ans?), celle  des Compagnons,  au moins, voulait dire quelque chose. Ah, pouvoir piloter un sous-marin!


Hé oui, nos jeunes années courent dans la montagne, aurait dit Lakhdar Hamina en lisant ça, s'il n'était parti quelques jours avant Michel Cassez. Prévoyons un jour de fête en l'honneur du commandant.

Mohammed Lakhdar Hamina
1934-2025

Michel Cassez
1931-2025 

mardi 11 février 2025

Sunday, Monday, Happy Days...

 Encore un cas de synchronicité: un des derniers billets de l'ami Coulthart (Biblioklept) semble vouloir faire écho à un de ceux de l'amie Fresca (Noodletoon):

Part of an ostensible review of the sitcom Happy Days; from Ellison’s column published on 3 July 1970 and reprinted in The Other Glass Teat:

    One begins to realize that our national middle-class hunger to return to two decades of Depression, world war, Prohibition, Racism Unadmitted, Covert Fascination with Sex, Deadly Innocence, Isolationism, Provincialism, and Deprivation Remembered as Good Old Days has become a cultural sickness.

    The past has always been a rich source for fun and profit. Nostalgia is a good thing. It keeps us from forgetting our roots. Readers of this column know I trip down Memory Lane myself frequently. But it is clearly evident that when an entire nation refuses to accept the responsibilities of its own future, when it seeks release in a morbid fascination with its past, and when it elevates the dusty dead days of the past to a pinnacle position of Olympian grandeur … we are in serious trouble.

Harlan Ellison critique de télévision! Ça vous surprend sans doute, mais vous saviez déjà qu'il ne pouvait pas s'arrêter d'écrire, sur tout ce qui lui passait par la tête. Il est hautement improbable que ces recueils de critiques soient jamais traduits en français (ça donnerait Le Téton de Verre? hum...  ou peut-être Le Biberon Cathodique? on comprendrait mieux); alors jetez un coup d'œil aux 4 de couv' pour avoir une idée du contenu. Oui, je sais, je vous ai promis de vous parler bientôt sérieusement d'Ellison, un peu de patience, ça viendra!

 Quant à la corrélation entre le billet de Biblioklept et celui de Noodletoon, elle sera peut-être difficile à saisir pour les lecteurs français, puisque l'émission dont Fresca parle (the  Prairie Home Companion) et  son host Garrison Keillor, l'un et l'autre longtemps très populaires aux USA, sont totalement inconnus chez nous (tant pis! ou tant mieux?)...  si après l'avoir lu vous revenez au premier paragraphe d'Ellison, ça vous aidera à faire le lien (Happy Days, ça, au moins, vous connaissez!).

vendredi 19 juillet 2024

Le Docteur Mystère livre un diagnostic mi-figue, mi-raisin

 

— Pauvres gens, murmura-t-il, comme ils sont loin encore de la liberté!
Que de mensonges, de charlatanisme sont nécessaires pour les conduire à un esclavage moins dur!
  Puis, avec un geste brusque :
— À chaque jour suffit sa tâche.
Il faut des siècles à la Vérité pour éclater à la face du monde, et c'est la succession des tyrannies qui amène l'avènement de la Liberté. 

Paul d'Ivoi, Le Docteur Mystère, 1900

mercredi 25 octobre 2023

Le pays d'octobre, le pays de novembre


Je ne sais pas ce qu'il en a été dans vos contrées, amis lecteurs, mais du côté de chez moi Octobre n'a pas fait mentir sa réputation: ce fut un mois bien mélancolique. De quoi peut-on bien parler, sans pour autant s'enfoncer davantage dans la mélancolie, à la charnière entre octobre et novembre?

Li-An et moi, nous sommes souvent synchrones: il vient de poster un billet sur l'illustrateur dont j'avais justement envie de vous parler pour Halloween, Joseph Mugnaini. Puisque Li-An a agrémenté son billet de plusieurs images datant de diverses périodes de la vie de l'illustrateur, et même d'un lien vers un groupe f***book (pouah!), plutôt que vous diriger vers ce gouffre, je préfère vous signaler qu'il y a quelques années, le blog Monsterbrains avait secoué la poussière des cartons de cet illustrateur un peu oublié. 

