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mardi 4 août 2026

Quelques bonnes nouvelles!

Toute l'année, Bifrost fête ses 30 ans !
À cette occasion, la revue de référence de la SF en France a concocté un numéro consacré au mythique Amazing Stories, le grand-père américain des revues SF. En effet, hasard du calendrier, ce dernier étrenne ses 100 ans en ce moment même: son premier numéro est daté d’avril 1926. Lisez Bifrost!

Pour la première fois depuis les années 1990, les émissions de CO₂ liées aux énergies fossiles ont davantage progressé entre 2024 et 2025 dans les pays riches, également connus sous le sobriquet de "pays industrialisés" (+0,5 %) que dans les économies émergentes autrefois appelées familièrement "pays sous-développés"  (+0,3 %). Il était temps que les pays qui ont pris la peine de se développer rattrapent  ce retard injustifiable!

Météo-France vous informe:
Avec les fortes chaleurs qui vont s'intensifier ces prochains jours, la santé de la population dans son ensemble peut être affectée, ou pas. Si vous avez l'impression que la chaleur vous affecte, et si vous vous demandez pourquoi, ou si vous êtes curieux de l'évolution de la santé de la population dans son ensemble,  contactez le numéro vert  Canicule info service : 0 800 06 66 66. Il est ouvert de 9H à 19H et il est gratuit,  puisqu'il est vert. 

Et un important rappel: le mois dernier, Agathe Chevillard a obtenu son bac avec la mention Très bien et les félicitations du jury.

 

mardi 3 février 2026

Recadrage

 Juste un petit rappel: il se passe des choses dans le monde.
Il s'en passe peut-être davantage ailleurs; mais ce n'est pas comme si chez nous en France, il ne se passait pas aussi des choses: il s'en passe, je vous assure!
Par exemple, dans six semaines on va avoir des élections municipales tout partout!
Nous allons pouvoir remplacer nos excellents élus locaux par des élus locaux encore meilleurs, une occasion à ne pas rater! OK, la décision ne sera pas toujours facile: vu l'état de notre personnel politique, dans bien des cas il faudra faire un choix entre, d'un côté, une galerie de bras cassés tout ramollis, et de l'autre, une rangée de bras raide-coincés à 45° au-dessus de l'horizontale; la différence, je suppose que vous la voyez, mais vous avez une préférence?
Peut-être pouvons-nous tirer des leçons de ce qui se passe dans les autres pays.


Cette image (non signée) nous vient du Minnesota où, justement, il se passe des choses. Nous devons cette image à la courtoisie de Fresca, qui habite Minneapolis. Elle raconte sur son blog ce qui se passe dans cette ville, juste à côté de chez elle. 
Fresca précise qu'elle a recadré l'image avant de la poster; c'était, je pense, une bonne idée de concentrer l'attention sur ces deux portraits. Notre mémoire est si fugace.

Image: copyleft? 


vendredi 2 janvier 2026

Ce serait déjà ça

Je vous souhaite à tous la meilleure année possible. Ce n'est pas un vœu trop déraisonnable, non? Il suffirait, pour qu'il se réalise, que rien n'aille trop mal? 
D'ailleurs, les autres blogueurs sont aussi prudents; leurs bilans comme leurs vœux sont modérés.
Les Chats voient des raisons d'espérer dans l'accélération de l'expansion de l'univers! La sortie serait-elle au fond de l'espace?
Tonton Alias ne se plaint de rien: il n'est même pas mort!
Et kwarkito ajoute:
j'aurai  connu de beaux et paisibles crépuscules. C'est déjà ça. 

 

mercredi 22 octobre 2025

Tignous, que vois-tu venir?

 Tignous nous manque, tous les jours.
Encore plus quand l'actualité nous rappelle - comme aujourd'hui - que ses dessins sont plus pertinents que jamais: ce dessin-ci, ne dirait-on pas q'il vient de le faire tout spécialement pour résumer les événements qui ont fait bruire toute la semaine nos media tricolores?

Verrons-nous bientôt une rétrospective Tignous à la Bibliothèque Nationale?

