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dimanche 7 juillet 2024

Soirée caresses

 Ce soir, George Bernard Shaw caresse sa barbe et sourit en silence; tout commentaire lui semble superflu. 

 

lundi 10 janvier 2022

A device that insures we shall be governed no better than we deserve

 Cette année, une nouvelle fois, nous aurons un de ces mois d'Avril où il ne faudra pas se décourager d'un fil. 

En 2017,  je m'étais approché avec réticence d'un de ces trous noirs dont il sort rarement quelque chose de bon. Jeter dedans un bulletin de circonstance m'avait donné l'occasion de vérifier la justesse de la formule de Fritz Zorn: "La sensation misérable qui précède le vomissement est toujours plus désagréable que le vomissement lui-même".

Depuis cinq ans, rien n'avait amélioré - bien au contraire - la première impression qu'avait produite sur moi l'élu-surprise (aussi incapable que l'avait été, autrefois, Chirac, de reconnaître qu'il ne devait son élection qu'à un hasard heureux - pour lui). Fin 2020, je ressentais même une sorte de soulagement: au moins, au mois d'Avril suivant le choix serait grandement simplifié: au premier comme au second tour, je n'aurai qu'à voter "n'importe qui sauf lui". Oui, ça paraissait simple, vraiment. Puis les candidats ont commencé à se déclarer: celui qui ne rate jamais une occasion de dire n'importe quoi (et de le dire fort), celui qui a fini par remarquer (bien trop tard pour que cela change quoi que ce soit) que chaque fois qu'au cours des quarante dernières années son petit parti a accepté la "main tendue" d'un certain autre parti, il s'est fait entuber incroyablement profond, celle qui tend à tout le monde (elle aussi ouvre les yeux un peu tard) une main que plus personne ne veut prendre, et un peu plus loin il y a aussi tous ceux qui se disent: "Si ça a marché pour Trump, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi, d'ouvrir en grand le déversoir à idées de merde?" (ceux-là joignent le geste à la parole, puis se piétinent les uns les autres dans le purin qu'ils ont répandu: le spectacle serait drôle s'ils ne sentaient pas tous si mauvais)... et une horrible hypothèse prit forme: et si, de tous les pires candidats possibles, le macrobe était encore le moins pire?

Être moins pire, ça ne suffisait tout de même pas à en faire un bon candidat. 

Et voilà que tout soudain celui qui semblait, jusqu'ici, vouloir disputer à Hollande le titre de "président normal" ouvre autre chose que le robinet d'eau tiède auquel il nous avait habitué; et que tous les autres wannabe president se hâtent de lui répondre - c'était, hélas, prévisible - par l'unanimité dans la médiocrité: réactions de poulailler devant un chaton à qui prend la fantaisie de jouer au tigre.

Un tigre pour rire qui fait soudain figure - par contraste - de seule personne sérieuse dans la salle.

Encore un effort, Monsieur le presque président, et je vais finir par vous trouver presque sympathique.

De quoi vais-je faire provision? de bulletins blancs, ou d'anti-émétique pour lutter contre la nausée saisonnière qui semble désormais inévitable?


Et une fois de plus, George Bernard Shaw sourit dans sa barbe.


mardi 16 mai 2017

Une maxime pour les hommes du jour



Nous avons coutume, sur ce blog, chaque fois que le joli Mai, en revenant parmi nous, apporte avec lui quelque changement notable, de demander à notre ami Bernard Shaw ce que ces nouvelles lui inspirent; et, vous en souvenez, fidèles lecteurs, en 2007 comme en 2012, la pertinence de ses commentaires nous a laissé sans voix. 

Cette-fois-ci, au moment où nous nous apprêtions à le convoquer, un de ses compatriotes nous fit entendre, d'un coup sec frappé sur la table, qu'il souhaitait intervenir.

Après s'être présenté, il énonça posément:


- Treason doth never prosper: 
what’s the reason? 
Why, if it prosper, 
none dare call it treason.

- Vous plairait-il, Sir John (osâmes-nous dire), traduire pour nos amis de la langue de France?

- Trahison jamais ne prospère; 
raison comment? 
Hé quoi, si elle prospère, 
nul n'ose plus l'appeler trahison.

- Grand merci, sir John.

Et nous soufflâmes la chandelle.


L'avez-vous reconnu? C'était Sir John Harington
Vous retrouverez cette forte maxime dans ses Épigrammes (Epigrams, Book IV, Epistle 5). 

Ce qui ne manque pas de sel, c'est que sir John, humaniste, lecteur de Rabelais et traducteur de l'Arioste, soit resté dans l'Histoire comme l'inventeur de la chasse d'eau. De sa fréquentation, les hommes du jour ont certainement beaucoup à apprendre.


lundi 28 mai 2012

Joli mois de Mai, ma mie est lointaine


 Le 19 mai 2007, notre cher George Bernard Shaw  nous faisait l'amitié de commenter, en exclusivité pour ce blog, l'actualité politique française du moment.
Cinq ans (déjà!) après sa première intervention sur tororoshiru.com, notre vieil ami a bien voulu nous faire savoir ce que lui avaient inspiré les événements de ce beau mois de mai 2012:

"We learn from experience that 
men never learn anything 
from experience."


Merci, G. B. Revenez quand vous voulez.

samedi 19 mai 2007

L'air du temps

"Democracy is a device that insures we shall be governed no better than we deserve".
(George Bernard Shaw)

For now, it seems to me this quote sums up pretty well most of what happened in France past weeks.
Anyway, I wonder... what will May 2007 be remembered for 39 years ahead?