dimanche 8 mars 2020

Journée Internationale des Lapins Blancs


Il y a quelques jours, James Gurney racontait sur son blog une charmante histoire de lapins - quoi de plus normal sur le site d'un peintre animalier réputé? - et plus précisément de lapins blancs: comment, en 1893, le sculpteur Lorado Taft, chargé de superviser l'ornementation sculptée des pavillons de l'Exposition Universelle de Chicago - la Columbian Exposition - et confronté comme il arrive souvent dans les entreprises de cette sorte à une deadline impossible, demanda timidement à son commanditaire,  Daniel Burnham, si par hasard, en raison de la pénurie de candidats de sexe masculin qualifiés pour ce travail, il lui serait permis d'embaucher, fût-ce au prix d'une entorse à la procédure habituelle, quelques-unes de ses élèves (il enseignait aux jeunes filles du Chicago Art Institute).
Il lui fut répondu: Pour que le travail soit fait dans les délais, vous pouvez embaucher qui vous voulez, même des lapins blancs!

Aussitôt dit, aussitôt fait: ce furent des Lapins Blancs qui terminèrent fontaines monumentales, arcs de triomphe et groupes allégoriques - tout ce qu'il fallait en 1893 pour une Exposition Universelle réussie. 

Une première dans l'histoire des commandes officielles (il y avait moins de trois quarts de siècle que les jeunes filles étaient admises dans quelques écoles d'art (pas toutes); et jusque là, ç'avait été pour développer un talent de société plutôt que dans la perspective d'exercer plus tard un métier).

Qui étaient ces Lapins Blancs? Hé bien, outre Zulime, la jeune sœur de Taft, il y avait Julia Bracken (1871–1942), Carol Brooks (1871–1944), Ellen Rankin Copp (1853-1901), Helen Farnsworth Mears (1867–1916), Margaret Gerow (qui disparut de l'histoire de la sculpture après avoir épousé.... un sculpteur), Mary Lawrence (1868–1945), Bessie Potter (1872–1954), Janet Scudder (1869–1940) et Enid Yandell (1870–1934).


Pour illustrer ce billet, une œuvre (la dernière) d'Helen Farnsworth Mears, un des Lapins Blancs:
 


la Mort, en retirant son voile, 
révèle qu'elle est aussi la Vie.

Cette allégorie fait le lien avec le billet précédent, consacré en partie au mythe de Perséphone: c'est, bien sûr, la raison pour laquelle je publie ce billet aujourd'hui.
 


Merci Gurney Journey!
Illustration: Wikimedia Commons

lundi 2 mars 2020

Aux Champs Élyséens j'ai goûté mille charmes: Lore Olympus (Grands Webcomics du XXI° siècle, 10)



Hades: - Persephone, you're one of the reasons 
why the mortals see us as Gods 
and not complete monsters.


Lore Olympus (webcomic écrit et dessiné par Rachel Smythe) je l'ai découvert grâce à Algésiras (merci Algésiras!) et j'y suis devenu accro (euh… merci?).

Les Immortels ont fait les hommes à leur image, et Rachel Smythe le leur a bien rendu.

Être immortel, concrètement, ça a quoi, comme conséquences? Hé bien, par exemple, on n'est jamais démodé, on peut même se permettre d'avoir de l'avance sur la mode, puisqu'elle a l'éternité pour nous rattraper.
Dans Lore Olympus, les mortels - on en aperçoit quelques-uns, ils font de la figuration, tous les premiers rôles étant, eux, immortels - portent le chiton ou l'himation, les sandales et le pétase, et ils parlent comme des contemporains d'Homère, ils disent des choses comme: "Éloigne-toi, ô toi qui ne dois pas être vu!" ou "Être divin, entends la prière de celui-ci qui fut mortel et qui n'est plus qu'une ombre! Permets que prospère la ferme que j'ai laissée à ma famille!"
Les Immortels, eux, n'ont pas de scrupule à dire "Oh, shit" et à se déplacer en limousine (elles doivent fonctionner, je suppose, à l'énergie éthérique, ou phlogistique, plutôt qu'à l'essence de pétrole). Et ils tweetent. Et ils font des selfies. Et ils vont cancaner sur SnarkyChat. Et ils se friendent sur Fatesbook. 
Que voulez-vous, ils sont faillibles: ça, ça n'a pas changé depuis  les temps homériques.
Le procédé en soi n'est pas nouveau: déjà dans l'Ulysse de Lob et Pichard, déjà dans Thor ou Wonder Woman, certains des attributs des dieux étaient représentés comme des engins hyper-technologiques (toute technologie suffisamment avancée étant indiscernable, etc. etc. vous connaissez le refrain). 
Ce qu'en fait Rachel Smythe: elle en décrit les effets sur la "vie quotidienne" de ses immortels, et ça ressemble beaucoup à vos propres mésaventures connectées. 
Vous pensiez que la mythologie était quelque chose de très éloigné de nous? Think again.

