Vous vous demandiez sûrement, depuis un certain temps: "Mais que devient Miranda July?"... n'est-ce pas?
Si vous vous intéressez à ce qu'elle fait (en ai-je parlé, par le passé, avec assez de chaleur pour vous en convaincre? dites-le moi, n'hésitez pas), vous savez comment elle procède (pour ses romans comme pour ses nouvelles ou ses scénarios): elle écrit quelque chose, puis fait un pas de côté. Puis encore quelque chose, et encore un pas de côté; à la fin, il a été question de beaucoup de choses, et on ne se retrouve pas forcément là où on s'attendait à aller.
Elle vient de publier un nouveau roman, All Fours, et c'est justement encore une histoire de pas de côté.
Sorti aux États-Unis il y a juste un mois, sa traduction en français n'est pas annoncée pour le moment. Mais si vous êtes impatient et polyglotte, en cherchant bien, vous devriez pouvoir le trouver; demandez-le, par exemple, à votre libraire.
vendredi 14 juin 2024
So it's June? QuIck, some news from July!
mercredi 12 juin 2024
... ou bien si peu de choses...
La disparition de Françoise Hardy me rend plus triste que... bien des événements récents pourtant objectivement plus tristes. Étrange, n'est-ce pas?
dimanche 9 juin 2024
Interprétation
Quoi de particulier aujourd'hui? Au 9 Juin du calendrier vulgaire, correspond, dans le calendrier 'pataphysiqe, le 23 Merdre, que l'on consacre à l'Interprétation de l'Umour.
Quoi, vos aviez oublié que nous étions au mois de Merdre? Si vous avez mauvaise mémoire, notez dans votre agenda que vendredi prochain (le 23 Merdre, donc) ce sera le troisième anniversaire de l'admission d'Yves Frémion dans l'illustre corps des Régents du Collège de "Pataphysique. Une occasion de lever son verre, ça ne se rate pas.
dimanche 2 juin 2024
Des idées pour muser
Juin fera-il un effort pour se distinguer de ses frères, en nous apportant, pour une fois, de bonnes nouvelles? Ma foi, si vos aimez les bandes dessinées, on peut appeler ça une bonne nouvelle: vous pourrez faire un tour au Centre Pompidou, vous aurez tout l'été (et tout l'automne) pour musarder devant les planches exposées, ou prendre des paris (par exemple: dans les soixante prochaines minutes, un.e activiste.e woke-e viendra-t-iel jeter de la peinture ou de la confiture sur un panneau? et sur lequel?) ou jouer à cache-cache et à chat perché dans les escaliers, les escalators et les ascenseurs (c'est un espace ludique, le Centre Pompidou). Car les bandes dessinées occuperont plusieurs niveaux - deux, en fait, l'accroche publicitaire "BD à tous les étages" enjolive un peu la réalité; mais tout de même, quel programme!
Avec l'exposition « La bande dessinée au Musée », Jean Dubuffet, Mark Rothko, Francis Picabia ou encore René Magritte croisent, en un jeu de correspondances, les auteurs et autrices David B., Lorenzo Mattotti, Catherine Meurisse, Joann Sfar ou Chris Ware — entre autres!
Au sixième niveau, galerie 2 (BANDE DESSINÉE 1964 - 2024), il y aura, classés par thèmes, des planches d'Alex Barbier, de Nina Bunjevac, Charles Burns, Daniel Clowes, Florence Cestac, Guido Crepax, Robert Crumb, Ludovic Debeurme, Nicolas de Crécy, Brecht Evens, Emil Ferris, Anke Feuchtenberger, Fred, Dominique Goblet, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, José Muñoz, Thomas Ott, Gary Panter, Art Spiegelman, Chris Ware (et quelques autres, les noms ne tenaient pas tous sur l'affiche).
