vendredi 10 juillet 2026

Des chutes dans l'humus

Dans les dernières nouvelles, il y a un peu de bon, et un peu de mauvais.

Bonne nouvelle: on avait eu peur, il y a quelques années, pour Peow Studio, l'éditeur qui nous avait fait découvrir le premier album de Linnea Sterte: ils avaient cessé de vendre en ligne,  et pendant longtemps, ils n'avaient rien publié de nouveau. Mais ça va mieux pour eux: sous le label "Peow2", sur un site remis à neuf, une nouvelle histoire de Linnea Sterte, au dessin plus moebiusien que jamais, est annoncée: A Garden of Spheres. Un jardin de sphères, la traduction française, est 
aussi en précommande sur le site des Éditions de la Cerise; la Cerise ne perd pas de temps! et elle propose aussi d'autres titres de Sterte (et bien d'autres bonnes choses). Et chez les deux éditeurs, on pourra trouver une nouvelle édition "augmentée" de In Humus (Stages of Rot)!

Mauvaise nouvelle: la société Sauramps dépose son bilan. Le groupe est en liquidation judiciaire, "faute de repreneur", et les libraires ne savent pas ce qu'il va advenir de leur librairie. Chaque fois que je passais par Montpellier, je m'arrêtais un long moment dans cette librairie: elle était grande, on pouvait s'y perdre! (je n'ai pas eu l'occasion de visiter celle d'Alès; et maintenant, pour ça, il est bien tard...).  

jeudi 9 juillet 2026

Presque, mais pas tout à fait?

Dans la nuit du 24 au 25 (du mois dernier) j'ai rêvé que j'allais me faire vacciner: la salle de vaccination ressemblait à une salle de classe où on avait poussé les bancs contre les murs. Sur les bancs, entre les armoires métalliques,  des grappes de gens attendaient; mais voilà  qu'on m'appelle déjà, comme si j'allais passer en priorité!

C'est le lundi suivant, justement (ce lundi), que j'avais pris, de longue date, rendez-vous pour mon rappel de vaccin; à l'heure convenue, pas d'autre candidat à la vaccination; le laborantin m'accueille avec le sourire mais quand il revient de sa réserve il a l'air déçu: il vient de s'apercevoir que sa dernière boite de vaccins était périmée. Il faut qu'il refasse une commande et me propose de revenir dans une semaine.
Ce n'est pas encore pour cette fois
(que j'aurai eu un rêve prémonitoire).

mardi 7 juillet 2026

Bonnes résolutions pour l'été

 La surconsommation d'eau liée aux fortes chaleurs engendre un risque de coupures d'eau potable imminentes dans certaines zones de Loire Atlantique et de Vendée.
  Résolution: 

Ne buvez plus d'eau! Surtout si vous êtes dans l'est de la France, où vous avez le choix entre le calva, le cidre, le chouchen, l'armagnac, le cognac et pour les petites soifs les muscadets, les cabernets, le pineau des Charentes... ce ne sont pas les solutions qui manquent!
 

 La récente vague de chaleur (est-ce qu'on peut dire qu'elle est terminée, ou pas? on sait pas) a causé (nous dit le ministère de l'agriculture) +1000% de mortalité chez les poules, +200% chez les porcs, +45% chez les bovins; et (chiffre fourni par SOS Vétérinaires) une augmentation de près de 60% des morts d’animaux de compagnie. 
  Résolution: 

Commencez à envisager d'adopter des bovins comme animaux de compagnie, au moins pendant la (les?) prochaine(s?) vague(s?) de chaleur. Les poules, au contraire: oubliez.


 Michel O***, personnalité médiatique (vous voyez qui c'est), nous a rappelé fort à propos (sur un média à grande écoute) que la planète est dans une configuration d'univers qui, eux-mêmes, sont dans des configurations de plurivers ou de multivers et qu'il y a des interactions qu'on ne connaît pas.
  Résolution: 

Étudiez sans tarder et avec le plus grand soin les configurations de plurivers ou de multivers, si vous vous attendez à ce que de futures interactions avec les multiréalités puissent affecter vos projets de vie: si ça fait pas de bien, ça peut pas faire de mal.