Tout le panthéon grec est présent dans le webcomic de Rachel Smythe: sa character list est plus classe que la guest list du festival de Cannes. Une liste, donc, bien colorée, mais c'est un petit bonbon rose qui vole toutes les scènes où elle apparaît: Korè - pardon, je veux dire Perséphone. Comme vous partagez avec les Immortels le privilège d'aller sur internet, vous trouverez facilement des tonnes d'informations sur Perséphone et sa famille compliquée: par exemple chez Terri Windling, qui va rapidement à l'essentiel ou sur Wikipédia qui est plus prolixe et fournit un tas de liens vers des ouvrages spécialisés. Attention, spoiler: une des premières choses qu'en faisant ces recherches vous apprendrez sur notre héroïne est sa généalogie, que dans le webcomic cette jeune fille innocente ne connaît pas encore  à ce jour, au bout de cent épisodes, sa maman ne lui a toujours pas révélé qui était son papa (autre spoiler: Rachel Smythe est en train de concocter une explication de son cru - peut-être inspirée par ces vers de la Théogonie qui mentionnent des déesses ayant conçu sans s'être unies à aucun autre dieu? - à la venue au monde de Perséphone).
Et il y a d'autres choses dont Déméter n'a encore jamais parlé à Korè.
Erreur pédagogique très commune.
Même si - prenons un exemple au hasard - vous vous appelez Hébé et si vous êtes l'incarnation de la Jeunesse, vous n'appréciez pas que votre maman Héra, en réponse à des questions sérieuses, vous dise "C'est compliqué, c'est des histoires de grandes personnes" en vous faisant pouic sur le nez comme si vous étiez un bébé.

Comme le récit de Rachel Smythe, malgré les apparences, est très fidèle au mythe, nul doute que Korè apprendra un jour tout ce qu'on ne lui a pas dit, et… ce sera intéressant de voir comment Rachel mettra en scène sa réaction. 
Jusqu'à présent, la principale préoccupation de la petite Korè a été de ne jamais décevoir personne - surtout pas sa maman - mais peu à peu une deuxième préoccupation se fait jour: celle de s'affirmer, de prouver qu'elle n'est pas juste une petite campagnarde naïve (c'est comme ça qu'elle se décrit elle-même à plusieurs reprises); elle découvre petit à petit (comme les héroïnes de Marvel ou de DC) qu'elle a des pouvoirs qu'elle ne soupçonnait pas (elle peut voler!!! qu'est-ce qu'elle peut bien encore avoir en réserve?), et, ma foi, c'est bon pour l'estime de soi, ce genre de choses.

En lisant son CV (vous ne le trouverez pas dans la bibliographie proposée par Wikipédia: c'est une exclusivité Lore Olympus), on est bien sûr, tenté de la décrire comme une "overachiever":
- Overall winner chess Olympus championship, 3 times running
- Junior swimmer Olympianswimming champion
- Mathematics champion
- Newest recipient of the
TGOEM (The Goddesses of Eternal Maidenhood) academic scholarship…


Ah. La bourse d'études offerte par Les Déesses de l'Éternelle Virginité (immarcescibles administratrices: Hestia, Athéna, Artémis).
Les Olympiens s'intéressent-ils assez à la mythologie? Il y a un truc mentionné dans un mythe, un gadget appelé la Boite de Pandore. Les Déesses de, etc, n'ont peut-être pas assez médité l'avertissement contenu dans ce mythe. Le cursus choisi par Perséphone (qui a grandi dans un environnement hyper-protégé) impliquait qu'elle fasse un stage en entreprise; Héra, la reine de l'Olympe, lui a fourni une recommandation pour une des plus prestigieuses: elle ne pouvait pas faire moins, n'est-ce pas, pour la fille de la grande Déméter… et c'est comme ça que tout a commencé.
Pourquoi certains d'entre vous ont-ils un mauvais pressentiment?
C'est la drôle de tête qu'a fait Déméter quand on lui a appris la bonne nouvelle qui vous inquiète?
Déméter, des temples lui sont consacrés par toute la Terre, des prières sans nombre lui sont adressées tous les jours: c'est comme par réflexe qu'on lui fait confiance… pourtant dans certains épisodes de Lore Olympus sont disséminés des indices qui suggèrent qu'elle garde pour elle quelques sombres secrets de famille.