Li-An avance l'hypothèse intéressante que ses dessins ont pu influencer Forest pour ses premières couvertures chez Fiction ou chez J’ai Lu (j'y crois moi aussi; j'en vois aussi, de ces dessins, qui semblent annoncer une manière qu'adoptera plus tard John Blanche).
 Ray Bradbury appréciait beaucoup son travail, en effet, et ils entretenaient des relations amicales; c'est Bradbury qui insista auprès de ses éditeurs pour que ce soit Mugnaini qui soit chargé d'illustrer les éditions successives de son roman Fahrenheit 451, et de plusieurs de ses recueils, en particulier Le pays d'Octobre.








Chas Addams? Vous avez dit Chas Addams? Comme c'est Chas Addams - en revanche ce n'est pas bizarre: Bradbury, Addams, Mugnaini et à l'occasion Ray Harryhausen formaient une sacrée petite bande de chouettes copains whose sense of humor was a little different from everybody else's.
Je me demande si à présent il leur arrive parfois de se déguiser en fantômes rigolos, pour amuser de petits enfants.

jeudi 2 mars 2023

Il veille sur la galaxie

 Leiji Matsumoto et moi, ça a failli être un rendez-vous manqué: pour Albator, je n'ai pas eu le bon âge au bon moment. Mais Interstella 5555, je peux vous dire que j'ai kiffé grave. Et à présent, voir défiler le générique d'Albator, ça me rend nostalgique de quelque chose que je n'ai pas connu. Rendez-vous dans la prochaine galaxie, peut-être? Il doit bien exister quelque part des systèmes solaires secrets où l'on peut se rencontrer loin de la foule déchaînée.

1938-2023

mercredi 7 décembre 2022

Un geste mécanique

 Une cyborg (ou est-ce une robote?) vient me dire bonjour. Conforme à l'idée que nous nous faisons tous (je suppose) d'une cyborg, on devine sa nature surtout à cause de la régularité un peu trop parfaite de ses traits, si discrets sont les joints entre les parties bio, les parties biomécaniques et les parties mécaniques dont elle est faite: la robotique a fait tant de progrès récemment! (au moins dans les rêves). Elle se penche (elle est nettement plus grande que moi) pour me faire la bise - peut-être lui a-t-on appris qu'entre humains, c'est ce qui se fait. Une bise très chaste: elle effleure seulement ma joue droite avec sa joue gauche, une joue fraîche,  j'ai le temps de me dire qu'il est sans doute normal que sa température soit  plus basse que celle d'un être humain,  quand j'entends un déclic: la jeune fille vient de s'immobiliser, interrompue dans le geste de me faire une deuxième bise sur mon autre joue; apparemment, quand elle s'est penchée vers moi, quelque chose s'est coincé dans ce qui lui tient lieu de colonne vertébrale. Ce doit être dur d'être un cyborg (un robot?), si les gestes les plus simples peuvent vous placer dans des situations aussi embarrassantes (bon: la robotique a encore quelques progrès à faire, même dans les rêves). Je suis encore en train de me demander si je peux faire quelque chose pour la débloquer (et surtout, quoi?) quand je me réveille.


samedi 26 novembre 2022

Il est toujours joli, le temps passé

 C'est l'annonce de la mort de Jean Teulé qui m'a ramené à l'époque où, dans des journaux en papier, on découvrait tous les mois des BD qui ne ressemblaient à rien de déjà vu. C'est ce qui m'a fait m'écrier, l'autre jour: Tudieu, mécréant, tu n'as toujours pas parlé d'Alex Barbier! J'ai donc parlé d'Alex Barbier d'abord, pour respecter tant bien que mal la chronologie nécrologique, mais j'avais le coeur gros pour Jean Teulé,  qui avait débuté presque en même temps que Barbier - mais pas dans le même journal: Barbier est resté très longtemps à Charlie (aux éditions du Square), Teulé, il était plutôt Éditions du Fromage.  Teulé doutait-il d'avoir l'étoffe d'un dessinateur?  (pourtant, on pourrait dire qu'il a inventé, ou contribué à inventer, un genre: la BD-collage) ce qui est sûr, c'est qu'il s'est senti plus à son aise quand il a commencé à écrire des livres... alors il ne s'est plus arrêté, il a continué à en écrire jusqu'à... il n'y a pas longtemps.