 

Dessin de Tignous (Bernard Verlhac)

mercredi 19 février 2025

On n'est pas sortis de l'eau beige

 Exercice d'hypothésologie: dans les jours/semaines qui viennent un président sera de nouveau la cible d'un attentat, cette fois mieux préparé que les précédents. Des hypothèses contradictoires seront formulées (plus précisément: vociférées). Des précédents historiques seront évoqués. S'ensuivra un enchaînement d'événements chaotiques.

 

mercredi 6 novembre 2024

Douche froide au réveil

Cette nuit, je me suis couché tard, après avoir écouté d'une oreille (de l'autre, je feuilletais un livre que je prévoyais de lire bientôt) les informations: la compétition entre candidats à la Maison Blanche promettait d'être "serrée",  à ce que disaient les journalistes.
Endormi tard, donc, je me suis éveillé tôt, avec le souvenir d'un rêve bizarre, plus bizarre que d'habitude, quasiment un cauchemar (je fais très rarement de vrais cauchemars; mais ce rêve-ci avait quelque chose de... kafkaïen, voilà le mot que je cherchais).
Au début du rêve il y avait eu des rumeurs au sujet d'un scrutin dont la date approchait: je ne m'y intéressais pas particulièrement, je ne faisais pas partie de l'électorat concerné - ça devait se passer dans une autre circonscription, ou un autre département, peut-être même un autre pays - allez donc comprendre quelque chose à la géographie des rêves!
Plus la nuit avançait, plus je rencontrais de gens qui, eux, se sentaient préoccupés par cette échéance, et m'en parlaient avec chaleur. Jusqu'à ce que quelqu'un me demande carrément: mais pourquoi ne vas-tu pas voter? Mais... mais... était tout ce que je trouvais à répondre. Mais rien du tout, me répondait-on, tu as qualité pour voter, tu ne te souviens pas? Tout ce que tu as à faire est te présenter au plus proche bureau de vote. Pourquoi pas, me disais-je; un  bureau de vote, ce n'est pas difficile à trouver, il doit y avoir des panneaux, des affiches. Pas de panneaux, pas d'affiches; je cherche quelqu'un à qui demander mon chemin, je ne rencontre qu'un vieillard pas bavard, qui m'indique du doigt une direction. Une grande porte: ce doit être là. Derrière la porte, une grande salle, pas de scrutateurs, pas d'urnes: une foule compacte d'êtres hybrides, de sortes d'animaux sur leurs pattes de derrière (peut-être des masques, ou des automates?), qui s'agitent en faisant des gestes incompréhensibles. Il y a dans un coin un escalier: le bureau est peut-être à l'étage? Je monte quatre à quatre, ça devient urgent, quelque chose me dit que l'heure de la clôture approche!  En haut, une autre grande salle, celle-ci presque vide: le long des murs, une procession d'autres êtres hybrides, encore plus caricaturaux que les précédents - on dirait de grands moutons maigres - qui se livrent à une sorte de pantomime, à la queue-le-leu, ils secouent gravement la tête, impossible d'en obtenir une réponse. Je redescends, l'escalier s'est considérablement dégradé, il semble plus étroit aussi, des décombres partout, les marches craquent. La pièce du bas s'est vidée, elle aussi semble tomber en ruine, une seule personne à qui demander mon chemin, une chose contrefaite à la tête porcine, qui ne me répond que par des ricanements. Fichtre, j'ai bien l'impression que l'élection va se faire sans moi est ma dernière pensée avant mon réveil.


Douche froide, disais-je en commençant; j'ouvre la fenêtre (je dois sortir sans trop attendre, c'est l'heure où s'ouvre le marché et je n'aime pas en manquer le début, après il y a trop de monde); dehors il pleut, il fait froid. 


mardi 28 novembre 2023

Chats pas chats

 Boileau, s'étant donné pour règle de conduite
 Je ne puis rien nommer, si ce n'est par son nom,
citait ensuite deux exemples concrets:
 J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon.