Pour nous rassurer, allons interviewer le superviseur de Perséphone.
- Monsieur Hadès, hum, euh… grand Hadès, ô Souverain du Monde d'En-Bas, voulez-vous bien vous présenter pour nos lectrices et lecteurs?
- I'm an immortal being with unspeakable powers and unmeasurable reach.
- Et…  pouvez-vous nous dire ce que vous pensez de votre nouvelle stagiaire?
- She just makes me feel all warm and snuggly inside when I think of her.
Wait… I mean… No comment.


Je me sens moi-même tout warm and snuggly inside quand je vois Perséphone: même réaction dans tout le vaste fandom que Lore Olympus, en deux ans, a déjà accumulé.
La forme choisie par le site Webtoon qui héberge la série est particulièrement bien adaptée à la lecture sur écran (et sur tablette). Contrairement à plusieurs des webcomics dont nous avons déjà parlé, cette présentation ne reprend pas les codes de la page imprimée: pas de gaufrier, les cases s'affichent l'une après l'autre.
Certaines cases se suivent à touche-touche; entre certaines autres, la narratrice a interposé une certaine distance qui impose au lecteur un scrolling délibérément frustrant.  Entre une remarque pertinente (ou impertinente, ça dépend du point de vue) de Perséphone


 et la réaction de son interlocuteur,



prend place une attente insoutenable qui peut durer jusqu'à… plusieurs dixièmes de seconde, et c'est délicieux.
Il y a ainsi une scène dans un ascenseur (pas n'importe quel ascenseur, celui qui mène des régions supérieures de l'Hadès jusqu'aux régions… inférieures - ça fait beaucoup d'étages) qui vaut son pesant de baklava. Il me suffira de vous dire que les "silences" y comptent autant que le dialogue.


- Et vous, Hécate, Maîtresse de la Nuit, que pensez-vous de Perséphone?
- She's a sight for sore eyes.

Je confirme: chaque apparition de Perséphone dans ce webcomic qui n'a pas peur de faire clasher les couleurs me fait du bien aux yeux.

De toute évidence, tout ne sera pas simple pour Perséphone: les super-pouvoirs ne résolvent pas tout (demandez à Superman). 
Mais on peut attendre la suite avec confiance: elle est pleine de ressource, la petite.
Au moment où je vous parle (et il en est ainsi depuis un temps immémorial),  Perséphone prend dans son panier à provisions la farine et le beurre, puis elle pétrit la pâte, bientôt elle disposera la baklava  dans la corbeille.
Elle sait ce qu'elle fait, ne vous en faites pas.





Jeunes gens, prenez-en de la graine.
Et à l'occasion, demandez-vous pourquoi les mystères la germination sont célébrés loin des rayons du soleil.


Un dernier conseil: si vous pressentez que vos jours sont comptés, voici un contact utile:
persephone@underworld.com
Il ne sera sans doute même pas nécessaire de lui dire "Déesse de beauté et de compassion, entends ma prière", elle prêtera attention même à un simple "je crois qu'on devrait se voir bientôt, vous auriez un créneau pour qu'on se parle?"
Cette déesse pourra sans doute vous apporter plus d'aide qu'Hermès et Thanatos réunis.




Toutes les images © Rachel Smythe

vendredi 28 février 2020

Ça ne lui ressemble pas


C'était devenu un gimmick dans les pages des Échos des savanes de la bonne époque: Claire Bretécher n'était pas ressemblante (elle tenait à le préciser pour éviter toute équivoque), Gotlib et Mandryka n'y pouvaient rien: c'était justement à ça qu'on la reconnaissait.



Ressemblante ou pas, Claire Bretécher va nous manquer.
Beaucoup.
Ce qui ne lui ressemble vraiment pas, en fait, c'est d'être partie (pas même un 1er avril ou à la rigueur un 29 février) sans accompagner sa sortie du moindre gag, sans même nous faire connaître au préalable l'opinion du Docteur Ventouse, qui en d'autres temps ne lui fut pourtant pas avare de confidences.

"Docteur, le numéro vingt-six est devenu non-vivant, qu'est-ce qu'on fait?"

