dimanche 20 juillet 2014

Les Grands Webcomics Du XXIème Siècle (4): . . . les petits riens


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Shieldaig.
J’ai dessiné pendant une heure ce bout de décor et maintenant j’y circule…
Je vois tous les éléments que j’ai dessinés, en plus grands… 
les maisons, les arbres, la route…

J’ai l’impression d’être dans mon dessin… 


C’est intéressant, ce que griffonne Lewis Trondheim dans les bulles qui agrémentent les aquarelles dont jour a près jour, il remplit son carnet de croquis virtuel, mis en ligne sous le titre: Les Petits Riens.
Le contenu est largement tributaire de son  humeur: parfois, il se contente de ronchonner, comme tout le monde, à propos de petits tracas quotidiens; parfois, ça devient tout autre chose, allez-y voir, je vous laisse juge.

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Elgin cathedral.
Al Alexander, mort en 1900 à 80 ans, 
et sa femme Jessie morte en 1906 à 83 ans, 
et leurs enfants…

… John, mort en 1852 à 7 mois…

Janet, morte en 1854 à 1 an…

Francis James, mort en 1859 à 1 an et 2 mois…

Francis William, mort en 1864 à 6 mois…

Mary, morte en 1870 à 22 ans… 

Alistair, mort en 1898 âgé de 36 ans…

Robert, mort en 1922 âgé de 75 ans.


Non… je ne vais pas lire les autres.


Lewis Trondheim, auteur de BD au sujet duquel courent bien des légendes urbaines, a adopté, pour son blog à dessins, un parti intéressant: un astucieux petit script, chaque fois qu’une nouvelle page est ajoutée, estompe les couleurs des pages plus anciennes: un peu comme si, oubliées sur l’appui d’une fenêtre, exposées au grand soleil, ces aquarelles pâlissaient peu à peu tandis que leur papier jaunit… (bon, il n’a pas poussé le souci d’authenticité jusqu’à faire jaunir le « papier » virtuel de son non moins virtuel carnet de croquis, mais vous avez saisi l’idée…).
Ce parti-pris, euh… je crois qu’il nous manque un mot, là… «webcomique», ça ne le fait pas, c’est sûr…   webéditorial? webdesignesque? C’est moche. «Parti-pris de conception de page web», ça n’aurait sa place que dans un rapport commandé par le ministère… on va dire ce parti-pris tout court… ou ce choix graphique, voilà, me paraît, pour plus d’une raison, digne d’éloges: d’abord, c’est beau, et, quelque part, poétique: ça réconcilie «éphéméride» avec «éphémère».
Ce n'est pas la seule explication, ça s’inscrit dans le projet d’instaurer une distance entre le blogueur et ses lecteurs (Trondheim a, en outre, adopté une mise en page qui décourage la copie, et il n’accueille pas de commentaires; ça peut se comprendre, le dialogue entre l’auteur d’un blog et ses visiteurs, ça peut être aussi bien la meilleure que la pire des choses) accessoirement, ça résout assez élégamment la question de la concurrence que peut faire la publication en ligne à la publication papier (car, vous n’en serez pas surpris, les petits riens sont périodiquement rassemblés en albums: déjà six volumes disponibles, chez Delcourt).

En ce mois de juillet 2014, Lewis arpente l’Écosse, avec une bonne provision de papier. Les paysages l’inspirent: profitez-en maintenant, tant que c’est frais, dans quelques mois*, le temps aura fait son œuvre et les jolies couleurs seront toutes fanées…


Je l’ai mentionné, Lewis Trondheim ne souhaite pas qu’on republie ses dessins n'importe où et n'importe comment sur le web, aussi, pour illustrer ce billet, voici une photo exclusive de l’auteur des Petits Riens pendant ces fameuses vacances écossaises.


Mais oui, c’est lui, il a cette tête-là Lewis Trondheim, allez vérifier sur son site si vous ne me croyez
pas.


*Comme, avec raison, me le fait remarquer Imaginos en commentaire, au rythme actuel des mises à jour des Petits Riens,  j’aurais mieux fait d’écrire «dans quelques semaines», voire «dans quelques jours»…   mais ce rythme infernal n’est pas destiné à se maintenir indéfiniment: les vacances, ça ne dure pas toujours. 


Photo: R. B.

mardi 15 juillet 2014

Tally ho, Rin-tin-tin!



