lundi 10 janvier 2022

A device that insures we shall be governed no better than we deserve

 Cette année, une nouvelle fois, nous aurons un de ces mois d'Avril où il ne faudra pas se décourager d'un fil. 

En 2017,  je m'étais approché avec réticence d'un de ces trous noirs dont il sort rarement quelque chose de bon. Jeter dedans un bulletin de circonstance m'avait donné l'occasion de vérifier la justesse de la formule de Fritz Zorn: "La sensation misérable qui précède le vomissement est toujours plus désagréable que le vomissement lui-même".

Depuis cinq ans, rien n'avait amélioré - bien au contraire - la première impression qu'avait produite sur moi l'élu-surprise (aussi incapable que l'avait été, autrefois, Chirac, de reconnaître qu'il ne devait son élection qu'à un hasard heureux - pour lui). Fin 2020, je ressentais même une sorte de soulagement: au moins, au mois d'Avril suivant le choix serait grandement simplifié: au premier comme au second tour, je n'aurai qu'à voter "n'importe qui sauf lui". Oui, ça paraissait simple, vraiment. Puis les candidats ont commencé à se déclarer: celui qui ne rate jamais une occasion de dire n'importe quoi (et de le dire fort), celui qui a fini par remarquer (bien trop tard pour que cela change quoi que ce soit) que chaque fois qu'au cours des quarante dernières années son petit parti a accepté la "main tendue" d'un certain autre parti, il s'est fait entuber incroyablement profond, celle qui tend à tout le monde (elle aussi ouvre les yeux un peu tard) une main que plus personne ne veut prendre, et un peu plus loin il y a aussi tous ceux qui se disent: "Si ça a marché pour Trump, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi, d'ouvrir en grand le déversoir à idées de merde?" (ceux-là joignent le geste à la parole, puis se piétinent les uns les autres dans le purin qu'ils ont répandu: le spectacle serait drôle s'ils ne sentaient pas tous si mauvais)... et une horrible hypothèse prit forme: et si, de tous les pires candidats possibles, le macrobe était encore le moins pire?

Être moins pire, ça ne suffisait tout de même pas à en faire un bon candidat. 

Et voilà que tout soudain celui qui semblait, jusqu'ici, vouloir disputer à Hollande le titre de "président normal" ouvre autre chose que le robinet d'eau tiède auquel il nous avait habitué; et que tous les autres wannabe president se hâtent de lui répondre - c'était, hélas, prévisible - par l'unanimité dans la médiocrité: réactions de poulailler devant un chaton à qui prend la fantaisie de jouer au tigre.

Un tigre pour rire qui fait soudain figure de seule personne sérieuse dans la salle.

Encore un effort, Monsieur le presque président, et je vais finir par vous trouver presque sympathique.

De quoi vais-je faire provision? de bulletins blancs, ou d'anti-émétique pour lutter contre la nausée saisonnière qui semble désormais inévitable?


Et une fois de plus, George Bernard Shaw sourit dans sa barbe.


3 commentaires:

kwarkito a dit…

On ne saurait mieux dire et je partage complètement votre point de vue.

Jourdan a dit…

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’aucun candidat(te) ne fait vraiment rêver😀

Tororo a dit…

Merci à vous deux pour votre visite!
Le seul mot que je peux ajouter est (malheureusement): "Hélas!"

Ah, si, je peux tout de même ajouter: passez une bonne année, envers et contre tout!