Elle n’allait jamais aux enterrements, elle ne supportait pas ça. D’ailleurs, je n’irai pas au sien car elle ne serait pas allée au mien. Elle fuyait les emmerdements. Un artiste, ça a besoin de se préserver. Elle ne savait peut-être pas tout faire. 
Mais ce qu’elle faisait, elle le faisait bien.
Delfeil De Ton
Dessin R. B.

vendredi 7 février 2020

Tablée


Vous avez aimé la recette toute simple que j'ai trouvée dans un livre de recettes de Philippe Annocque, et dont je vous ai fait part l'année dernière?
En voici une autre qu'on pourrait croire écrite spécialement pour cette rubrique "à table!".

HIPNATA! hurlait-elle.
DABIDO! braillait-il de son côté.
Heureusement que j'étais là pour appeler à table.


 Philippe Annocque, Vie des hauts plateaux,  
ISBN 979-10-92723-06-9

vendredi 31 janvier 2020

Sale temps pour les funambules


Ces funambules (sans se concerter, chacun dans son coin) avaient tendu des cordes raides sur lesquelles ils effectuaient des cabrioles, sans jamais tomber dans l'abîme qui s'étendait au-dessous-d'eux à perte de vue.
Quel abîme? Je parle du bon goût, bien sûr.
Les limites de ce fameux bon goût,  vous pensez s'ils les connaissaient!
Équipés comme ils l'étaient d'une vaste culture, ils auraient pu en tracer une carte les yeux fermés, en estimer au pouce près la profondeur; et si en exécutant leur numéro ils se contorsionnaient parfois (accrochés à leur ombrelle) jusqu'à en effleurer la surface, ils réussissaient, à l'ébahissement du public, à ne jamais y tremper un orteil.

Cet hiver, au premier rang des spectateurs, le vieux 2019 et le jeune 2020, au coude à coude pour la première et la dernière fois, entre deux salves d'applaudissements, échangèrent un clin d'œil et entonnèrent d'une seule voix la fameuse punchline:  

Et, appréciant la référence, ces trois artistes de cirque aérien répondirent par la plus finale des révérences.

Toshio Saeki est mort le 21 novembre 2019, on ne l'a su que bien plus tard.
Alasdair Gray l'a suivi le 29 décembre (le décalage dû au fait qu'il tenait à fêter, le 28, son 85e anniversaire), 
et Terry Jones le 21 janvier de la nouvelle année.

Toshio Saeki.
Vous imaginez ce que ça aurait pu donner si Roland Topor s'était dit après une soirée bien arrosée: Tiens, juste pour me marrer, la prochaine fois que je dessine une sangsue géante qui sort d'une fille par un trou pour entrer dans un garçon par un autre, je dessine tout ça comme si j'étais Edgar-Pierre Jacobs, les copains vont en faire une tête, arkh-arkh-arkh! 
Ça c'était à peu près la manière de Toshio Saeki: un humour aussi déplacé que celui de Topor (moins le rire de Topor, que celui-ci était seul au monde capable de produire), une application aussi minutieuse que celle de Jacobs. 
Pendant cinquante ans, Saeki dessina de lumineux intérieurs japonais, des jardins zen parfaitement ratissés, dans lesquels étaient perpétrées des abominations indicibles.
Je vous souhaite bonne chance si vous cherchez ses gros bouquins publiés dans les années 80-90, mais un de ses premiers recueils, Red Box, vient d'être réédité, d'abord au Japon par Kokushokankokai, puis chez nous par Cornélius.

Alasdair Gray maniait le pinceau et la plume.
Peu soucieux d'appliquer des recettes, il produisit des peintures, des fresques et des vitraux qui se gardaient bien de se rattacher à aucune école; il illustrait aussi ses livres, tous imprévisibles, qui n'ont en commun que de vous emmener là où vous ne vous attendiez pas à aller.
Si vous voulez du long, il a écrit Lanark, un livre-labyrinthe où vous serez sûrs de vous perdre; si vous voulez du court, il a disséqué l'énorme Frankenstein et l'a ré-assemblé (avec une remarquable économie de points de suture) sous la forme d'une novella taille mannequin, Pauvres créatures (Poor Things).