Le monde a-t-il changé au point que les règles de l'art poétique définies par Boileau pour les siècles à venir ne s'appliqueraient plus? Un chroniqueur de France-Inter vient de se faire, quasi simultanément, taper sur les doigts et tirer les oreilles par - motivations différentes, effets similaires - un magistrat empressé d'étaler son zèle et une Commission  soucieuse, elle, de dissimuler son embarras. Qu'avait-il fait? Il avait appelé un chat un chat, et Rollet un fripon (euh, en fait non, pas Rollet, et pas un fripon non plus, Rollet est bien oublié aujourd'hui, et fripon n'est plus trop en usage: remplaçons ce mot et ce nom par des équivalents contemporains approximatifs... ou plutôt non, ne remplaçons rien par rien, nous risquerions de nous faire taper sur les doigts ou tirer les oreilles.
La prudence devrait même nous commander de ne plus appeller un chat un chat, on ne sait jamais, des antispécistes pourraient trouver que "chat" c'est spéciste: quand nous postons sur des sites de partage des photos du dernier de la portée qui s'émerveille des possibilités offertes par les pelotes de laine, ou de Mamie Moustache qui quémande un câlin, usons de termes moins connotés que "chat": minounette, poupouline, Kitty-kitty, vous trouverez bien.


Synchronicité; dans un billet récent du toujours pertinent David Apatoff,  j'ai appris un mot que je ne connaissais pas: edentulous. J'en trouve  la sonorité plaisante, et je me demande si j'aurai un jour l'occasion de l'employer dans une conversation (en anglais: il n'a pas en français d'équivalent aussi rigolo). Ça, l'avenir nous le dira.
Revenons au présent: si je parlais de synchronicité, c'est parce c'est en commentant l'ultimatum, adressé à un journal, de retirer de son site une caricature qui avait le grand tort de ressembler à son modèle (inexcusable, ont tranché les gardiens autoproclamés de la paix publique et de la féquentabilité d'internet!), que David Apatoff employait ce joli adjectif pour caractériser les dessins inodores et incolores par lesquels le trou dans la rubrique "humour" du magazine a été rempli le jour suivant.
Je commence à craindre que tout ça ne donne des idées aux détenteurs du titre de propriété d'un chat - qui se sont, bien sûr, déjà empressés de le faire dégriffer - et qu'ils ne choisissent bientôt de le faire édenter aussi. Au secours, Boileau!


lundi 16 octobre 2023

Poussière d'étoiles

 Il semble qu'en l'espace de quelques jours, Louise Glück ait rejoint l'Averne, et Hubert Reeves l'astéroïde (9631) qui porte son nom;  il m'est revenu que j'ai essayé d'attirer, jadis sur l'une, naguère sur l'autre,  l'attention des visiteurs de ce blog. La coïncidence m'attriste et m'inquiète; devrais-je  me montrer plus prudent à l'avenir, et ne plus évoquer que des personnages décédés depuis longtemps? Devrais-je éviter de parler de certain écrivain américain né en 1943 (qui se porte bien, heureusement), et n'accorder de louanges qu'à son contemporain à la vie trop brève, Edwin Mullhouse (écrivain américain, 1943-1954), qui lui, au moins, n'a rien à craindre des ciseaux de la Parque?

jeudi 12 octobre 2023

Ressembler à ça

 Lu sur le blog de Kwarkito:

ça me revient,
une fois j’ai vu les portraits de William Utermohlen peints tout au long de sa maladie d’Alzheimer, et j’en ai été très impressionné

et il y a un lien vers un site où l'on peut voir ces portraits de William Utermohlen. Je suis allé voir les portraits en suivant le lien donné par Kwarkito, et j’ai été très impressionné aussi.
"William Utermohlen était un peintre américain. Les médecins lui ont annoncé qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer en 1995. Il a alors 62 ans et décide de se peindre. De réaliser régulièrement des autoportraits jusqu’à la fin de sa vie pour montrer l’évolution et la représentation de soi que l’on peut se faire en étant touché par cette pathologie."

