mardi 1 avril 2025

Tout est sous contrôle

 

 Ne changez pas les réglages de votre écran: tout est normal.

Il ne se passe absolument rien d'anormal.

 

POISSON D'AVRIL!

 

 

samedi 22 mars 2025

Retour des marguerites

 C'est le printemps!
Ou, comme disent joliment les Chats, les fleurs sont de retour.
Vous le saviez?
Bon, je ne vous apprends rien alors.
Désolé, je cherche partout de bonnes nouvelles à vous annoncer et en ce moment elles sont un peu perdues parmi la foule des mauvaises.
J'en ai trouvé une pas forcément mauvaise, peut-être même bonne, il faudra voir: le roman de Boulgakov, Le Maître et Marguerite, a été adapté à l'écran; pour quel(s) écran(s)? Il n'est pas encore distribué chez nous, et avec les adaptations de livres réputés inadaptables, on ne sait jamais à quoi s'attendre, on a parfois de bonnes surprises. Par exemple, il y a quelques années, la BBC avait adapté les Carnets d'un jeune médecin, aussi de Boulgakov, en une série télé pas mauvaise du tout, et le réalisateur de ce nouveau film, Michael Lockshin, semble s'être donné du mal; voilà ce qu'il en dit:

 S'il n'y avait pas eu la guerre, je pense que j'aurais eu l'occasion de sortir le film dans mon montage. Il aurait été légèrement plus long - peut-être 12 ou 15 minutes. Bien que j'aie réussi à empêcher qu'on fasse certaines coupes, les producteurs ont insisté pour que le film dure deux heures et trente minutes. Ils avaient ce chiffre en tête. [...] Nous avons probablement obtenu 90 à 95 % du film que nous souhaitions. Mais je reconnais qu'avec ces 5 à 10 % restant, le film aurait pu être meilleur. C'est un miracle que le film soit sorti. Et le deuxième miracle est que les éléments politiques n'ont pas été coupés, la clef du drame du personnage principal a été préservée. 

Alors, attendons-nous à l'inattendu (ça commence à devenir une habitude).

samedi 15 mars 2025

Rien que pour Meyzieu

 Je manquerais à mes devoirs si je ne vous signalais pas Les Oniriques, les 22 et 23 Mars à Meyzieu (à côté de Lyon).
Rendez vous compte: parmi une flopée d'invités prestigieux (je ne peux pas les citer tous mais ils gagnent tous à être connus) il y aura Fabien Vehlmann (qu'on ne présente plus) et... Patrick K. Dewdney! Oui, le grand Patrick Dewdney, l'auteur du Cycle de Syffe (dont il faudra absolument que je vous parle un jour... tiens, il me semble que j'ai déjà employé cette formule à propos de plusieurs livres...). 

MEDIATHEQUE MUNICIPALE DE MEYZIEU,
27 Rue Louis Saulnier  69883 Meyzieu
Tél. : 04 37 44 30 70 

vendredi 14 mars 2025

Vies privées

C'est vrai, je n'ai pas - à cause d'un emploi du temps chargé - dit au revoir à Février comme il l'aurait fallu. J'aurais dû m'inspirer de l'exemple de  Geneviève Page,   qui savait, elle, télégraphier en morse d'inoubliables  "Auf Wiedersehen". 

Geneviève Page
1927-2025

 

samedi 8 mars 2025

The Curious Appendage

 Juste un petit appendice au billet précédent: vous avez peut-être manqué l'hommage rendu à Edward Gorey par Custom House Leith, à Edimbourg; on ne peut pas être partout à la fois. Le Mois Edward Gorey a laissé la place au mois consacré à Mars, dieu de la guerre (qu'est-ce qui pourrait tourner mal?) mais si vous trouvez le temps de faire un tour par le Texas (auquel cas, assurez-vous auparavant d'être bien immunisé contre la rougeole!) la Texas A&M University à Houston (TX) a tiré de son grand chapeau une exposition Edward Gorey (Ubiquitous Edward Gorey: the Centenary Celebration) qui, elle, dure jusqu'en Septembre!

