jeudi 19 juillet 2012

23/13/2012



Je rêve que quelqu'un rêve.
Dans son rêve le personnage de mon rêve entend une voix douce lui dire: Sean!…  Sean? Réveille-toi!
Et je vois le personnage de mon rêve se réveiller...
(ce n'est pas moi, d'ailleurs je ne m'appelle pas Sean).
Alors je me réveille aussi.
Pourtant personne ne m'a appelé, il me semble?


samedi 7 juillet 2012

Fin de partie


La grande bacchanale du Musée du Quai Branly a pris fin*.

Les Maîtres du Désordre, 
une exposition au Musée du Quai Branly.  


Mais, vous en avez sans doute fait l'expérience, il arrive parfois que des invités s'incrustent après la fin d'une party.




*Vous avez vu? Elizabeth en avait parlé sur Sédiments


Photos: droits réservés.

samedi 30 juin 2012

Les miettes, c'est le meilleur (I Wish, de Kore-Eda Hirokazu)


Je croque une groseille et, bien sûr, le goût de la petite baie 
me ramène quarante ans en arrière, dans le jardin 
de mes grands-parents, sur la rive de la Briance – il me 
semble que Proust a écrit quelque chose 
sur le pouvoir d’évocation 
des saveurs (à vérifier).


Depuis que j'ai vu I Wish, je ne parviens plus à imaginer Takahashi (le musicien que rencontre Mari, dans Le Passage de la Nuit de Murakami Haruki) autrement que sous les traits de Jo Odagiri, l'acteur qui interprète le rôle du père de Koichi et Ryunosuke (c'est un Odagiri un peu plus jeune qu'il faut que j'imagine: le Takahashi du Passage a encore l'âge d'aller à la fac, tandis qu'Odagiri... hé bien, il est crédible en père d'un garçon de neuf ans).
Je me demande ce qu'il devient, Takahashi, j'espère qu'il va bien.
J'espère que tous les personnages du Passage de la Nuit vont bien.
J'espère que j'aurai de leurs nouvelles un jour.
Mais ceci nous éloigne du sujet d'aujourd'hui, qui est: les friandises qui ont une saveur indéfinissable. 

Kore-eda prend son temps pour présenter ses personnages, il le fait à la manière d'Ozu, comme Katsuhito Ishii dans The taste of tea. On compare souvent Kore-eda à Ozu; à Truffaut aussi, et il semble qu'il s'en amuse: dans ces plans où, face caméra, les camarades de Ryu et de Koichi exposent et justifient leurs vœux (les "vœux secrets" du titre français), en prenant bien leur temps pour choisir leurs mots et en essayant de ne pas trop regarder l'équipe de tournage, il est tentant de voir un clin d'œil du cinéaste japonais au Truffaut de L'argent de poche.
Je crois que maintenant les personnages de I Wish vont bien, et que ça va continuer à aller bien pour eux - s'ils font bien attention en traversant, bien sûr, il ne faudrait pas qu'un train les écrase. Mais je pense, même si je n'en ai pas encore de nouvelles, que, oui, ça ira bien pour eux, que la carrière du papa va décoller, et que la maman reviendra avec lui (et avec Ryu). Je pense que Papa et Maman ne se bombarderont plus avec de la nourriture que pour rire, en souvenir du bon vieux temps.
Ah, oui, le bon vieux temps, parfois une saveur peu répandue le fait ressurgir - les saveurs difficiles à définir sont de bonnes candidates pour cette mission: voilà le rapport avec les friandises et les saveurs indéfinissables. C'est pour ça qu'on va en parler.