William Utermohlen par William Utermohlen
 Nous n'avons pas la maladie d'Alzheimer, pas encore, pas tous. Pas encore tous.  Mais à quoi ressemblons-nous dans notre tête, quand nous essayons de nous regarder les yeux fermés? À ce que d'habitude nous voyons dans les miroirs? J'en doute.

 

© the estate of William Utermohlen

samedi 22 juillet 2023

Fous-rires, murmures, silences, fumées

 Je regretterai leur absence à l'avenir: les fous-rires de Jane Birkin, les murmures d'Astrud Gilberto, les silences de Milan Kundera.
Et ils me manqueront aussi, bien sûr, bien que je ne les aie jamais vus "en vrai", que je n'aie même jamais entendu le vent les faire bruire (car, oui, au cas où vous vous poseriez la question, l'absence d'un silence aussi peut nous rendre chagrins) les millions d'hectares de forêt canadienne partis rejoindre les millions d'hectares de brousse australienne et de pinèdes grecques, au paradis des fumées.

mercredi 19 avril 2023

Ceux que les dieux veulent perdre, ils commencent par les rendre fous

Un entrefilet dans Livres Hebdo:

Ernest M., responsable des droits étrangers aux éditions La Fabrique, a été arrêté à Londres dans la soirée du 17 avril au motif qu’il aurait participé à des manifestations en France et sous prétexte de vérifier qu’il n’est pas sur le point de commettre des actes terroristes, rapporte son employeur dans un communiqué. La Fabrique dénonce une complicité de la police britannique avec les autorités françaises et appelle à manifester devant le consulat britannique ce mardi 18 avril à partir de 20 h.

Informations complémentaires du Guardian:

“When we were on the platform, two people, a woman and a guy, told us they were counter-terrorist police. They showed a paper called section 7 of the Terrorism Act of 2000 and said they had the right to ask him about demonstrations in France.”
Moret had been arrested over his refusal to tell police the passcodes to his confiscated phone and laptop. He was transferred to a police station in Islington, north London, where he remained in custody on Tuesday. He was later released on bail.
A joint press release from Verso Books and Éditions la Fabrique condemned Moret’s treatment as “scandalous”. It said: “The police officers claimed that Ernest had participated in demonstrations in France as a justification for this act – a quite remarkably inappropriate statement for a British police officer to make, and which seems to clearly indicate complicity between French and British authorities on this matter.”

Fou, n'est-ce pas? Une même folie, une longue traînée de délires paranoïaques, semble se répandre d'État en État, ceux du Camp du Bien comme ceux de l'Axe du Mal, de ministère de l'Intérieur en services de la Sécurité. Quel dieu veut donc leur perte? J'ai soupçon que ce pourrait être Poséidon, qui n'apprécie guère qu'on prenne son royaume pour un champ d'épandage d'ordures, et qui est connu pour son caractère un peu vif. Mais il se pourrait aussi que ce ne soit pas le seul dieu en colère. Homère ne nous a-t-il pas prévenu: "Mars, dans la bataille, répand la confusion"?

lundi 6 mars 2023

Les jours rallongent

 C'est juste une impression, une idée que je me fais, ou il dure plus longtemps qu'il ne devrait, ce mois de février?  Déjà plus de trois cents jours, si ça continue ça va bientôt faire quatre cents, il me semblait bien pourtant que février, dans le temps, c'était 28 jours?   Ou 29, je ne sais plus, ça fait si longtemps.

 

jeudi 23 février 2023

Cent mille milliards de bougies

 

Avant-hier, ce sera l'anniversaire de Raymond Queneau.
Bon anniversaire de Raymond Queneau à tous ceux qui, comme lui, fêteront, ou auront fêté, ou auraient fêté leurs cent vingt ans. 