Quatorze juillet.
En attendant sur la terrasse l’heure du feu d’artifice, je m’endors. 
Sans doute la pyrotechnie municipale passe-t-elle pour douce musique à mes oreilles, car je ne m'éveille qu'à deux heures du matin.
Vous vous attendez peut-être à apprendre que, pendant ce somme, m’auront bercé de crépitantes histoires de batailles - voire de rois et d’éléphants, pourquoi pas? Ce serait perdre de vue combien les sentiers du rêve aiment à bifurquer. Ce dont je me souviens à mon réveil, c’est d’une vive satisfaction d’amour-propre: j’ai tenu captif un auditoire onirique, et je l’ai convaincu, par une argumentation serrée, de ce fait peu connu: que le feuilleton Rin-tin-tin était basé sur un roman d’aventure du siècle avant-dernier, dont l’action se situait en Angleterre sous Cromwell (de l’œuvre originale, les feuilletonnistes américains n’avaient conservé que l’idée de l’orphelin et du chiot adoptés comme mascotte bicéphale par un régiment de cavalerie, mais avaient estimé que les noms de Côtes-de fer et de Cavaliers n’évoqueraient pas grand’ chose pour le public qu’ils visaient, et avaient donc transposé l’intrigue, des Northern Borders à la West Frontier, et rhabillé de bleu les soldats de la guerre civile anglaise).
Je connaissais les dates, les noms, les références bibliographiques et dans le rêve j’étais capable de les produire à mes interlocuteurs étonnés. A présent que je suis éveillé, je crains bien de ne plus pouvoir en faire autant. La science des rêves!


mardi 8 juillet 2014

La plume à bec


Pour dessiner vraiment bien, il faut tirer un peu la langue comme les enfants, sucer son porte-plume n'est pas contre-indiqué.
(Fata Morgana, 1992)

Et vous vous demandez pourquoi?

Pourquoi pincer ainsi la pointe de notre langue entre nos lèvres lorsque nous nous appliquons à une tâche qui demande du soin ? me demandais-je en regardant Agathe colorier la tour de son château. C’est pourtant simple : il s’agit de faire taire le bavard, de l’empêcher de nous distraire avec ses perpétuels commentaires et oiseuses considérations, de lui clouer le bec.
(2013)


vendredi 4 juillet 2014

Est-ce ici?



- Est-ce ici, m’étais-je dit à plusieurs moments, que là-bas commence? Ici, dans cette maison 
dont les volets sont fermés?

Yves Bonnefoy, Rue Traversière
Mercure de France, 1977


Oui, je sais j’ai déjà cité le texte de Bonnefoy 
qui faisait allusion à ce "là-bas"-là. 
Mais, depuis j’ai fait cette photo 
qui m’a semblé pouvoir l’illustrer avec pas mal d’à-propos, 
et j'ai eu envie de la poster.

Photo: R. B.


mardi 1 juillet 2014

La petite maison sur le tapis


Lila aimait jouer. Elle aimait jouer à tous ces jeux que tout le monde connaît et dont le succès ne s'est jamais démenti, le jeu de la ficelle, le jeu du bouchon, le personne-ne-peut-m’arrêter; les jeux auxquels on peut jouer tout seul, comme le le-bout-de-ma-queue-est-un-papillon, ou le mon-ombre-veut-m’attraper! ou encore le on-dirait-que-ce-serait-moi-la-balle, mais elle préférait les jeux à deux: le jeu de Je-vais-te-manger-tout-cru-en-commençant-par-le-bout-des-doigts, le cherche-moi-des-poux, la balle-à-huit-pattes, le on-fait-semblant-qu’on-est-des-chenilles. Mais peut-être plus encore que ces grands classiques du répertoire ludique, elle aimait les jeux qu’elle avait inventés elle-même, et dont elle m’avait patiemment appris les règles. 
Par exemple, ce jeu qui était rien qu’à nous deux: La Petite Maison de Lila. 
C’était un jeu de rôle, qui réclamait de moi que je m’investisse à fond dans le mien. Les jeux les mieux, ce sont ceux où on fait semblant que quelque chose qui n’est pas vrai, est vrai. Je devais me mettre à quatre pattes, sur les coudes et les genoux, prendre un air, autant que possible, minéral, et croiser les bras et les jambes. 
Je devenais alors une petite maison, une maison avec deux portes et deux fenêtres. 
Il y avait une porte dans l’espace entre mon bras droit et ma jambe droite, une autre entre mon bras gauche et ma jambe gauche; il y avait la fenêtre carrée délimitée par ma poitrine horizontale, mes bras verticaux et mes avant-bras croisés, et la fenêtre triangulaire entre mes cuisses divergentes et mes mollets juxtaposés. 
Sitôt que j’avais posé le toit, Lila se faufilait chez elle par une des portes, et prenait possession des lieux en s’accoudant sur l’appui d’une des fenêtres. Le monde est différent, selon qu’on le regarde du bord du chemin ou depuis la fenêtre de chez soi (c'est pour ça qu'une maison qui n'aurait pas de fenêtre, ce ne serait pas vraiment une maison). Comme tous les chats, Lila passait beaucoup de temps à réfléchir à cette différence: c'est un inépuisable sujet de spéculations pour les chats, depuis l'invention de la boite en carton. 
Mais, je le jure (je sais qu'en disant cela je peux sembler présomptueux ou chimérique), Lila me préférait à n'importe laquelle des boites en carton, même les plus confortables, même celles qui sont adéquatement percées de trous. Si bien qu'elle fût emboîtée, ou perchée, ou cachée, elle ne se lassait jamais, chaque fois que je l'y invitais, de venir jouer à emménager dans moi, sa petite maison. 