Au cinquième niveau (LA BD AU MUSÉE), des œuvres de quinze autrices et auteurs contemporains sont mises en dialogue direct avec les pièces de la collection moderne (1900-1960), créant des connexions subtiles. Là, il y aura Blutch, Brecht Evens, Dominique Goblet, Gabriella Giandelli, Éric Lambé, Lorenzo Mattotti, Anna Sommer et toujours Chris Ware. Rien que des gens intéressants. Bon, c'est vrai, ils en ont oublié (elle est où Alison Bechdel? il est où Guido Buzelli? Et Willem, et Franquin, et Bretécher? peut-être qu'ils n'avaient pas assez de place (c'est tout petit, le centre Pompidou, vous savez) ou qu'ils en gardent pour la prochaine fois. Mais bon ça va, c'est un excellent choix. Marion Fayolle sera là en personne, elle animera un atelier. On dit que Corto Maltese sera là aussi, mais vous savez comment il est, il ne fait jamais que passer (il est aussi demandé, tout l'été, au Lyon BD Festival!).
On nous promet des liens secrets à découvrir (the secret knots!)... c'est peut-être à la Bibliothèque publique d'information (c'est aussi au niveau 2) que vous pourrez croiser Corto, toujours à la recherche de documents sur les liens bien cachés entre l'Atlantide, Venise et le Continent Perdu?
BANDE DESSINÉE (1964 - 2024), Galerie 2, niveau 6; et
LA BD AU MUSÉE, Galerie 2, niveau 5
Centre Pompidou, Paris
11h-21h, tous les jours sauf mardi
du 29 mai au 4 novembre 2024
Attention: l'année prochaine la TGBAC (Très Grande Boite À Chaussures - quand on est pressé, on dit le centre Pompidou) sera fermée pour travaux, et le restera jusqu'en 2030! Profitez-en tant que vous pouvez.
Images © centre Pompidou - Paris Musées
lundi 27 mai 2024
Futur Branle-bas
Oisivetés, c’est le titre du livre qu’écrivit Vauban dans ses vieux jours, après avoir bâti un fort ou une citadelle dans chaque ville de France, et auquel fera écho mon futur Branle-bas.
Ce n'est pas souvent que Chevillard fait l'annonce d'un livre futur (il lui arrive, quand il le faut bien, de signaler une mise sur le marché, une traduction ou une réédition, mais qu'il parle de projets encore non réalisés, c'est plus rare); notre première réaction est de soupçonner une nouvelle facétie: faudrait-il croire tout ce qui est écrit dans l'autofictif ? puisque son métier, à Chevillard, c'est de faire des farces et attrapes (il le dit lui-même)... pourtant, je ne sais pourquoi, ma tripe me suggère que ce pourrait être vrai, que le démolisseur de Nisard pourrait bien cette fois bâtir quelque soubassement polygonal pour la statue de Vauban, (ou lui dire merde, on ne sait jamais avec Chevillard)... ou qu'en écrivant "faire écho", il veut simpement dire qu'il suivra l'exemple du poliorcéticien polygraphe en nous proposant un ramas de plusieurs mémoires de sa façon sur différents sujets. Alors? Ouvrons l'œil, on verra bien.
lundi 20 mai 2024
Elle a été perdue, cette musique-là
Un être savant, un jour, est venu, nous a instruits, nous, ignorants.
Il nous a appris à parler. Auparavant nous ne savions que chanter.
Ce fut une tentation. Il ne fallait sans doute pas accepter. Maintenant nous savons tous parler, après quelques années d’enfance et de balbutiements. Mais à présent on n’est plus comme avant. Ce n’est plus l’enchantement.
Il se faisait des choses. Il y avait des entreprises, des réunions, des travaux, des préparations en vue du futur. On avait des arbres. Il s’occupait de presque tout.
Autrefois il nous gouvernait. Nous n’avions pas à vouloir, à décider. Nous pouvions encore jouer. Il a disparu sans qu’on se l’explique.
Maintenant tout nous incombe à nous, il laisse faire. Il n’est plus intéressé.
Il fait comme s’il n’était pas au courant.