vendredi 3 juillet 2026

Quêtes fantastiques: y aller pas à pas

 Un récent billet de Phersv a valu à notre blog un afflux exceptionnel de visiteurs; essayons (dans la mesure de nos moyens) de lui rendre la pareille. 
Son billet du 29 juin sur son blog Anniceris ne met pas seulement en lumière un jalon peu connu de l'histoire de la fantasy romanesque: Phantasmion, de Sara Coleridge (de l'intéressante famille Coleridge); il en souligne la proximité avec un très long poème de Robert Southey (un ami de la famille en question!), Thalaba the Destroyer, inspiré des Mille et Une Nuits. Prudent, notre ami blogueur nous met en garde: ce ne sont pas des page-turners, leur verbosité décomplexée lasse vite le lecteur contemporain! Dans un billet plus ancien, il avait fait les mêmes réserves sur la fameuse épopée de Spenser, The Faerie Queene qui, dit-il non sans malice, fait partie des "Grands Illisibles" du Canon occidental, un énorme poème que seuls des érudits et des étudiants en littérature anglaise doivent encore lire en entier.  Plus sévère encore pour Southey, Phersv commente: "Le texte paraît illisible tant il est répétitif mais Shelley ou Keats l'avaient adoré (et je ne peux pas croire que Tolkien n'en ait pas eu quelque influence inconsciente)". En outre, il précise (en réponse à un commentaire) que du poème de Southey on ne connaît pas de traduction française et que même en anglais, il n'y a que des reprints de vieilles éditions, pas de rééditions annotées ou révisées.
On l'a compris, si on ne peut manquer de ressentir, pour la pionnière Sara Coleridge, admiration et sympathie, on ne se sentira pas obligé de partir à la recherche des œuvres de Southey et de Spenser.
Mais Phersv n'en reste pas là: c'est la généalogie de la fantasy qui l'intéresse (justement, nous aussi!) et il mentionne une série d'auteurs beaucoup plus accessibles, à commencer par Jacques Cazotte (le diable amoureux!) qui avait déjà écrit une parodie fantastique des Mille et Une Nuits, Mille et Une Fadaises (en 1742) puis en avait rédigé une Suite publiée en feuilleton dans le Cabinet des fées  (le Cabinet des fées est aujourd'hui partiellement disponible en poche), puis The Princess and the Goblin  de George MacDonald, The Worm Ouroboros d'Eddison, et le très curieux The Blazing World, de Lady Margaret Cavendish, duchesse de Newcastle: une œuvre non sans quelque parenté avec la Clélie de Madeleine de Scudéry ou l’Astrée d'Honoré d'Urfé, mais avec injections de bizarreries quasi science-fictionesques,  de beaucoup de bruit et de fureur (et de proto-féminisme!).
Les "Grands Illisibles" n'ont pas  été admirés que par leurs contemporains: The Faerie Queene a inspiré à Michael Moorcock sa Gloriana; l'Orlando de l'Arioste, à Chelsea Quinn Yarbro son Ariosto Furioso (et je me permets d'ajouter que l'épisode de Britomart fut une des inspirations d'Italo Calvino pour Le  Chevalier Inexistant).
Vous savez ce qu'il vous reste à faire: écrivez à votre tour une fantaisie bien héroïque, avec des chevaliers, des géants, des chevaux magiques, des oiseaux magiques, des fleurs magiques; des reines, des fées, pourquoi pas des reines des fées, des voyages dans la Lune: que tous vos serpents s'en mordent la queue, et Phersu rendra compte sur son blog de vos travaux et traverses! 


mercredi 1 juillet 2026

Bientôt les feux d'artifice

 C'est le premier Juillet aujourd'hui! Juillet, un mois de fêtes! À qui souhaiter un bon anniversaire? 
À notre amie la Cour pénale internationale, bien sûr! Née le premier juillet 2002, elle a vingt-quatre ans aujourd'hui
(mais pas encore toutes ses dents).


dimanche 28 juin 2026

La fin du mois de juin, à l'heure des vêpres

La voilà, la fin du mois de juin, et c'est l'heure des vêpres.
Alors replongeons-nous dans ce petit conte d'Antonio Tabucchi, que je persiste à vous recommander. 

Le premier oiseau arriva à la fin du mois de juin, à l'heure des vêpres, quand tous les moines étaient à la chapelle pour l'office. Fra Giovanni da Fiesole, dans ses conciliabules intérieurs, continuait à s'appeler Guidolino, nom qui était le sien avant son entrée au couvent; il se trouvait dans le jardin, occupé à ramasser des oignons, et c'était là son emploi, car en quittant le monde il n'avait pas voulu renoncer au métier de son père, le maraîcher Piero qui cultivait des asperges, des courges et des oignons dans le clos de San Marco. Les oignons étaient de cette variété rouge à gros bulbe, très doux pourvu qu'on les mette à mollir, mais qui provoquent abondance de larmes dès qu'on les tient dans la main. Il les mettait dans sa robe de bure pliée en forme de sarrau quand il entendit une voix qui l'appelait: "Guidolino!" 
Il leva la tête et vit l'oiseau.
Il le vit a travers les larmes qui embuaient ses yeux à cause des oignons, pendant quelques instants il fixa sa silhouette agrandie et déformée comme par une loupe extravagante, puis il cligna des paupières pour sécher ses larmes et regarda de nouveau.