Et moi, me demanderez-vous? Ne m'arrivait-il jamais d'en avoir assez? Au bout de combien de temps? Longtemps. Être une maison, ça me convenait tout à fait, je me disais que j’étais fait pour être ça (en eussé-je douté, que Lila me l’aurait confirmé, aussi souvent que nécessaire, en donnant de petits coups de tête approbateurs dans mon menton): une maison avec presque pas de murs, comme dans la chanson de Brel, et même si c’est pas sûr, c’est quand même peut-être, c’est comme ça qu’il dit dans la chanson.
Non, ça ne me pesait pas, même de prendre un air minéral, demandez aux sphynx qui font ça tout le temps et qui n’en sont pas moins des créatures de l’air, ce n’était pas lourd, c’était léger au contraire. Si vous posez la question, ce ne peut être que parce que vous n’avez pas connu le privilège d'être la petite maison de Lila.
Avec de grandes fenêtres, et puis presque pas de murs,  et même si c’est pas vrai, c’est quand même peut-être. Les jeux les mieux, ce sont ceux où on fait semblant que quelque chose qui n’est pas vrai, 
est vrai.
Voilà, aussi longtemps que Lila a vécu près de moi, je me suis senti comme un vers d’une chanson de Brel. Aussi léger.
Comme une maison, mais avec presque pas de murs.
Avec de grandes fenêtres.

Parce que n’est pas le mur qui fait la maison, c’est la fenêtre.


samedi 28 juin 2014

En ligne - en première ligne



Lorsque ce livre est paru il y a un quart de siècle, j’avais commencé à le lire avec un certain scepticisme; ce n’est qu’au bout de quelques chapitres que j’avais réalisé que - bien que la forme choisie semblât inviter à une lecture par petites doses - je ne le lâcherais pas avant de l’avoir terminé. 
Jean Guerreschi, auteur de Montée en première ligne, roman qui revient en une série de flashes parfois crûment factuels, parfois hallucinatoires, sur les premières semaines de l’été 1914, a appris récemment que son roman n’était plus disponible chez son éditeur et que celui-ci (signe des temps?) n’envisageait pas de le réimprimer - non plus que sa suite, Comme dans un berceau, consacrée, elle, au mois d’août de cette même année. Il a donc choisi d’en mettre en ligne gratuitement le début, sur son site personnel. Si vous êtes encore indécis quant à ce qu’en ce début d’été vous pourriez bien glisser dans votre liseuse, vous pouvez télécharger ces premiers chapitres en PDF: à mon humble avis, vous ne le regretterez pas.
Son éditeur appelait ce livre, à l’époque de sa parution, une «épopée délirante sur les derniers jours de paix de l’Europe de 14»: il aurait pu aussi bien parler de tragédie, de comédie, de farce, d’élégie ou de rite d'exécration, mais c’est au fond une description pas plus mauvaise qu’une autre de cette œuvre fiévreuse.
Dans les parutions nouvelles de 2014, on rencontre peu de délires sur les derniers jours de la paix, encore moins d’ «épopées délirantes» sur l’Europe d’il y a cent ans. L’absence de délire, l’absence de fièvre ne doivent pas nécessairement être vus comme des symptômes rassurants. Dans certaines maladies, ça peut vouloir dire que le malade est mort.