Pour accompagner le visionnage de I Wish avec vos amis, vous allez donc faire du karukan. Vous vous y prendrez à l'avance: il faut du temps pour que ça repose.
Le karukan, c'est une confiserie faite de yama-imo, de semoule de riz et de sucre. C'est une spécialité de la région de Kagoshima. Dans le film, c'est aussi une spécialité du grand-père de Koichi et Ryu.
Depuis que vous en avez noté la recette, le tororo shiru du vendredi soir est devenu chez vous un rite familial (le petit dernier, qui n'a pas sa langue dans sa poche, s'est mis à vous taquiner avec ça: "Lundi c'est ravioli, tororo shiru c'est vendredu").
Il vous reste donc de votre dernier festin de tororo shiru, un morceau de yamato imo (ou yama-imo, ou yam, comme vous voulez) soigneusement enveloppé dans du papier. Ça suffira: vous n'allez pas en faire des tonnes. Comme la dernière fois, vous le râpez (vous avez compris, bien sûr, pourquoi il faut râper, pas mixer ni hacher: une partie du fameux charme indéfinissable de ces mets à base de yam vient de la consistance du yam râpé).
 Il vous faut donc:
- 100 g de yama-imo
- 100 g de jyôshin-ko… ou joshin-ko… vous le verrez écrit des deux façons; c'est une des variétés de farine de riz qu'on utilise au Japon.
- 80 g de sucre
- 30 ml d'eau

Une fois râpé le yama-imo, dans un bol, vous le mélangez avec le sucre. Ajoutez l'eau petit à petit, toujours en mélangeant bien.
Ajoutez le jyôshin-ko et mélangez encore jusqu'à l'obtention d'une pâte lisse.
Disposez un papier sulfurisé dans un nagashikan. Versez-y la préparation. Placez le nagashikan dans un cuiseur à vapeur et faites cuire pendant 25 minutes, à feu vif.
Égouttez, laissez reposer. Découpez quand c'est froid.
Dans le film, le grand-père utilise du matériel de pro: il a un grand cuiseur à vapeur, et il fait reposer son karukan sur une plaque de la taille d'une plaque à pizza. Je doute que vous soyez aussi bien équipé: vous utiliserez le cuiseur à vapeur que vous avez sous la main (pour trouver un équivalent au nagashikan aussi, je vous fais confiance; un petit moule à manqué, ça pourrait faire l'affaire), et quand votre petite plaque de karukan aura reposé, vous la découperez, pas en gros rectangles comme dans le film, mais en petites bouchées.

Vous pouvez décorer, comme ici, 
votre karukan avec des haricots sucrés. Ou pas.

A la première bouchée, le goût surprendra vos invités, à la deuxième, ils auront eu le temps de chercher un mot pour en parler tant que la surprise dure encore, et ils n'auront pas le temps de s'y habituer (au risque de s'en lasser) parce qu'il n'y aura pas de troisième bouchée.
La famille Haruno aussi dans Cha no aji - Le goût du thé, mais oui, je vous en ai parlé au début, vous vous souvenez - on la trouve un peu bizarre au commencement, et puis, à la fin, pas si bizarre que ça.
Vous pourrez alors commencer sérieusement à parler du goût du karukan, parce qu'à partir de là ce ne sera plus d'un goût que vous parlerez, ce sera d'un souvenir.

 Qu'est-ce que je disais? Il n'y a pas que la saveur qui importe. Il y a aussi la consistance. Tenez, l'autre jour on parlait de Ray Bradbury. Lui non plus, vous ne l'avez pas oublié. Vous savez ce qu'il disait (dans une interview donnée en 2009)? When reminded some of his own works are available for Kindle download, he scowls, “That’s no way to read! It’s not the same. There’s got to be texture! Texture is part of love. You don’t look at a woman you love, you touch her.” Then he smiles, ever the incurable romantic. (On lui rappelle que certains de ses ouvrages sont disponibles au format Kindle: il se rembrunit. "Ce n'est pas une façon de lire! Ce n'est pas la même chose. Il y manque la texture - il y manque ce qu'on ressent au toucher! Le toucher, on ne peut pas le séparer de l'amour. On ne regarde pas la femme qu'on aime, on la touche". Et il sourit, l'incurable romantique).

Mais revenons aux friandises et à leurs saveurs. Vous aiderez discrètement vos invités à trouver des mots plaisants pour parler de cette saveur qui aura sans doute dérangé un peu leurs habitudes. Vous saurez que vous avez gagné s'il leur vient à l'esprit des mots comme "suave".
"Suave" n'est pas le mot qu'on emploie le plus fréquemment pour parler de ses expériences gustatives. On ne l'emploie pas spontanément, mais après mûre réflexion. C'est un mot long à venir en bouche. Un mot qui fait plaisir aux grand-pères, et qui impressionne les petits frères. Pour mettre à l'aise vos amis cinéphiles, vous rappellerez en passant que les films d'Ozu aussi sont longs en bouche.