Ce n’est pas la première fois qu’il s’était détaché. Certes, à ses yeux nous ne sommes pas satisfaisants, pas non plus très intéressants. Nos pères-prédécesseurs savaient comment l’intéresser. Ils savaient, eux, ce qu’il fallait pour ne pas rester seuls et le faire revenir. Mais nous, nous ne savons pas, nous n’en avons pas trouvé le moyen.
Une musique auparavant nous reliait. Une musique nous avait été donnée pour cela, pour revenir à lui; à l’être si important qui pouvait nous gouverner notre terre. Une certaine musique. Elle le ramenait à nous, cette musique-là qui nous avait été léguée afin d’être le lien. Mais elle a été perdue celle-là.
Certains parmi nous quittent la tribu afin d’aller vivre avec les animaux sauvages. Nous les laissons partir.
Les bêtes sauvages n’en veulent pas. Elles ne se laissent pas tromper par des inclinations tumultueuses, par simplement des intentions.
De ce côté le fossé est grand et large, un fossé qui ne peut actuellement être comblé.
Car nous ne sommes pas des bêtes. Quoique d’une certaine façon nous ne soyons pas encore parfaitement des hommes. Nous le serons. Il ne faut pas désespérer. Nous l’avons été. Dans des temps anciens, nous le fûmes. En même temps que ceux-là qui présentement dans les bois et la savane sont redevenus entièrement des bêtes mais nous les respectons. Nous nous interdisons de surveiller leurs vies ou de chercher à savoir des choses sur elles, qui d’une manière ou d’une autre les humilieraient peut-être.
Car, malgré que nous nous soyons restés plus qu’à moitié hommes surtout par l’aspect et donc en avance sur elles, il est à craindre, il est possible que nous ne redevenions hommes complets et véritables, qu’après elles. On ne peut savoir. On ne peut être sûr. Se vanter ne serait pas bien.
Pour le moment, sur quatre pattes, ou autrement, elles attendent dans la forêt, dans des terriers leur lointain avenir d’hommes avec une grande dignité, avec une dignité exemplaire.
Henri Michaux: En route vers l'homme
dans Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions (1982)
Henri Michaux: œuvres complètes T. III, p 1186, Gallimard, Pléiade
dimanche 12 mai 2024
Serpent-corbeau
Me voilà invité chez une cousine âgée appartenant à la branche la plus "bourgeoise" de la famille; il faudra, comme à chaque fois, que je surveille mes manières, elle ne laisse passer aucun faux pas.
Son accueil est chaleureux; me suis-je inquiété pour rien? Ah, je comprends: elle a un service à me demander. Elle compte sur moi pour allumer et surveiller le feu dans la cheminée de la pièce où nous allons dîner, avant que les autres invités n'arrivent; elle me prévient que des problèmes de tirage font que le feu est parfois long à prendre.
Ce n'est pas, cette fois, ma cousine, c'est la cheminée, en fait, qui me regarde d'un œil sévère; de deux paires d'yeux sévères, plus précisément. L'encadrement de marbre lourdement sculpté est dominé par une insolite figure héraldique de bronze: une sorte de Gorgone, plantureux buste de femme à deux têtes, une de serpent, une de corbeau. Je ne suis pas surpris de la voir là: je savais déjà que cette figure syncéphalienne était depuis des siècles l'emblème de notre famille, mais je ne l'avais pas encore vue représentée avec un tel luxe de détails. Bigre, me dis-je au réveil (dans le demi-sommeil du matin), voilà une image qui plairait à Guillermo Del Toro; il faudra que je lui raconte ce rêve quand je le verrai.
jeudi 9 mai 2024
Suck it, Lichtenstein!
Vous pensiez peut-être qu'Indy, après avoir retrouvé son Arche perdue et menée à son terme sa dernière croisade, se reposait sur ses lauriers, comme tout Indy qui se respecte? ou bien, vous redoutiez que des gens qui lui veulent plus ou moins de bien annoncent pour bientôt un copier-coller de ses précédents exploits affublés d'un titre ronflant, comme font les gens qui ne respectent pas les Indy? Je parle d'Indy Stevenson, pas d'un autre Indy, je le précise pour éviter toute ambiguïté.