 

lundi 24 février 2025

C'est quel jour, Ogreweed Day?


 Blimey! Comment ai-je pu oublier que nous sommes en plein Mois Edward Gorey, et que le 21 c'était son centième anniversaire!
Imaginez ma confusion quand j'ai lu sur le blog de Chris Kearin:

As it happens, I can pinpoint my first encounter with Gorey's work quite exactly.

Oh, mais moi aussi: je m'en souviens comme si c'était hier, un beau jour (ou peut-être une nuit) un ami a voulu me faire partager son enthousiasme pour un disque (vinyl bien sûr: c'était en 1977!) qu'il venait d'acquérir. En grosses lettres blanches, sur la pochette noire: Michael Mantler.

 En un peu plus petit, d'autres noms: Robert Wyatt, Terje Rypdal, Carla Bley, Steve Swallow, Jack DeJohnette. Et ce qui était, apparemment, le titre de l'album: THE HAPLESS CHILD (and other inscrutable stories). Au revers de la pochette, des silhouettes dessinées à la plume et des banderoles effilochées qui suggéraient le contenu; 

 on en découvrait davantage quand on dépliait la pochette (comme si on ouvrait un livre sans pages, mais avec des images): des historiettes intitulées The Sinking Spell, The Object Lesson, The Insect God, The Doubtful Guest, The Remembered Visit, et, last but not least: The Hapless Child; toutes attribuées à un certain Edward Gorey
Toutes les personnes mentionnées m'étaient alors parfaitement inconnues. Que la stupeur ne vous fasse pas tomber en syncope; dans la suite des temps, leurs noms me sont peu à peu devenus aussi familiers qu'à vous, sagaces lecteurs (comprenez bien que j'étais alors jeune et mal dégrossi).
Les années passèrent, et je me suis procuré, un à un, tous les ouvrages d'Edward Gorey sur lesquels j'ai pu mettre la main (merci, Monsieur Jacques Noël, vous m'y avez bien aidé). Le disque? Après l'avoir rendu, à regret, à son possesseur, je l'ai acheté à mon tour, d'abord en vinyl, plus tard en CD; et aujourd'hui encore, si parfois vos errances nocturnes vous amenaient sous une certaine fenêtre où brille une lueur vacillante, vous pourriez entendre la voix rauque de Robert Wyatt déchirer les ténèbres:

...
 and  thus  it  was
that Millicent Frastley
 was
sacrificed to the
 Insect God!


 ©  Edward Gorey,  Michael Mantler, et al.


vendredi 21 février 2025

Admirations accordées à tort et à travers

 
Quel est donc ce mystère impénétrable et sombre?
Rimbaud, Hypotyposes saturniennes
 
 
 
J'étais, guettant, comme un loup.
A l'école, notre professeur de brègne avait acquis un certain prestige parmi les élèves.
C'était l'âge où nous accordions notre admiration à tort et à travers, comme des coups de dents au creux d'un troupeau. Nous avions besoin de nous raccrocher à quelque chose: l'univers s'était écroulé autour de nous; dans les autres quartiers, les gamins nous écartaient avec des bâtons et se moquaient en criant de nos malformations.
Pour moi, c'était différent. J'observais.
Lorsque le professeur de brègne rentrait dans la salle, il y avait soudain un silence lourd. La poussière dans la vitrine des empaillés frémissait; sur le qui-vive, les buses et les ratons dressaient l'oreille. Il faisait moite et velouté à l'intérieur de nos mains, quand nous en avions.
La pénombre tambourinait le long de nos artères.
"Tirez les rideaux, il fait bien trop clair ici", disait le professeur de brègne.
La classe que déjà la noirceur aveuglait, la classe écartelée et pantelante devenait encore plus étouffante. Lorsque les persiennes terminaient leur course contre l'appui des fenêtres, il y avait une sorte de soupir effaré qui s'allumait de pupitre en pupitre: eh bien - pensions-nous - ça recommence: qu'est-ce qu'il va faire aujourd'hui?
Le professeur de brègne ouvrait alors  une caisse cerclée de cuivre.
Tout était réglé dès le début de l'année selon une chorégraphie impeccable.
Un élève montait sur l'estrade et éclairait la scène à l'aide d'un chandelier à deux bougies.
La caisse était obscure et profonde comme un four.
C'était impressionnant et fantomatique.
Nous ne respirions plus.
"Regardez bien, sales petites bêtes", disait le professeur de brègne.
Et il nous montrait des mystères.