Rire la bouche pleine et frotter son dos contre le dos 
d'une personne qu'on aime bien 
ne fait pas obligatoirement partie du rituel de 
dégustation du karukan, moins rigide que celui 
de la dégustation du cha. 
Mais, comme on dit en France, 
ça ne mange pas de pain.

La saveur incertaine, la texture inhabituelle… ça n'aura peut-être pas convaincu tout le monde. De toutes façons, ce n'était pas pour rassasier vos hôtes que vous avez préparé du karukan - cela n'a jamais été votre votre intention: ce que vous vouliez, c'était éveiller leur curiosité, et, avec de la chance, vous y aurez partiellement réussi. Réussir partiellement ce qu'on entreprend, c'est déjà bien, et éveiller la curiosité de quelqu'un, c'est encore mieux.
Alors vous aurez pris la précaution d'acheter, en plus, en prévision de votre soirée vidéo, un paquet de chips au poulpe, ou de crackers arôme tartare de cheval. Et si vous n'en avez pas trouvé, vous avez pris des tacos au paprika. Peu importe, c'était une bonne idée, c'est bien que vous y ayez pensé: chips, crackers, tacos, tout ce qui craque sous la dent et se brise en mille miettes, ça plaît à tout le monde, la preuve c'est que le moment où on fouille au fond du paquet pour attraper les derniers arrive toujours plus tôt qu'on ne pense.
Alors en attendant que la soirée se termine, tandis que tout le monde parle d'Ozu, de Truffaut, d'Ishii, de Paprika, faites passer, encore et encore, jusqu'à ce que le paquet ait l'air vide, et même après: c'est quand il aura l'air vide - tenez, vous voyez, il est arrivé, ce moment, plus tôt que vous ne pensiez - qu'il sera temps de regarder au fond, d'un seul œil, par le trou: un paquet passé de main en main, il y reste toujours des miettes au fond.

 Plus souvent il aura changé de mains, plus il y aura de miettes.

 Et les miettes, c'est le meilleur.


I Wish (titre international; au Japon: Kiseki, en France: Nos vœux secrets) est un film de Kore-Eda Hirokazu (2011) Il n'est pas encore disponible en vidéo. Oui, quand je vous annonce que vous allez le voir lors d'une soirée vidéo, c'est de la prospective. Ou de la futurologie, enfin ce genre de truc. Si vous ne l'avez pas vu quand il est sorti en salles, vous n'avez sans doute rien compris à mes histoires de bataille avec de la nourriture, de grand-père, de spécialités de Kagoshima et de crackers goût tartare de cheval. C'est dommage. 


Et la photo du karukan, comme la recette, elle vient de cuisine-japonaise.com
L'autre photo est tirée du film.


samedi 23 juin 2012

Il tient ma tête entre tes mains


L'intérieur du pavillon Mansart de la Bibliothèque Nationale est parcimonieusement éclairé… pour préserver de l'agression d'une lumière trop vive les précieuses gravures anciennes sorties du cabinet des estampes pour être placées en regard des compositions qu'elles ont inspirées au photographe; mais aussi, sans doute, par souci d'harmonie avec ces matières noires avec lesquelles joue Witkin. 
Les agents de sécurité, athlétiques, mutiques et cravatés, semblent tout droit sortis de Men in Black: je ne serais pas surpris d'apprendre qu'on les a munis de flashouilleurs pour effacer la mémoire des visiteurs que l'expo aurait trop sévèrement traumatisés. Leur présence discrète suffit à convaincre les amateurs d'allégories de chuchoter. 
Pénombre et silence, donc; pas de bande-son. Pourquoi en sortant du pavillon Mansart avais-je des chansons, des tas de vieilles chansons, qui me tournaient en boucle dans la tête? Allez savoir… Pour légendes des photos de ce billet, j'aurais pu choisir:
… en ce temps-là nos fleurs vendaient leur viande aux chiens…