Quant à Terry Jones

Terry Jones, déjà raide en 1977.
Il a tout fait. Tout. Même des choses sérieuses (mais sans oublier de rester Terry Jones). C'était lui qui se chargeait de dire "Moteur!" sur les plateaux où l'on tournait les sketches des Monty Pythons, et "Coupez!" quand il devenait évident qu'il fallait faire une retouche de maquillage aux Chevaliers qui disent Ni, au chœur des pharisiens ou aux employés de la Crimson Permanent Assurance. Croyez-moi, ce n'était pas une petite responsabilité. Réaliser par la suite des séries didactiques pour la BBC, ce fut pour lui de la petite bière (et il s'y connaissait, en bière).
Et comment oublier que, pour accompagner les merveilleux dessins de Brian Froud, c'est lui et nul autre qui rédigea les notices biographiques (judicieusement concises, elles vont droit à l'essentiel) de Luerk, de Püg, de Pilch, de Sküell, de Gibbergeist et Candlewic, de Maeliciöüs et Klunkit et de tant d'autres?
Quant à l'aisance sans pareille avec laquelle il porta les bigoudis, le fichu de rayonne et la blouse de nylon aux tons pastel dans les rôles de ménagère britannique qu'il incarna tant de fois avec brio, elle remplissait d'une admiration silencieuse son aîné de peu d'années, Michou, qui, le cœur brisé, ne tarda pas à le suivre.


Oui, sale temps en ce début d'hiver. 
J'espère que le 21 février la météo sera meilleure. 

dimanche 26 janvier 2020

Tas de ris de rats


Hé bien ça y est, nous sommes entrés dans l'année du Rat!


Ce rat-ci, comme tous les rats de bibliothèque, se savait le bienvenu sur ce blog: soucieux du protocole, il a sagement attendu le début de l'année lunaire pour se présenter. 
Mais, infatigables voyageurs du net, vous avez sûrement noté, en feuilletant les Mélakarnets, qu'une certaine souricette s'est montrée moins patiente, et a, depuis quelques jours déjà, élu domicile chez  nos amis Mélaka et Reno -  plus précisément sur Reno.
C'est dans l'ordre des choses: les muridés (rats, souris, mulots et campagnols) sont, depuis l'aube de l'Histoire, de si fidèles commensaux des humains que les sages chinois voient en eux des signes extérieurs de prospérité. Heureux présage, donc, pour Mélaka et Reno:  puissent toutes leurs entreprises prospérer!

Au fait, vous avez pensé à vous abonner à Mazette?

 

jeudi 16 janvier 2020

Mince, il ne manquait plus que ça



Dans ce rêve, je suis emprunté, timide, maladroit - je veux dire, encore plus que dans la vie de tous les jours. Je ne trouve rien à répondre à une remarque acerbe; j'oublie un rendez-vous; après avoir serré la main de deux personnes (que je connais bien), je décide, pour la forme, de serrer la main d'une troisième personne (que je ne connais pas du tout, et qui se trouve là, à ce qu'il me semble, par hasard); au moment où je commence à me diriger vers elle, la main tendue avec un enthousiasme feint, je réalise que je me trouvais juste un peu trop loin d'elle, au moment où j'ai amorcé ce geste, pour qu'il semble naturel: je dois faire encore trois grands pas la main tendue et j'ai l'air plus empoté que jamais (flûte flûte, me dis-je intérieurement, j'aurais dû m'approcher d'abord et tendre la main ensuite).

Mais mes petits soucis sont éclipsés par la nouvelle qui s'abat sur nous: le président - le président Nixon - vient de mourir dans un accident d'avion, au faîte de sa popularité, et les institutions du pays sont menacées par une crise. J'entends un officiel déclarer d'un air consterné: "Tout ce qu'il a accompli va être jeté bas par les adversaires déterminés qu'il s'était fait…"


Tout le monde est désolé pour ce pauvre président.


C'était un rêve, rappelez-vous.  



mardi 7 janvier 2020

Et ni, ni


En ce 7 janvier 2020, ta d loi du cine, "squatteur" chez dasola nous propose un large choix de lectures utiles, voire indispensables; pâle d'envie devant le souci d'exhaustivité de mon confrère squatteur, j'ose à peine avouer que j'ai quelques chouchous dans cette longue liste: par exemple  
d'Honoré (La Martinière, 2016), ou 
Ni Dieu ni Eux de Tignous 
(Le Chêne - c'est à dire Hachette - 2017).

vendredi 3 janvier 2020

Nananniversaire, nanananana


C'est l'anniversaire de qui aujourd'hui?
Celui de Greta Thunberg.
Bon anniversaire Greta Thunberg!

S'il te plaît, Greta, dis-nous que tu les enterreras tous? 
Hein? S'il te plaît?




mercredi 1 janvier 2020

En 2020, gagnons du temps


Ce matin, Kwarkito, levé de bonne heure, nous rappelait à point nommé le mot de Gramsci
"Je veux que chaque matin soit pour moi 
une année nouvelle".
 
Écoutons Gramsci, ne faisons pas les choses à moitié: 
en 2020, je vous souhaite 366 bonnes années!