lundi 1 octobre 2018

L'enquête morte


Il y a de cela seulement quelques lustres, il m'arrivait de me dire: "Nous qui aurons la chance de connaître le vingt-et-unième siècle, nous pourrons compter, grâce aux progrès de la science, accélérés par la conquête des étoiles, les laboratoires en orbite, le génie génétique augmenté par l'intelligence artificielle, tout ça, sur une espérance de vie de… voyons… cent cinquante? cent soixante ans?
Au moins.
À quelque chose près".

Récemment, cet optimisme raisonnable a commencé à se fissurer.



Et on dirait que ne suis pas le seul concerné. Après Harlan Ellison (il faudra qu'on en reparle), voilà Pétillon qui baisse les bras et renonce au ticket pour le vingt-deuxième siècle.
Pétillon avait sa méthode: contrairement à d'autres, plutôt que frapper comme un sourd, il préférait viser juste; je n'arrive pas à trouver d'exemple d'un dessin de lui où il aurait tapé à côté de sa cible.



Peut-être s'est-il dit que dans le brillant futur qui nous attend, on aurait de moins en moins besoin de gens pour enfoncer les clous, les clous ayant désormais tendance à s'enfoncer eux-mêmes. Je ne lui donne pas raison, pour une fois: droit devant nous, presque sous nos roues, il y a justement de gros clous qui dépassent, et continuer sans Pétillon - même en évitant aussi longtemps qu'on pourra la crevaison - ce ne sera pas aussi gai.

Dessins de Pétillon, évidemment.
  

1 commentaire:

dasola a dit…

Bonjour Tororo, merci pour cet hommage à Petillon. Mon ami, lecteur assidu du Canard enchaîné, avait fait la remarque que Petillon ne dessinait plus pour le Canard depuis presque un an, il a compris pourquoi. On a relu tous les deux l'Enquête corse avec grand plaisir. http://dasola.canalblog.com/archives/2018/10/07/36757660.html Bonne fin d'après-midi.