... ou:
 … ils accouchent des scorpions et pleurent des mandragores…

... ou pourquoi pas:
 … je ris à m'en faire crever…

… et finalement j'ai choisi:


Et ta tête tombe
De son socle de rêves


Oui 
ta tête tombe
De son socle
de rêves



Ta tête
Tombe
De son socle




De rêves

Ha ha ha ha ha ha

Ha ha ha   Ha ha
Ha ha ha

Ha ha


Ha




Exposition Joel-Peter Witkin: Enfer ou Ciel? du 27 mars 2012 au 1 juillet 2012 BNF - Richelieu / Galerie Mansart (entrée 5 rue Vivienne).
Le catalogue.


Dessin et photos (Teatro de Morte 1 et 2; Face of a Woman) de Joel-Peter Witkin. 
Paroles de la chanson Le chant du fou de Hubert-Félix Thiéfaine



mardi 19 juin 2012

L'inventeur




[Dans la nouvelle] Les derniers sacrements
[je fais] la navette dans le temps pour aller présenter mes respects 
à trois de mes héros, Poe, Melville et un troisième, 
qui n'est nommé qu'au finale. 
J'étais hors de moi à l'idée que ces géants 
aient péri en se croyant ensevelis 
dans l'indifférence et l'ignorance générale. 
Je me devais d'inventer une Machine à voyager dans le Temps 
pour leur rendre hommage 
sur leur lit de mort. 
… Mais à part ça tout va très bien 
(Quicker than the Eye), 1996.





Cette photographie véritable 
de l'authentique Ray Bradbury 
chevauchant la vraie Machine à Temps 
du vrai film de Georges Pal  
a été empruntée au cabinet de curiosités de 
Thomas Haller Buchanan, The Pictorial Arts.


mardi 5 juin 2012

Retiré de nos horreurs économiques*


Vous n'avez pas prise au sérieux la suggestion que je faisais il y a quelques semaines ("si vous trouvez le montant des chèques représentant vos droits d'auteur trop modeste, gardez-les pour la postérité")? Vous aviez tort. 
Sotheby's a mis aux enchères le 15 mai un chèque (de trois livres, quatorze shillings) endossé par Verlaine. Bon, ce n'était pas des droits d'auteur, mais le solde d'honoraires dûs pour une série de conférences sur la poésie contemporaine que le poète donna à Londres, Oxford et Manchester, à la fin de l’année 1893. Le chèque fut, dit-on, retrouvé glissé entre les pages d'un exemplaire de l'édition originale du recueil Epigrammes, avec lequel il était vendu. Il en a coûté quatre mille euros, frais compris, à l'acquéreur. 
La synchronicité n'est-elle pas curieuse?
Et la comparaison entre les chiffres atteints lors des ventes - celles du Chèque Superman et du Numéro 1 d'Action Comics, d'une part, et d'autre part celle d'Epigrammes avec son marque-page - a-t-elle un sens? D'un côté de l'Atlantique, nous avons un exemplaire "mint" d'un tirage dont ne subsiste qu'une centaine d'exemplaires et un chèque qui fut au centre d'une bataille juridique "historique"; pour le tout, deux millions six cent mille dollars plus cent soixante mille: deux millions sept cent soixante mille, soit deux millions soixante dix mille euros (à la louche).
De l'autre, une édition originale (d'un tirage de deux cents) agrémentée d'un envoi autographe, et un chèque (endossé)… voyons, comment le décrire de la façon la plus flatteuse? "émouvant témoignage sur les conditions de vie d'un génie expatrié", ça irait? Oui, ça le fait. Le tout en lot, pour quatre mille euros, soit $ 5000 (estimation faite avec toujours la même écumoire). Variable non prise en compte: le lot Verlaine n'est pas supposé avoir (comme le numéro d'Action Comics) fait partie de la collection d'une star d'Hollywood, ni en avoir été soustrait dans des circonstances feuilletonnesques. 
Dans tous les cas, l'avantage reste aux littératures dessinées: quinze jours plus tard, le nouveau record (un million deux cent mille euros) battu par un dessin original d'Hergé dans la vente Artcurial venait le confirmer. 
Un petit croquis vaut donc, c'est officiel, plus qu'un long discours (et même qu'un bref discours, comme en témoigne le résultat de la vente du manuscrit original du discours d'investiture du président Mitterrand, qui figurait au catalogue de la même vente que les souvenirs de Verlaine).