 

mardi 23 août 2022

Théodore de Bèze: le diable entre dans les détails

 À Théodore (ou Dieudonné) de Bèze (1519-1605) une grave maladie offrit l'occasion d'une conversion ("L'image de la mort - écrivit-il à son mentor Melchior Wolmar - gravement présentée devant mon âme assoupie et comme ensevelie, éveilla l'aspiration à une vraie vie" et "cette maladie fut le début de ma guérison") si complète qu'il quitta sa riante Bourgogne pour la sévère Genève où, attentif aux conseils de Calvin, il donna à sa carrière littéraire une nouvelle direction: loin des facéties et fatrasies de sa jeunesse, il se consacra, à Genève puis à Lausanne, à édifier ses contemporains: traduire les Psaumes, composer des ouvrages apologétiques, et, ce qui est plus inattendu, écrire pour le théâtre sur des sujets religieux. Il y employa nombre des procédés qui lui avaient valu de réussir comme poète mondain; il essaya de concilier poésie savante et poésie populaire, innovation théâtrale et rigueur calviniste. Ainsi dans le drame paru en 1550 Abraham sacrifiant  (est-il utile que je vous en explique l'argument?) n'hésite-t-il pas à placer sur la scène (invisible aux autres acteurs) un Satan prompt au sarcasme; la responsable de l'édition à laquelle j'emprunte le passage (en orthographe modernisée) ci-dessous, Marguerite Soulié, n'hésite pas à qualifier le ton de celui-ci de "rabelaisien":

Satan (en habit de moine) :

Je vais, je viens, jour et nuit je travaille,

Et m'est avis, en quelque part que j'aille,

Que je ne perds ma peine aucunement.

Règne le Dieu en son haut firmament,

Mais pour le moins la terre est toute à moi,

Et n'en déplaise à Dieu ni à sa loi.

Dieu est aux cieux par les siens honoré;

Des miens je suis en la terre adoré;

Dieu est au ciel; et bien, je suis en terre.

Dieu fait la paix, et moi je fais la guerre.

Dieu règne en haut, et bien, je règne en bas.

Dieu fait la paix, et je fais les débats.

Dieu a créé et la terre et les cieux,

J'ai bien plus fait, car j'ai créé les dieux.

Dieu est servi par ses Anges luisants,

Ne sont aussi mes Anges reluisants?

Il n'y a pas jusques à mes pourceaux

À qui je n'aye enchâssé les museaux.

Tous ces paillards, ces gourmands, ces ivrognes

Qu'on voit reluire avec leurs rouges trognes,

Portant saphirs et rubis des plus fins,

Sont mes suppôts, sont mes vrais Chérubins.

Dieu ne fit onc chose tant soit parfaite

Qui soit égale à celui qui l'a faite,

Mais moi j'ai fait, dont vanter je me puis,

Beaucoup de gens pires que je ne suis.


Théodore de Bèze, Abraham sacrifiant, éditions José Feijoo, 1990


Satan qui se félicite qu'on puisse trouver "des gens" pires que lui ("et c'est moi qui les ai faits!"), n'est-ce pas une jolie trouvaille? Bon, d'accord, on est loin de l'humour bienveillant de Sempé. Pour tenir à distance les ruminations inspirées par le diable, je vais tester un procédé que je pense efficace: me replonger dans la lecture de Catherine Certitude.


mardi 12 juillet 2022

Un rêve déplacé

 C'est pas toujours très clair, quelle personne on est, dans les rêves.