Antonio Tabucchi: Les oiseaux de Fra Angelico
Traduit de l'italien par Jean-Baptiste Para 

 

Wendy et Trevor, et Gemma et Josie, et Adam et Evan, et Marsha et Trixie...

Petit à petit, je vais rattraper le retard que j'ai pris en juin...
Pour le festival d'Annecy, était-il bien nécessaire que je vous prévienne à l'avance? Vous êtes des jeunes gens modernes, avec des moyens de communication modernes, vous avez créé des alertes sur votre smartphone et tout ça, vous le saviez, n'est-ce pas, que c'était cette semaine? Vos avez pu y aller? Si vous n'avez pas pu, voici le palmarès, qui réservait quelques surprises (des films qu'on n'attendait pas et qui ont raflé plusieurs prix). Ce que je retiens, c'est une annonce: SuperMutant Magic Academy, le comic de Jillian Tamaki dont je vous ai dit tant de bien, est en cours d'adaptation par Cartoon Network Studios en série animée! Quand on en saura davantage, je vous en parlerai, c'est sûr.  

samedi 27 juin 2026

Stress émotionnel

 En ce mois de juin 2026 j'ai ressenti un peu le même genre d'accablement qu'en janvier 2015 (vous vous souvenez de janvier 2015?): une impression d'à quoi bon? À quoi bon... tout?... lorsque les tentatives pour rendre le monde un peu meilleur échouent, tandis que celles pour le rendre beaucoup pire réussissent?
Écrire un blog est une activité si futile que la probabilité qu'elle rende le monde meilleur ou pire est à peu près nulle, alors
reprenons-nous,  reprenons là où nous en étions restés.

John Blanche. Y en a-t-il parmi vous, lecteurs, à qui ce nom de ne rappelle rien? Ce serait surprenant, mais après tout, c'est possible: certains parmi vous n'étaient pas abonnés à White Dwarf dans les années 80, d'autres n'étaient peut-être même pas nés? Pour ceux qui à cette époque cherchèrent fébrilement dans toute la presse ludique les photos de la figurine qui reçut le Golden Demon Award 1987, le Minotaure du Chaos avec sa bannière insolente, le lent effacement du peintre-illustrateur-sculpteur de figurines (passé un certain âge, comme tant d'autres, il produisit de moins en moins) fit que l'annonce de sa mort ne fut pas vraiment une surprise, mais surtout un rappel: que le temps s'en va et ne revient pas.
En revanche, je n'imagine pas qu'aucun d'entre vous n'ait pas lu, relu et re-relu les albums de Marjane Satrapi, visionné et re-visionné ses films, et n'ait pas été stupéfait d'apprendre qu'elle était morte bien trop tôt. 

 


Ses proches ont annoncé dans un communiqué qu’elle était « morte de tristesse », un peu plus d’un an après la perte brutale de son mari, Mattias Ripa, disparu en avril 2025.
Est-ce que c'est un euphémisme?  Est-ce que c'est à prendre au sens littéral? Cela a-t-il quelque chose à voir avec le syndrome de tako-tsubo, ou syndrome des cœurs brisés? Il paraît que c'est dû au stress émotionnel.


Marjane, ta mort nous as tous rendus tristes,  peut-être qu'un jour si rien ne vient nous empêcher d'être tristes nous allons tous mourir?


jeudi 4 juin 2026

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

 La disparition de John Blanche, il y a trois jours,  avait porté un coup à mon moral, et voilà qu'une autre nouvelle tombe: c'est Marjane Satrapi qui va nous manquer, à un moment où nous avons plus que jamais besoin de gens comme elle.
Mais qu'est-ce qu'elle a, cette année?

 

mardi 2 juin 2026

Tout corps tombe à une vitesse définie

 Areski n'est plus dans l'immeuble. C'est normal, l'immeuble n'est plus là non plus. Nous aimerons toujours Areski et Brigitte Fontaine, qu'ils soient ici, là ou ailleurs, ça aussi c'est normal.
La la lala,  lalalalaaaa lala...

Areski Belkacem 1940-2026