De mauvaises nouvelles, et encore de mauvaises nouvelles: 2020 avait mal commencé, 2021 encore plus mal, 2022 fait des efforts pour rattraper ses grandes sœurs.
Les gens qui pensaient qu'on pourrait, pour quelque temps encore, quand on parlerait de l'Ukraine, faire l'économie du terme "crimes de guerre" doivent être bien déçus, les pauvres. Mais ce qui peut les réconforter, c'est la pensée qu'après tout, être accusé de crimes de guerre, ce n'est pas si terrible que ça. Des crimes de guerre, il y en a eu aussi - récemment, moins récemment et, qui sait? il y en a peut-être encore - au Yémen, en Irak, au Liban, en Syrie, au Soudan (je me demande si je n'en oublie pas) et on n'en fait pas toute une histoire. Certains souhaiteraient que les crimes de guerre soient imprescriptibles, comme le sont déjà leurs copains les crimes contre l'humanité: mais que se passe-t-il si on les oublie, si on se met à penser à autre chose? Il y a tant de choses auxquelles il faut penser.
Pas de démenti, pas de controverse, pas de rétropédalage de ministre ni de surenchère de directeur de la communication au sujet de la mort du professeur Montagnier (vibrionnant tarabusteur de virus), de Mark Lanegan de Queens of the Stone Age, de Gary Brooker de Procol Harum, de Jacques Abeille et d'Angélica Gorodischer: ils vont rester morts et on n'y pourra rien. Oui, Angélica Gorodischer aussi (comme Abeille, je l'ai su avec retard), il faudra qu'on en reparle, elle avait des choses intéressantes à dire, entre autres sur les empires et sur l'hubris de leurs dirigeants.
Fichu mois de Février.