Et je devrais parler davantage de Teulé et de l'Écho des Savanes, mais aujourd'hui c'est de Charlie que j'aurais envie de parler, parce qu'on ne peut pas parler de Charlie sans dire qu'aujourd'hui c'était le centième anniversaire de Charles Schulz: sans Schulz, pas de Linus, pas de Charlie...

Il aurait bien mérité de souffler cent bougies sur un gâteau au chocolat assez gros pour les héberger toutes, et de recevoir en même temps plein de cartes de voeux, de Noël, de nouvel an et de Saint Valentin.

Alors on va lui laisser le dernier mot.

All you need is love.

But a little chocolate now and then doesn't hurt.

Charles Schulz, 1922-2000


mardi 16 novembre 2021

Il s'appelle James, je crois, ou alors Sean

 Cette nuit, c'est James Bond que je rencontre (à moins que je ne regarde un film: ça m'arrive souvent en rêve). Le vrai James Bond, la preuve: c'est à Sean Connery qu'il ressemble le plus (désolé, Daniel Craig: c'était bien essayé). Détendu, bronzé, sous le soleil de quelque Riviéra, il vient sans doute d'effectuer quelques acrobaties dans son Aston-Martin car il en laisse refroidir le moteur sur le bord de la route.
Et c'est dans une discussion très sérieuse et animée à propos du bon usage des gadgets de ladite Aston-Martin qu'il est plongé, avec la James Bond girl qui l'accompagne: elle semble trouver qu'il en a fait un usage un peu inconsidéré. En effet, les cascades précédentes ont laissé quelques traces sur leurs tenues à tous les deux: smoking blanc pour lui, robe de soirée en lamé pour elle, sont un peu froissés et défraîchis, et surtout, trempés (peut-être a-t-il testé la fonction "sous-marin" de la James Bond car en oubliant de fermer le toit ouvrant?). Mais rassurez-vous, même fripés, ils restent tous les deux très sexy.
 


vendredi 15 octobre 2021

Noir et sans sucre? Non, noir et social

Vous ne savez pas quoi faire ce week-end?

Que diriez-vous d'aller à Besançon?
Vous n'avez à perdre que vos chaînes.

 

jeudi 7 octobre 2021

A la renverse

  J'ai assisté l'autre jour à une scène bien curieuse, une sorte de combat à front renversé, chez des amis: l'un d'eux (né avant-guerre) qui a l'habitude de critiquer tout (et un peu n'importe quoi) sans prendre de gants (et parfois n'importe comment), en qui je voyais donc un parfait candidat pour la défense de thèses complotistes, défendait mordicus la vaccination.
L'autre (un "millenial"), esprit critique aussi, mais - à ce qu'il m'avait toujours semblé -  plus fin, plus subtil, plus ouvert et surtout plus diplomate, affirmait haut et fort (je ne l'avais jamais vu s'opposer à son aîné, sur aucun sujet, avec autant de virulence) son intention de ne pas se faire vacciner, du moins jusqu'à ce qu'il ait "trouvé sur internet des informations plus fiables que celles que donnent les media".
J'étais bien perplexe. Moi qui balance entre deux âges, j'avais un peu envie de dire au jeunot qu'on a beaucoup plus de chances de trouver sur internet des informations moins fiables que celles des media, que le contraire; je me suis abstenu, sachant qu'il pourrait facilement démontrer que sa familiarité avec internet était bien plus grande que la mienne. J'avais en même temps envie de dire à l'autre qu'on peut aussi opposer des objections solides à la "feuille de route" que nous présente notre cher gouvernement mais… bref, je me suis abstenu aussi. Entre l'arbre et l'écorce, il n'est pas bon de mettre le doigt, n'est-ce pas?