Dans ce rêve-ci, je dois être quelqu'un d'autre que moi, car on m'a convoqué dans un lieu où j'ai vécu une partie de mon enfance et ce lieu est une sorte d'orphelinat... ou de pensionnat... ou de centre d'accueil pour personnes déplacées: oui, c'est plutôt ça, un centre d'accueil pour personnes déplacées: dans le passé du personnage rêvé que je suis cette nuit il doit y avoir eu une guerre, et il (je) a (ai) été séparé de sa (ma) famille (mais, comme il arrive souvent, le souvenir du début du rêve est flou, seules les dernières images sont nettes). Se pourrait-il que des fragments des récits, qui abondent ces temps-ci dans les media, au sujet de personnes déplacées, se soient faufilés dans mes rêves? Je suis convoqué comme témoin, à ce qu'il semble; mais qui m'a convoqué? Des magistrats, des enquêteurs d'une ONG, des cinéastes documentaristes? Des gens sérieux, ils ont plutôt l'air de fonctionnaires (ils emploient un langage très administratif); ils veulent savoir à quoi ressemblait la vie dans cet internat quand j'y vivais, des années plus tôt. Je ne parviens à donner que des réponses vagues; pour raviver mes souvenirs, on m'invite à visiter les bâtiments qui entourent une immense cour rectangulaire. Je parcours de grandes pièces qui se ressemblent toutes: grises, tristes, aux murs lépreux, et en effet mes souvenirs se précisent: les bâtiments n'étaient alors ni plus ni moins froids et décrépits qu'ils ne le sont aujourd'hui, ce qui a changé c'est que les pièces que je traverse sont à présent totalement vides de mobilier, mais je me souviens qu'au second étage se trouvaient les dortoirs - les lits de fer ont disparu - au premier les salles de classe - les pupitres, aussi, manquent.  Mais, en regardant par les fenêtres, je remarque, non sans surprise, que les salles du rez-de-chaussée sont encore équipées comme les salles d'une école, et qu'elles sont pleines d'enfants... je ne m'attendais pas à ce que le "centre" (il me semble qu'on l'appelait comme ça) soit encore en activité: je commençais, au contraire, à me douter que les questions qu'on m'a posées au début, bien que formulées de la façon la plus neutre possible, étaient orientées de façon à m'inciter à parler des événements qui ont eu pour conséquence  la fermeture du "centre"...  Quel est cet endroit, en réalité? Qu'est-ce qu'on y faisait de particulier?

Je me réveille sans que le personnage de mon rêve ait complètement retrouvé la mémoire.


lundi 25 avril 2022

... un limonaire, avec un vieil air du tonnerre à vous faire chialer tant et plus...

 

Bon, les mauvaises nouvelles continuent à tomber. Cette fois, c'est Arno qui casse sa chope. Et ne parlons même pas de... non, ça, n'en parlons pas, on en a déjà assez parlé.

Sérieusement, il ne pourrait pas y avoir de bonnes nouvelles de temps en temps? Par exemple: une voyante certifiée prévoit pour Juin la naissance de la future nouvelle Maria Callas dans un petit village du Maramures? Ou bien: des savants chinois ont mis à profit leurs deux années de confinement dans leur laboratoire secret pour mettre au point le remède définitif contre l'herpès?

Oui, c'est vachement bien d'être Européens, mais quand même moins vachement si Arno n'est plus là pour nous le rappeler. De temps en temps. Putain, putain.


jeudi 21 avril 2022

Attention les doigts

 Hé bien, on dirait qu'on y va tout droit, non?


Une fois de plus, sur notre petit bonhomme de chemin, il se pourrait bien que nous rencontrions un trou. Attention si vous avez  envie de vous amuser à y déposer quelque chose: les trous, des fois, ça mord.


Orifice sans nom


lundi 10 janvier 2022

A device that insures we shall be governed no better than we deserve

 Cette année, une nouvelle fois, nous aurons un de ces mois d'Avril où il ne faudra pas se décourager d'un fil. 

En 2017,  je m'étais approché avec réticence d'un de ces trous noirs dont il sort rarement quelque chose de bon. Jeter dedans un bulletin de circonstance m'avait donné l'occasion de vérifier la justesse de la formule de Fritz Zorn: "La sensation misérable qui précède le vomissement est toujours plus désagréable que le vomissement lui-même".