vendredi 27 juin 2014

Les Grands Webcomics Du XXIe Siècle (3): SMBC


L’ordre dans lequel sont évoqués sur ce blog les Grands Webcomics Du XXIe Siècle n’est en aucune façon hiérarchique, j’espère que vous l’avez compris: ce n’est pas un classement! C’est l’actualité liée aux auteurs de ces comics qui dicte  leur date d’apparition.

Et s’il est grand temps, à présent, que je vous parle de Saturday Morning Breakfast Cereal, c’est qu’une autre initiative de son auteur, Zach Weiner, mérite de retenir toute votre attention, et de toute urgence encore: plus que quelques jours pour participer à la souscription qu’il a ouverte sur kickstarter pour l’impression  de l’histoire qu’il a écrite (un conte qui s’adresse plutôt aux enfants, mais pas seulement), et qui sera illustrée de très jolis dessins!


Qu’est-ce que vous avez dit, vous? oui, vous, là, au fond? Ayez le courage de vos opinions, que diable! Ne faites pas semblant de n’avoir rien dit, je vous ai entendu: « … Mais Zach Weiner dessine comme un cochon », c’est ça que vous avez dit?

Bon, ce n’est pas entièrement faux: Zach Weiner dessine un petit peu comme un cochon, et un cochon qui de surcroît aurait des problèmes de perception des couleurs. Mais seulement un petit peu. Et puis cette comparaison n'est pas très pertinente, ce n'est que dans les comics qu'on rencontre des cochons qui dessinent, dans la vraie vie ça n'existe pas. Et le fait que les couleurs dont il tartine ses dessins font un peu mal aux yeux ne prouve pas qu'il a des problèmes oculaires,
ça veut peut-être seulement dire qu'il a des goûts,  et des préférences, et, en un mot, une Weltanschauung qui le mettent un peu à part du reste de l'humanité (cette hypothèse n'est pas contredite par la lecture de SMBC).


Pour vous convaincre que SMBC est un grand webcomic, c’est simple: il vous suffit de le lire et vous pourrez réviser certaines de vos idées reçues. La spécialité de Zach, c’est ça: les idées reçues, les attraper, les tordre en forme d’anneau de Moebius, ou en faire des cocottes.


Ce qui lui permet de transformer n’importe quoi,  même les postulats les plus respectables de la physique quantique, en blagues cochonnes (cochonnes, dans un sens métaphorique: à la différence de Pearls before Swine, le webcomic de Stephan Pastis dont nous parlions l'autre jour, dans SMBC il n'y a pas de cochon dans la liste des personnages récurrents, liste pourtant éclectique qui compte des extraterrestres verts, Dieu, Batman et Superman. Et des robots. Et, évidemment, des zombies). Et un dessin maladroit, raide et totalement dépourvu de sophistication est le véhicule qui convient le mieux à la méthode choisie par Weiner pour revisiter lesdites  idées reçues (un papier un  peu raide se prête mieux aux pliages en forme de cocottes).



Quant à l’album dont je vous parlais à l’instant, Augie and the Green Knight, que  nous en dit Zach Weiner?
« J’aime les récits d’aventure à l’ancienne. J’aime Robert Louis Stevenson, H. Rider Haggard, Jules Verne, H. G. Wells, Lewis Carroll, Rudyard Kipling, et tout plein d’autres […] … on commence à trouver des livres avec, dedans, des petites filles futées, mais ça manque encore un peu de livres avec (dedans) des petites filles à la fois futées ET douées d’un esprit scientifique ET disposées à prendre des risques. C’est ce que j’ai essayé de faire avec Augie and the Green Knight ».
A mon avis c’est exactement le genre de bouquin qu’aurait apprécié Suzy (Suzy Bishop - la Suzy de Moonrise Kingdom).
J’oubliais un tout petit détail: l’illustrateur qui enluminera Augie and the Green Knight, le livre écrit par Weiner, c’est Boulet.
Boulet, le vrai, d’ailleurs il n’y en a qu’un.
Si cette information ne vous convainc pas que Zach Weiner 
est homme de goût autant qu’homme d’esprit,
je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Zach Weinersmith est l'auteur des illustrations réalisées par Zach Weiner.
À part ça, il va bien.