Surprise! voilà que, feuilletant les dernières pages ajoutées à son Journal par ce vieux ronchon de Harry Morgan je tombe sur...  vous connaissez, bien sûr, Harry Morgan comme un des meilleurs analystes, historiens, exégètes…  bref spécialistes de la bande dessinée. La lecture de ses Principes des littératures dessinées est indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux petites bêtes à grandes oreilles.  Sur différents aspects d'autres secteurs des cultures populaires  (cinéma, télévision,  pulpsserials… ), il donne volontiers son avis, parfois un peu strident, mais toujours appuyé sur une argumentation bien construite. Et le vieux ronchon a souvent raison, son seul tort étant d'exposer ses constructions logiques sans failles dans son dialecte de vieux ronchon (et à l'occasion d'y interpoler à contre-temps ses obsessions personnelles de vieux ronchon, qui le font passer pour plus réac qu'il n'est). 

Citons-le:

Manifestations contre la généralisation du «passe sanitaire». Il y a là une leçon politique. La désinformation génère la défiance. Or la gestion de la pandémie a confirmé que les autorités recouraient systématiquement à la tromperie, sans aucun souci des conséquences. Il s’agit d’affirmer aujourd’hui ce qui paraît le plus expédient, quitte à affirmer le contraire demain: le virus ne circule pas en France, il n’y a pas de pénurie de masques, qui d’ailleurs ne servent à rien; on ne fermera pas les écoles, on n’arrêtera pas la vie; après quoi on impose le masque, on impose non le couvre-feu mais les arrêts domiciliaires, le confinement; il n’y aura pas de vaccination obligatoire pour telle ou telle catégorie; il n’y aura pas d’extension du passe sanitaire; après quoi on annonce la décision exactement inverse. On pourrait tout résumer par ce trait: dans «réglementeur», il y a «menteur». Il était impossible de démontrer de façon plus éclatante aux populations qu’on ne pouvait accorder aucun crédit à la parole institutionnelle, triplement marquée par le mépris, la bêtise et la duplicité.
En pareil cas, ce ne sont pas les modérés, les raisonnables, qui l’emportent. Le peuple auquel on a fait injure, excédé à la fin, se jette dans les bras des lunatiques et des conspirateurs. On a, de cette façon, l’assurance que tout le monde divague. Les comploteurs qui «refusent d’être des cobayes» testent les théories qu’ils sont allé dénicher sur la Toile. En face, le politique et les médias s’enferrent: le virus présenté comme saisonnier, la vaccination censée permettre la reprise de «la vie d’avant», l’appel au civisme. Compte tenu de la contagiosité des variants  –  le variant delta est aussi contagieux que la varicelle  – la vaccination n’amènera pas d’immunité collective (et le vaccin ne permettra donc pas la reprise d’une «vie normale»). Le vaccin freine l’infection, il ne l’empêche pas. «La majorité de la population planétaire, même vaccinée, sera infectée par le virus, vraisemblablement plus d’une fois», écrit François Balloux de University College, Londres. Le vaccin diminue la transmission, il ne l’empêche pas: vacciné, on contaminera toujours les autres, même si ce sera dans une proportion moindre. En revanche, les vaccins permettent d’éviter les formes sévères de la maladie. En somme, on se vaccine pour se protéger soi-même. Or cette explication est trop compliquée pour le binarisme du discours public, et elle heurte de front son moralisme.
[…]
Le plus fort est que les instruits, les aisés, sont prisonniers des mensonges ni plus ni moins que les gens qui «ont fait des recherches sur internet», puisque, trop confiants dans le discours médiatique, ces vertueux, ces adaptés, ces vaccinés, pensent que les restrictions sont dues au refus de se vacciner des autres, des comploteurs (encore une fois, les restrictions sont dues à la contagiosité ravageuse du variant delta, contre laquelle le vaccin ne protège pas). Et les aisés se radicalisent contre la plèbe. On arrive donc à une franche rupture, comme aux États-Unis, entre les élites woke et la population des «déplorables»  (Il n’est pas certain du reste que le pouvoir trouve à redire à pareille situation. Je crois plutôt qu’il y voit l’occasion de recruter et de mobiliser).

Hé bien, voilà ce que j'aurais pu dire à mes deux amis, si j'aurais causé aussi bien que comme Harry Morgan. Mais je me demande si je n'ai pas aussi bien fait de me taire: ce n'était sans doute pas ce qu'ils avaient - ni l'un, ni l'autre - envie d'entendre. 

 

Citation de Harry Morgan donnée à titre d'exemple et d'illustration.