Depuis cinq ans, rien n'avait amélioré - bien au contraire - la première impression qu'avait produite sur moi l'élu-surprise (aussi incapable que l'avait été, autrefois, Chirac, de reconnaître qu'il ne devait son élection qu'à un hasard heureux - pour lui). Fin 2020, je ressentais même une sorte de soulagement: au moins, au mois d'Avril suivant le choix serait grandement simplifié: au premier comme au second tour, je n'aurai qu'à voter "n'importe qui sauf lui". Oui, ça paraissait simple, vraiment. Puis les candidats ont commencé à se déclarer: celui qui ne rate jamais une occasion de dire n'importe quoi (et de le dire fort), celui qui a fini par remarquer (bien trop tard pour que cela change quoi que ce soit) que chaque fois qu'au cours des quarante dernières années son petit parti a accepté la "main tendue" d'un certain autre parti, il s'est fait entuber incroyablement profond, celle qui tend à tout le monde (elle aussi ouvre les yeux un peu tard) une main que plus personne ne veut prendre, et un peu plus loin il y a aussi tous ceux qui se disent: "Si ça a marché pour Trump, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi, d'ouvrir en grand le déversoir à idées de merde?" (ceux-là joignent le geste à la parole, puis se piétinent les uns les autres dans le purin qu'ils ont répandu: le spectacle serait drôle s'ils ne sentaient pas tous si mauvais)... et une horrible hypothèse prit forme: et si, de tous les pires candidats possibles, le macrobe était encore le moins pire?

Être moins pire, ça ne suffisait tout de même pas à en faire un bon candidat. 

Et voilà que tout soudain celui qui semblait, jusqu'ici, vouloir disputer à Hollande le titre de "président normal" ouvre autre chose que le robinet d'eau tiède auquel il nous avait habitué; et que tous les autres wannabe president se hâtent de lui répondre - c'était, hélas, prévisible - par l'unanimité dans la médiocrité: réactions de poulailler devant un chaton à qui prend la fantaisie de jouer au tigre.

Un tigre pour rire qui fait soudain figure - par contraste - de seule personne sérieuse dans la salle.

Encore un effort, Monsieur le presque président, et je vais finir par vous trouver presque sympathique.

De quoi vais-je faire provision? de bulletins blancs, ou d'anti-émétique pour lutter contre la nausée saisonnière qui semble désormais inévitable?


Et une fois de plus, George Bernard Shaw sourit dans sa barbe.


samedi 11 décembre 2021

Zozo

 The Japanese billionaire Yusaku Maezawa, who founded the clothing retailer Zozo, will spend 12 days in orbit aboard the International Space Station with a production assistant who will document his stay.

 The New York Times


Le miliardaire japonais Yusaku Maezawa, fondateur d'une chaîne de boutiques de fringues appelée Zozo, passera douze jours en orbite dans la Station Spatiale Internationale, accompagné d'un assistant de production qui tournera un documentaire sur ce séjour.


Je fais, dans le titre de ce billet, un peu de publicité gratuite à cette chaîne de vêtements, ça ne peut pas lui faire de mal, c'est que ça coûte des sous les couchettes dans la Station Spatiale Internationale.



samedi 16 octobre 2021

Fantômes muets et encombrants

Le propre des cachots encombrés de fantômes,
c'est qu'ils sont difficiles à désencombrer.

La date du 17 octobre semble vouée au désencombrement des cachots.


La Chine de l'après-révolution culturelle avait offert à Pa Kin (Ba Jin, 巴金) un cachot doré et orné d'une quantité de babioles, dorées également (présidence de l'association des écrivains chinois, vice-présidence de la Conférence consultative politique du peuple chinois, titre de Monument de la littérature chinoise) en contrepartie de l'actualisation - de la mise aux nouvelles normes, si vous préférez - de ses œuvres écrites avant 1949. Cette situation semblait devoir s'éterniser (son cent-unième anniversaire approchant, seuls des soins intensifs le maintenaient en vie, inconscient) quand, le 17 octobre 2005, il trouva une porte de sortie. Son statut de Monument de la littérature chinoise s'en trouva confirmé, et il ne fut plus considéré comme encombrant.

Peut-être en avez-vous entendu parler: chez nous en France, c'est aussi un 17 octobre (le 17 octobre 1961), que fut testé un procédé expérimental pour apporter une solution - préventive, celle-ci - à l'encombrement des lieux de privation de liberté comme on dit à présent, des centres d'internement comme on disait alors (cachots, c'est un mot qu'on n'emploie plus depuis longtemps dans la conversation polie). Ce procédé ne fut cependant jamais validé par les autorités compétentes, les statisticiens n'ayant pu se mettre d'accord sur le chiffrage des résultats de l'expérience.