mardi 17 juin 2014

Enfant, je croyais que c’était cela


Boouuuaouhh!
En entrant dans le Sound d’Islay, le ferry signale toujours son approche par un coup de sirène. Enfant, je croyais que c’était cela, le Sound: une longue plainte qui retentissait chaque fois que mon père m’amenait à Port Askaig. Puis, à l’école, j’ai fait cette découverte: le même mot signifiait à la fois bruit et détroit. Les mots avaient plusieurs masques: c’était déroutant, un peu comme de se faire mordre par le chien de la maison. Aujourd’hui encore, chaque boouuuaouhh de la sirène réveille en moi une petite fille craintive; et je frémis à la vision d’un monstre tapi dans les eaux noires du bras de mer séparant Islay de Jura, qui meugle sa douleur quand la coque du ferry vient lui labourer le dos.

Les maîtres de Glenmarkie
Gallimard, 2008



Photo: Matthias Heiderich

mardi 10 juin 2014

It’s almost “Bill” backwards



Une rumeur a couru récemment sur le net: le cartoonist Stephan Pastis, auteur du webcomic Pearls Before Swines, aurait récemment reçu dans son atelier la visite d’un inconnu qui aurait, en quelques coups de marker vigoureux et précis, fait apparaître dans les cases du comic un nouveau personnage: Libby (Lib, pour les intimes) une petite fille fort précoce qui, maniant le sarcasme avec une dextérité  stupéfiante pour son âge, aurait en quelques répliques quasiment réduit à quia l’habituel cast of characters du strip, auquel, pourtant, le sarcasme n’était nullement étranger.

Libby, oh, Libby...

Une voisine, Miss Wormwood, institutrice à la retraite, aurait affirmé qu’elle avait reconnu, dans le mystérieux auteur de cet attentat au marker, un de ses anciens élèves nommé Bill Watterson.
Celui-ci a démenti: ce n’était pas lui, la preuve, le mystérieux étranger au comportement imprévisible, voire erratique, portait (selon tous les témoignages) un masque et une cape, et lui, William Boyd Watterson, homme aux manières douces et policées, n’en porte jamais. 
Selon Mr. Watterson, tous les indices concordent: il ne peut s’agir que de l’insaisissable Stupendous Man.

Ilustration © Stephan Pastis / Universal 

dimanche 1 juin 2014

On aperçoit le bout du chemin


Chères lectrices et chers lecteurs, certains parmi vous, de ceux qui me sont le plus chers (je pense à vous, très chère Algésiras), n’ont cessé de se demander, depuis l’année dernière, quand L’Océan au bout du chemin, la traduction française de The Ocean at the End of the Lane, de Neil Gaiman, pourrait enfin rejoindre leurs étagères… 
J’ai pour eux (pour vous tous) une bonne et une mauvaise nouvelle: la bonne c’est que  selon les meilleures sources (la source étant le traducteur en personne, Patrick Marcel*) ce sont les éditions Au Diable Vauvert qui la publieront en septem... ah, non, la dernière fois que j'avais regardé c'était septembre, mais depuis la page a été mise à jour et maintenant c'est pour octobre que le livre est annoncé
La mauvaise nouvelle c’est donc que cet été encore vous ne pourrez pas le glisser dans votre sac de plage. 
Mais d’un autre côté, s’il sort en octobre, vous aurez juste le temps qu'il faut pour lui préparer une place douillette au pied de l’arbre de Noël, non? 
Alors si on compte bien, ça ne fait pas une bonne et une mauvaise nouvelle, je me suis trompé, ça fait deux bonnes nouvelles. 
L’été commence bien!


Pendant ce temps, dans le métro de Londres...

*Patrick Marcel, ayant pris la suite de Jean Sola depuis le tome 13, est aussi le second traducteur à s'être attaqué au Trône de Fer, le roman-fleuve qui ne se montre pas plus miséricordieux avec ses traducteurs qu'avec ses personnages… ah, coincé entre les fans de Neil Gaiman et ceux de G. R. R. Martin, il ne doit pas avoir la vie facile, ce traducteur-là!


La photo provient du blog de Neil Gaiman.