Recherche de character design, par Rimbaud


Alors soyez vigilants: si un jour, dans un grenier, au fond d'une vieille malle, vous découvrez une BD dessinée par Rimbaud sur scénario de Verlaine, les enchères devraient s'envoler.


*C'est à Arthur Rimbaud que ce billet doit, à la fois, son titre (tiré du poème "Soir Historique", dans Illuminations), et le dessin qui l'illumine; 
nous l'en remercions de tout cœur.
Tous droits réservés pour l'illustration (dessin de Rimbaud, ancienne collection Pierre Belfond).



lundi 28 mai 2012

Joli mois de Mai, ma mie est lointaine


 Le 19 mai 2007, notre cher George Bernard Shaw  nous faisait l'amitié de commenter, en exclusivité pour ce blog, l'actualité politique française du moment.
Cinq ans (déjà!) après sa première intervention sur tororoshiru.com, notre vieil ami a bien voulu nous faire savoir ce que lui avaient inspiré les événements de ce beau mois de mai 2012:

"We learn from experience that 
men never learn anything 
from experience."


Merci, G. B. Revenez quand vous voulez.

dimanche 20 mai 2012

Les Fabuleuses Aventures de Sendak et Spiegelman



Vous rendez visite régulièrement, j'espère, au blog de Neil Gaiman? Si vous avez oublié de le faire ces jours-ci, il vous a peut-être échappé que l'auteur d'Anansi Boys recommandait à ses visiteurs une lecture adaptée à cette période où l'absence d'un certain monstre se fait sentir un max:  une BD écrite et dessinée à quatre mains par Maurice Sendak et Art Spiegelman, et publiée par le New-Yorker en 1993 - à aller voir dans les archives du magazine


Pour voir les planches en haute définition, c'est ici.

Comme le fait remarquer Gaiman, en onze cases ils trouvent la place de dire autant de choses nécessaires que d'autres en un gros volume.


La BD dont il est question ici a été écrite et dessinée 
par Maurice Sendak et Art Spiegelman
les rites de copie ont été célébrés par The New Yorker.

dimanche 13 mai 2012

Where have all the wild things gone?




Nous étions en train de jouer. 
Quand on joue, on ne pense à rien d'autre,
on ne fait pas attention à tout le reste, 
c'est comme ça. 
Quand nous nous sommes retournés, 
Maurice Sendak n'était plus là.


There must be more to life.
Maurice Sendak, 1928 - 2012

Maurice Sendak, détail d'une illustration de Outside Over There (Quand Papa était loin), 1981

dimanche 6 mai 2012

Syzygie



Phersv (l'éminent polymathe, vous n'avez pas oublié?) sur son blog Anniceris, souligne que le jour d'hui, 6 mai 2012, correspond, selon le calendrier positiviste d'Auguste Comte, au 15 César de l'an 224 (jour de Lucius Junius Brutus, le fondateur de la République romaine - à ne pas confondre, Jupiter nous en garde, avec Marcus Junius Brutus).


Il nous rappelle également (signe certain que des forces cosmiques convergent en ce moment vers un but également cosmique) que la pleine lune de la nuit dernière était une Super-Lune, coïncidence entre la Pleine Lune en syzygie (alignement Soleil-Terre-Lune) et le périgée (plus grande proximité de la Terre et de la Lune, à 350000 km au lieu de 400000 km en apogée).


Le terme de Super-Lune n'est pas largement accepté
ou utilisé dans la communauté des astronomes, 
qui lui préfère « périgée-syzygie ».



Mais qu'aucune syzygie ne nous fasse négliger, en ce 17 Palotin de l'an 138, de célébrer 'pataphysiquement comme il se doit la fête de Saint Macrotatoure, caudataire.

Bonne fête à tous les Macrotatoure.



Illustrant ce billet:
Allégorie de la Syzygie, par Frank Frazetta  
(9 février 1928 - 10 mai 2010)