Ç'aurait été mal connaître Stevenson, parti explorer d'autres pistes dans la jungle de l'Art !
Écoutons ses explications:
In an Emoji History of Art, ND Stevenson Playfully Recreates Iconic Paintings
I cannot tell you how or why, but at some point a few years back I discovered that Instagram Stories not only allows you unlimited emojis, it ALSO allows you to enlarge them to an apparently infinite degree. Thus, a very strange new hobby was born. As far as I can tell, I am the inventor of this art form, since I am a genius and everyone else has a life.
Je ne sais pas quand ni comment, il y a quelques années j'ai découvert qu'Instagram Stories, non content de mettre à votre disposition ses emojis sans limitation, vous permettait EN PLUS de les agrandir tant et plus. C'est ainsi qu'est né un nouveau hobby, une forme d'expression artistique dont, sauf erreur de ma part, je suis le découvreur-inventeur (qui d'autre aurait pu? je suis un génie et les autres gens ont une vie).
Bref: sur la page perso d'Indy vous pouvez admirer le résultat: l'Histoire de l'Art revisitée en collages d'emojis!
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The artist began this piece completely confident in the existence of a pitchfork emoji. The artist was wrong. |
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Cette technique révolutionnaire permet de faire d'authentiques ready-mades! C'est fou, non? |
Stevenson n'a rien perdu du sens de l'humour qui vous avait, il y a déjà longtemps, rendu accro à son défunt site Gingerhaze. J'ai bien aimé la petite pique dirigée vers un artiste contemporain couvert de lauriers: d'où le titre.
mardi 7 mai 2024
Mai aors?
Alors, ce mois de Mai, commence-t-il bien? Avons-nous quelques bonnes nouvelles? Ma foi, dès à présent, vous pouvez voir l'exposition Joost Swarte, à la galerie Martel;
"La Galerie Martel est heureuse de vous convier au vernissage de l'exposition rétrospective consacrée à JOOST SWARTE, le jeudi 16 mai à partir de 18h, à l'occasion de la publication récente de son livre Biblio+Picto aux éditions Dargaud."
Séance de dédicaces
le vendredi 17 mai à partir de 17h
Exposition du 17 mai au 6 juillet 2024
17, rue Martel - 75010 Paris; ouvert de 14h30 à 19h, du mardi au samedi.
Bon, ce livre ne risque pas de chasser de vos étagères l'irremplaçable Total Swarte paru chez Denoël en 2012 (j'espère que vous l'avez! Non? vous auriez dû l'acheter quand il était tout frais sorti des presses!) mais c'est un livre bien sympa; et une exposition de dessins de Swarte, ça vaut toujours le détour!
Ça ne dure pas assez longtemps? Vous serez trop occupé tout le mois de Mai? C'est vrai qu'en Mai il y a des ponts à bâtir... Vous aurez tout l'été pour aller au musée Guimet voir l’exposition "Au cœur de la couleur": des porcelaines aux couleurs intenses, ça nettoie les yeux.
"Evénement de l’été au musée Guimet, l’exposition "Au cœur de la couleur" retrace la longue histoire de la porcelaine et des couleurs de grand feu en Chine entre les 8ème et 18ème siècles. Provenant de l’extraordinaire collection Zhuyuetang de Richard Kan (Hong-Kong) et de celle du musée Guimet, 250 chefs-d’œuvre illustrent le goût chinois pour la simplicité formelle et la pureté des coloris, issus de siècles de perfectionnement. "
Du 12 juin au 16 septembre 2024
Musée Guimet - Rez-de-jardin
Ça compte comme bonnes nouvelles, non?
(en attendant mieux)
mercredi 1 mai 2024
Inventer, est-ce un travail ou une fête?
Est-il arrivé qu'un livre m'aide à traverser une période de deuil?
Oui. Ce livre, c'était
L'invention de la solitude, de Paul Auster.
Merci, Paul Auster.
Paul Auster, 1947-2024