Biographie comparée de Jorian Murgrave
Denoël, Présence du Futur n° 397, 1985

mercredi 19 février 2025

On n'est pas sortis de l'eau beige

 Exercice d'hypothésologie: dans les jours/semaines qui viennent un président sera de nouveau la cible d'un attentat, cette fois mieux préparé que les précédents. Des hypothèses contradictoires seront formulées (plus précisément: vociférées). Des précédents historiques seront évoqués. S'ensuivra un enchaînement d'événements chaotiques.

 

mardi 18 février 2025

Choses pas vues (5): pile à lire

 Choses que j'ai vues en rêve, mais jamais vues auparavant - ni revues par après - dans la vie de tous les jours:
  Le titre d'un livre: La fin de l'additivité (je ne l'ai pas lu ni même feuilleté, je me demande encore ce que c'est que l'additivité?).
  Le titre d'un autre livre: Vous êtes des rois curieux (je n'ai pas eu l'occasion de noter le nom de l'auteur).
  Et voilà que j'apprends que Cedric Ferrand avait écrit, il y a déjà bien des années, un roman pour enfants: L'autre côté de la nuit. Dommage qu'il soit épuisé (ne le cherchez pas: il n'est pas moins épuisé de ce côté-ci du rêve).
  Il m'arrive aussi en rêve de feuilleter des magazines: dans une revue aux pages jaunies, à la typographie typique de la presse d'avant-guerre (pas cette guerre-là, l'autre, non, une autre encore avant) je vois un petit pavé de réclame pour un article quelque peu mystérieux: Le Pistolet Possible - titre en grosses lettres Art Déco, texte explicatif imprimé trop petit pour que je puisse le lire. Je suis perplexe: s'agit-il d'une nouveauté du genre que, dans les revues pour gamins, on était invité à payer en envoyant des timbres: les Lunettes à Rayons X ou le Stylo à Encre Sympathique (si un stylo peut être Sympathique, pourquoi un pistolet ne serait-il pas Possible?)... à moins que ce ne soit le titre d'un roman de Mystère... de Merveilleux Scientifique, peut-être? Des détectives à la poursuite d'une invention aux propriétés étonnantes?
  Mais, cette fois comme les autres, je n'ai pas le temps de pousser plus avant mes investigations: la bibliothèque des rêves ferme de bonne heure.

 

 Ajouté le 25/02/25:
Encore une synchronicité, cette fois avec Nikolavitch (lui, il a pu se procurer les lunettes pour voir l'invisible en relief, le veinard!).

dimanche 16 février 2025

Pour en finir avec H...

 Allons donc, qu'est-ce que j'ai failli écrire? Je dois être très fatigué. "Pour en finir provisoirement avec l'actualité récente concernant Harlan Ellison", voilà le titre que j'aurais dû donner à ce billet (si je n'avais pas été si fatigué).
Le numéro 117 de Bifrost est consacré à Harlan Ellison, voilà ce qu'il y a de récent dans l'actualité. Un épais dossier comprenant une longue biographie par Laurent Queyssi, une bibliographie aussi complète que possible (ça n'a pas dû être facile: il semé des articles, des préfaces, des critiques et des micro-nouvelles un peu partout!) et un "guide de lecture en terres ellisoniennes". Ce qu'il vous faut pour combler les trous qu'il pourrait éventuellement y avoir dans votre culture ellisonienne - ou harlanique, si vous préférez. Et si votre culture n'a pas de trou, allez directement à la nouvelle, jusqu'ici introuvable en français.